Archives pour la catégorie Réflexions

Le Jésus que j’aime…(1)

Le Jésus que j’aime n’a pas le visage que ceux qui m’ont conduit dans la foi m’ont donné.
Le Jésus que j’aime n’est pas « le petit Jésus » de nos contines.
Le Jésus que j’aime a dû se révéler à moi au travers de mes travers, de mes échecs, de mes sombres heures, et de mes fausses croyances.

Ce qui m’a sauvé c’est ma rébellion précoce. Cette exigence interne de vérité, de droiture, d’authenticité m’a toujours brûlé de l’intérieur quand j’ai emprunté des voies qui ne me correspondaient pas.

Elle m’a aussi brûlé de l’extérieur sous la forme d’une intolérance à l’injustice qui est pérenne.

Qui d’entre vous n’a jamais vécu cette période de l’adolescence ou le monde entier nous révolte, et surtout les adultes, dans ce que leur apparente détention inefficace – voire carrément égoïste – du pouvoir ne les empêche apparemment pas de se conduire en idiots et/ou en dictateurs. On avait envie de changer le monde, de déplacer des montagnes, pour l’amour et la justice…

Le Jésus que j’aime est sans concessions, mais il est mon frère et m’accepte sans réserve
Le Jésus que j’aime est sans compromis, mais il compose avec moi et est partout sur le dur sentier de ma vie.

Je l’ai vu à l’oeuvre, la plupart du temps à posteriori, oui. C’est forcément une vision subjective. Ceux qui ne me connaissent pas me traiteront de mystique. Certes. Ceux qui me connaissent pourront être étonnés, car ils ne me connaissent pas comme tel. Moi qui balaie brutalement (trop) et sans ambages les témoignages sirupeux et affligeants du Dieu-Sécu qui trouve des places de parking à ses enfants chéris….

Je l’ai vu à l’oeuvre dans ma vie, jusqu’à considérer aujourd’hui comme un immense privilège, immense, les drames psychologiques, relationnels, et émotionnels que j’ai traversé jusqu’à présent. Il m’a obligé à les traverser, parfois plusieurs fois, parce que je me défilais devant l’obstacle comme un cheval rétif..

Vous savez, « la vie vous représente sans arrêt tout ce que vous n’avez pas voulu vivre, jusqu’à que vous l’ayez dominé, dépassé ». C’est un défi de chaque étape.

Le Jésus que j’aime est un être étrange, hors du commun, hors de nos cadres et de nos lignes, hors de nos représentations. Et pourtant tellement familier, tellement proche, tellement compréhensible, et surtout tellement futé et affuté. Tellement compréhensif et psychologue.

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Celui-là, oui!

 

Le Jésus que j’aime a fustigé la classe dominante de l’époque, je ne parle pas de l’envahisseur, (étrange il avait l’air de s’en moquer..) je parle de ce qui imprégnait tous les rapports de l’époque, la religion. Il fustigeait la classe dominante religieuse, les érudit, payés par les dîmes et les offrandes, qui asservissaient le peuple de l’intérieur. Ils asservissaient les sincères, les humbles, les pauvres, ceux qui doutaient en permanence, les blessés de la vie, les chercheurs du Royaume.

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. »
Evangile de Matthieu 23:13

Le Jésus que j’aime s’est tenu près de tous ceux qui pensaient qu’il y avait une autre voie que les tenailles de la tradition religieuse, de celle qui remplace la Parole de Vie, le Verbe Divin.

J’aime ce Jésus-là, car il m’a dit

« Heureux – en marche – ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! » Evangile de Matthieu 5:6

Je veux voir ce Jésus-là.

Olivier, Avril 2015

Devant la mort, un organe : le don

Le don d’organe

Aujourd’hui c’est la journée de réflexion sur le don d’organe.

Alors je réfléchis : il y a un « registre national du refus de don d’organe »

Mais il n’y a pas de registre national de l’acceptation du don d’organe.

Actuellement se déroule un drame personnel et familial dans le cas de Vincent Lambert, qui voit s’affronter deux clans au sein de la famille concernée. Ceux qui veulent arrêter cet entêtement pathétique à le garder en « vie » mécanique (!!!), et ceux qui refusent son débranchement.

Personne ne peut apparemment affirmer de manière crédible avoir reçu la volonté dernière sur ce sujet du principal concerné. Et donc c’est la justice, donc une forme de violence, qui dira la finalité..

Donc je ne crois pas qu’une parole partagée au sein de ma famille suffira à dire aux médecins sans équivoque ma volonté devant la mort et ses conséquences pour mon corps. Car dans ces moments-là, les passions s’enflamment, la douleur surpasse la raison et la folie est reine.

Alors comme rien ne m’assure de la sérénité des décisions en ma présence inconsciente, je publie mes positions sur l’endroit le moins équivoque : mon site personnel.

Je considère que la vie est plus précieuse que tout. Mais la vie se mesure à la capacité de conscience et de participation même ténue au monde qui m’entoure.

La vie doit s’assumer elle-même sauf situation d’urgence temporaire. Je ne suis donc pas en faveur d’un maintien en vie artificielle au-delà quelques jours (pas de mois!). En cas de doute médical, il appartiendra à un Conseil avisé composé de mes proches directs (parents, soeur, compagne, enfants), du médecin en charge de mon cas ET d’un membre du personnel infirmier le plus proche de mon cas, du pasteur/des anciens de mon Eglise de se prononcer sur mon débranchement en cas d’insuffisance vitale. Au jour d’aujourd’hui j’ai déjà vécu une belle vie. J’ai déjà beaucoup reçu et beaucoup donné. Je n’ai pas l’intention de faire dépenser argent, énergie et désespoir à tout le monde qui m’entourera à ce moment-là. Enfin je crois à ma vie au-delà de ma mort, car le Dieu qui m’a créé est plus fort que la mort

J’ai, en plus, un désir, celui de permettre la vie au-delà de ma mort. Il m’est particulièrement agréable de penser que je pourrais encore être utile à la vie dans ma mort. Je me déclare donc pour le don de mes organes.

Je refuse pour moi et mes proches le sentimentalisme mièvre de notre société en déliquescence. Je revendique une dignité jusque dans le coma et la mort, aimante et virile.

Fait à Vergt le 22 juin 2014

Olivier SOMMER

Oui au don d'organe

Tourner les pages – Prose

Tu as ri, tu as grandi, tu as aimé, tu t’es battu, tu as tempêté, et puis tu t’es lassé

Tu as rugit de joie, jouissance et de plaisir, de désespoir, d’espoir  et de colère

Et puis tu as tourné des pages.

D’abord des pages de livres et de BD, du « Petit Ami » ou « des Malheurs de Sophie ».

Plus tard des pages des « Belles histoires  de la bible » des « Héros et Merveilles », de la « Mare au Diable », des « Mémoires d’outre-tombe » ou de « Hannah ».

Tu as tourné les pages d’une Bible, de Rachi ou du Coran.

Et puis tu as tourné les pages de ta vie.

 

On t’a dit « c’est écrit », « tu dois croire », « te mesurer à l’Etalon de la Vie »

Pourtant à l’Ecole on t’apprenait à lire, interpréter et décrypter.

Et puis ailleurs on te disait « c’est écrit! c’est comme cela! ne cherche pas derrière les mots! »

Tu as tourné les pages de ta vie et tu t’es bien aperçu

de la folle farandole des présidents des pasteurs et des dévots.

Tu t’es bien aperçu que la vie était un théâtre,

des babioles de désespoir des êtres de pouvoir, ou tu servais de marque-page.

 

Qui est ce Jésus que l’on persécute, que l’on invoque?

Dont on culbute les idées et les gestes pour le posséder sans équivoque?

Emmanuel est Got Mit Uns, et l’on dit « Amen ».

Qui est ce Jésus dont le Dieu reconnaîtra les siens?

Qui est ce Dieu qui punit et terrifie pour mieux servir à ceux qui l’emploient à une illusion de paix sociale?

 

Tu as ri, tu as grandi, tu as aimé, tu t’es battu, tu as tempêté et puis tu t’es lassé

Tu as crié de joie, de plaisir, de désespoir, d’espoir et de colère.

Et puis tu as recommencé.

Tu t’es mis à tourner les pages à l’envers, comme on lit en Orient.

Tu as tourné les pages des apparences et tu es passé de l’autre côté du miroir.

Tu as tourné la page d’un Dieu terrifiant pour aimer un Dieu terrifié.

Tu as tourné la page d’un Dieu de pouvoir pour adorer un Dieu de Fraîcheur

Tu as tourné les mots et les idées, les principes et les valeurs, tu es passé de l’autre côté du miroir

 

Tu dois tourner les clefs dans les serrures, comme on a tourné la tienne.

Tout retourné, tu tournes la page de l’ombre et tu te réjouis enfin du miroir brisé.

Tu sais aujourd’hui grâce à l’amour des faibles

Que tu es un grand fêlé, comme Jésus qu’on a brisé.

Aime la vie, aime le plaisir, aime les gens, Aime ton Dieu

Aime la tristesse, aime la souffrance, aime la révolte, aime la Joie.

Heureux es-tu car tu as tourné les pages, tu as lu à l’envers, et tu t’es brisé

Heureux es-tu toi qui, grâce à ta fêlure, laisses passer un peu de La Lumière!

 

 

Olivier SOMMER, mars 2014

Protologie et eschatologie : un autre regard

Suite à un article surprenant écrit par le Docteur en théologie Richard Lehmann, paru dans une revue paroissiale de janvier 2014, je souhaite apporter quelques éléments d’un positionnement différent.

J’ai en effet appris que je faisais jusqu’alors partie d’une catégorie regardée semble-t-il avec une certaine tristesse : celle de ceux qui sont en contradiction avec « leur propre foi ».

Quelques unes des idées exprimées méritent donc, je pense, d’être abordées avec un angle différent.

Penser que la science trouverait inconséquent le retour de Jésus sur des nuages, si ceux-là ne changeaient de structure, me semble un peu simpliste. Et l’opinion selon laquelle la science aurait un « champ restreint » au regard de « l’ouverture sans limite » du domaine de la foi, me semble relever d’une mésestime surprenante, pour un érudit tel que l’est son auteur.

Disons le tout net, je ne suis ni un scientifique, ni un théologien. Mais je fais ce que tout humain est appelé à faire:  je lis, j’observe, je réfléchis et je débats. Enfin je me positionne, relativement, et de manière évolutive.

Je suis parfois surpris de certaines positions, interprétations, traditions de pensée, ou évolutions du monde. Pourtant, je me dis que chaque philosophie est le fruit d’une histoire collective, culturelle puis personnelle.

La vision de Dieu, des origines, de l’avenir, de la fin sont évolutives, y compris dans la Bible. Il nous plait à nous autres, êtres humains, de cadrer, normaliser, et dogmatiser. C’est populaire, ça étalonne la pensée, et classe les personnes. ça dit ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, ce qui est moral et ce qui ne l’est pas, ce qui est cohérent et ce qui ne l’est pas.

En parlant de la Création selon la Genèse avec des amis littéralistes, j’ai l’habitude de prendre l’exemple des aventures d’Asterix et de Cléopatre, dans lesquelles, après la construction en un temps record des bâtiments, (ce qui, aujourd’hui, ne semble plus insurmontable compte tenu de l’évolution des technologies), notre druide éternel Panoramix plante des glands magiques qui engendrent instantanément des arbres plantureux, et créent en quelques heures un jardin luxuriant en l’honneur de la grandeur Egyptienne et de Cléopatre. Une fable comique, convient-on, dans laquelle se cache tellement de sens cachés, de révélations sur l’être humain sur la société, le monde… Il appartient donc au lecteur de mettre en mouvement cette fable pour se l’approprier en tant que source de réflexion et de positionnement. C’est d’ailleurs le propre de l’art, de la poésie, de la science fiction, de la peinture… Tout cela parle à l’âme. et l’Ame c’est la vie.

Mais revenons à notre fable : qui peut y croire? L’on traiterait d’enfant encore allaité toute personne dont la pensée serait captivée par cette magie! Des glands traités dans une potion magique, se jouant des lois de la vie et défiant les années de pousse nécessaires à des arbres!

Si Dieu est hors du temps, il est le maître du temps. Toute la Bible mentionne le temps de Dieu comme étant le résultat de l’attente indéfinie d’un instant inconnu. Notre monde est dans le temps et l’univers raconte le besoin de temps de la Vie, des êtres, du monde. Alors…

Restons « bibliques » et reprenons donc un certain nombre de déclarations de Jésus : « que celui qui lit fasse attention » à propos d’une prophétie de Daniel; « qu’est-il écrit, que lis-tu? » à l’adresse du légiste qui interpelle Jésus sur le moyen d’obtenir la Vie Eternelle; « vous ne comprenez ni la puissance de Dieu, ni les Ecritures » déclare Jésus aux Saducéens qui se moquent de la résurrection!

Oui,  Jésus interpelle souvent ses interlocuteurs ou ses contradicteurs sur leur lecture, leur interprétation, leur compréhension des Ecritures. Que n’en serait-il pas de même pour nous? Au travers des deux testaments, nous voyons la lente, très lente progression de la vision humaine de Dieu, la longue et infinie élaboration de la compréhension de choses insaisissables. Le tragique besoin de magie des sociétés humaines. L’imparfaite dissociation entre un Dieu Tout-Autre et les dieux fait de main et d’esprit d’homme.

Le deuxième commandement est particulièrement intéressant et très peu connu de notre recherche communautaire. « Tu ne te feras pas d’image taillée ni de représentation quelconque de ce qui est… ». Je suppose que la réaction inconsciente de beaucoup d’entre nous est de l’ordre du « non concerné » : on n’est pas comme les catholiques, les orthodoxes, les animistes etc… qui adorent ou vénèrent des images et/ou des idoles tangibles… Et pourtant!

Il me parait possible à partir de ces préambules de proposer une autre approche des ces textes fondateurs.

Prenons tout d’abord les textes génésiaques : Les intentions de ces passages sont multiples, ils vont de la démythification des origines en milieux polythéistes et idolâtres à une éducation à l’humilité (juste positionnement), une glorification du Sabbat, une école de repos et de liberté, en passant par une différenciation égalitaire de l’homme et de la femme, le rejet de la confusion, et la création du temps, bien entendu. La liste est loin d’être exhaustive! Peut-on alors affirmer qu’une autre intention est de nous dire en combien de temps et quand (à peu près) a eu lieu cette Création?

Il me semble raisonnable et non dangereux de penser que le texte de la création nous hurle qu’il ne faut pas le prendre à la lettre. La pensée hébraïque a beau être loin de notre pensée moderne et peut-être post-moderne (quoi que..?) je crois qu’elle parle aussi à notre raison aujourd’hui. Autant de magie et d’incohérence faisant insulte au bon sens « paysan », pour un texte qui démythifie, cela me semble hautement improbable! Je ne pratique pour autant pas non plus ces tentatives des uns ou des autres qui consiste à vouloir calquer les audacieuses hypothèses des scientifiques à un ode à la création, ou bien encore à fermer les yeux sur ces incohérences pour croire, en prétextant une foi pure, à une littéralité du récit.

Le texte me crie de ne pas m’attacher aux images magiques qu’il me renvoie, mais de chercher derrière et autrement ce qu’il veut dire et me dire.

TOUT, absolument TOUT est possible au Tout-Autre. Mais ce n’est pas parce que l’on dirait « c’est Dieu qui fait cela » que ce n’est pas de la magie! Dieu n’est PAS un magicien, et il abhorre la magie! Dieu est Créateur et l’Etre fait naitre. Cette conviction me suffit pour observer avec énormément de curiosité et d’intérêt les interprétations et modèles mathématiques issus, ou à l’origine, des observations scientifiques dans l’infiniment petit et l’infiniment grand. Le champ de la science est aussi peu limité que celui de la foi. Et la science contribue à augmenter ma foi car elle démystifie la nature tout en m’émerveillant de la Parole Créatrice du Tout-Autre…Cela me suffit disais-je, aussi, pour m’attacher à creuser, creuser, et creuser sans m’arrêter, pour faire vivre en moi cette Parole d’Amour, de Salut.

Le récit de la Création se termine en apothéose par l’institution du sabbat. Selon certains esprits peut-être craintifs, l’abandon d’un fondamentalisme littéraire en la matière saperait tout simplement la validité et l’intégration du Sabbat dans nos croyances, puisque celui-ci est directement relié à la Création en six jours dans de nombreux textes. Je ne conteste pas ces textes, mais j’aimerai que des esprits de bonne volonté et plus savant que moi se donnent le droit de relire ces textes et de les remettre en perspective. « Qu’est-il écrit, et que lit-on? »

Le Sabbat est LE signe du caractère et Désir Divin pour l’homme, il est la volonté du Créateur de la dignité de ses créatures. Il est la loi de non-mercantilisation des êtres entre eux. Il est la parole qui appelle l’homme à se reposer de ses oeuvres, à les contempler, les présenter à Dieu et décider ou non qu’elles sont bonnes. Il est le souvenir que « tout est très bien » quand la Parole sort. Le Sabbat est légitime en lui-même si besoin était, mais j’oserai avancer ici que le fait qu’il soit le couronnement de la création est la première révélation de l’incarnation divine.

Je ne crois pas au littéralisme du récit génésiaque. Mais je crois que Dieu à créé le monde et qu’il nous laisse la possibilité de chercher par d’autres méthodes les réponses au « quand et comment ». Je crois que Dieu respecte le temps, et qu’il nous le montre. Je crois au mystère de la Création. Il ne me parait pas plus fou de croire en la création que de croire en l’improbable de l’apparition de la vie par hasard. Mais prenons garde à cette forme d’obscurantisme, sous prétexte de loyauté à la Vérité, naturellement consubstantielle aux fondamentalismes. Que ceux qui adhèrent à cette position schizophrène ne se moquent pas de ceux qui acceptent de faire grandir leur foi en rejetant la magie d’un certain littéralisme tout en acceptant le mystère d’un texte éternel et abyssal.

Venons-en maintenant aux textes eschatologiques. Trop nombreux pour être cités ici il sera aisé au lecteur d’en faire le recensement. Cependant un rapide examen des différentes descriptions du « paradis » sont pour le moins antagonistes et paradoxales.

« La Bible est cohérente » déclare l’auteur cité en-tête, et je l’approuve! Que l’on me permette d’ajouter qu’elle n’est pas réductrice.  Elle explique par exemple que Jésus avait changé de nature à sa résurrection : apparaître et disparaître, traverser des murs, s’élever sur des nuages, après avoir fait route pendant plusieurs heures sans être reconnus par ses disciples…? Être monté vers son père puis être redescendu de nouveau pour repartir après quarante jours…? Tout en ayant les cicatrices de sa passion… Tout cela révèle un monde « parallèle » mystérieux -mais bien présent- dont les lois, physiques notamment, nous sont actuellement inconnues. Le fait que Jésus revienne sur les nuages, ou que de rien réapparaissent des êtres disparus depuis longtemps, relève donc de cette économie. Nous pouvons également approcher ce mystère dans la conception, la naissance et la survenance des âmes vivantes dont nous faisons partie, ici-bas. Pour ce qui concerne tout cela, l’Apôtre Paul déclare que « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». Tout cela ne me choque  donc guère et me semble faire partie d’un monde et d’aptitudes que je ne connais pas, mystérieux mais certainement pas stupide.

Parlons donc « des enfants qui joue avec les prédateurs », « du loup et de l’agneau qui paissent ensemble », « des hommes et des femmes qui ne se marient plus » (mais qui font des enfants!), des maisons bâties, des vignes cultivées, alors que la Jérusalem nouvelle est un cube parfait gigantesque, etc… Si nous acceptons le littéralisme de la genèse alors nous devons accepter le littéralisme de ces descriptions fantasmagoriques et incohérentes. Quelle aventure sans espoir! De l’ordre des Saducéens qui émettaient la réelle difficulté suscitée par les noces successives d’une malheureuse épouse au regard de la vie conjugale au Paradis. Jésus nous répondrait de même : « Vous ne comprenez ni la puissance de Dieu ni les Ecritures »! Loin de moi la prétention de la comprendre! Mais au moins d’adopter une attitude humble et espérante. Humble car je veux me positionner comme écoutant et respectant le mystère tout en continuant à chercher les significations dedans et au-delà des mots et des images. Pas de doute crasse, de dénigrement ou d’obscurantisme en forme de « foi ». Et espérante car « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». Les textes nous crient de ne pas nous attacher à la lettre et aux images. Dieu hait la magie, mais sa puissance est infinie. La Vie Eternelle a déjà commencé pour moi et le Royaume de Dieu est parmi nous.

Soyons clairs : Encore une fois, je crois Dieu tout à fait capable de créer tout instantanément. Mais est-ce sa nature? Quelle image adorons-nous (avec sincérité) de Dieu, des miracles, des récits de surnaturel? A quoi tout cela me sert-il? A quoi est-ce que je m’attache? Aux signes? Ou à leur Auteur?

Entre le dénigrement de l’Ecriture par une science au « champ restreint », et une attitude, à mon avis restrictive, qui prétexte la « foi et son ouverture sans limite » pour restreindre la pensée, il y a une voie plus satisfaisante et plus risquée, (quoique!!), mais rassérénante, que je choisis chaque jour, et qui consiste à traquer et combattre mes « images taillées », et à laisser Dieu devenir et présenter à mes yeux et dans mon coeur ce qu’Il veut être et faire en moi et autour de moi, au travers de ces textes merveilleux, mystérieux et pédagogiques.

Olivier Sommer, février 2104

 

L’Education Nationale : patron voyou?

Notre adolescent attardé de président n’est pas en mesure de ramener à la raison les patrons plénipotentats du style Arcelor Mittal, Total, Continental, Peugeot et consors.

Et pour cause : même pas capable d’appliquer la loi et la justice à près de 43000 de ses propres salariés.

Je m’explique.

Il y a trois ans, l’Education Nationale engage 42500 EVS (lisez Employés de Vie Scolaire).

Ces personnes, recrutées essentiellement dans les rangs de chômeurs de longue durée ou titulaires de l’Allocation Spécifique de Solidarité, ont été appelées en renforts administratifs auprès des directeurs/trices d’Ecoles Primaires, et en renfort pédagogique auprès d’enfants handicapés en insertion scolaire. Si les personnes retenues refusaient, elles perdaient tous leurs droits, bien entendu.

Leurs contrats ? Des « contrats d’Avenir » ou « Contrat d’Adaptation à l’Emploi », vidés de leur substance dès l’origine, et notamment par dérogation, privant les « bénéficiaires » de tout droit à la formation pourtant imposée par l’état aux autres acteurs, ou de droit à la VAE, car contrat précaires ayant une durée d’au maximum 36 mois.

Prenons le cas de Jacqueline V. actuellement et jusqu’en juin 2009 assistante administrative auprès des directrices d’un regroupement d’écoles primaire (RPI) en Dordogne.

Jacqueline, en situation d’ASS au printemps 2006, se voit convoquée à l’ANPE pour un entretien de sélection avec un membre de l’Académie de Bordeaux. Jacqueline est contente, parce qu’ancienne institutrice dans le privé, ayant acquis par la suite, formation et expérience en tant que secrétaire-comptable, elle dispose de toutes ses chance pour obtenir un poste.

Elle est engagé pour 9 mois, mais l’administration prenant du retard, c’est en finalité 8 mois qu’elle fera. Le contrat est révoltant puisque amputé de droits élémentaires comme celui à la formation, par exemple, et théoriquement non renouvelable.

Mais consciencieusement, Jacqueline s’insère dans cette nouvelle vie. Sur 4 jours, elle va dans 3 écoles différentes, avec 3 directrices différentes, trois responsabilités différentes. Ses trajets, en zone rurale, ne peuvent s’effectuer qu’en voiture personnelle. A ce titre, elle est méthodiquement écartée des aides au déplacement qui sont octroyées à ceux et celles de ses collègues qui se déplacent en transport en commun : maudites zones rurales ! 26 hres/semaines payées au SMIC, toute absence, quelle qu’en soit la cause doit être rattrapée ou déduite du salaire.

Ses « supérieures » au départ sont réticentes à confier à Jacqueline la moindre responsabilité : on ne leur a pas demandé leur avis, et de toute façon ça ne doit pas durer donc…

Devant la mobilisation syndicale appropriée de 2007, son contrat est reconduit pour 1 an, elle ne le saura que la dernière semaine de juin, l’angoisse aura duré jusqu’à la dernière minute. Jacqueline est contente.

Durant l’année 2008, ses supérieures lui délèguent de plus en plus de choses, apprennent à lui faire confiance et lui confient même des tâches hors cadre : l’initiation à l‘informatique des élèves, le remplacement au pied levé d’une instit’ absente pendant le délai d’arrivée du remplaçant envoyé par l’Académie, l’élaboration de certains dossiers, le contact avec l’Académie, le dépannage et la configuration au premier niveau des ordinateurs des écoles, l’accompagnement spécifique de certains élèves en grande difficulté familiale/sociale, etc..

Printemps 2008, mobilisation générale, et les contrats EVS sont une dernière fois reconduits. Jacqueline est honoré par le maire d’une des trois communes, qui déclare publiquement le bienfait pour le RPI de sa présence.

Jacqueline de son côté a multiplié les démarches pour la VAE, ou la formation. Retoquée, systématiquement, quels que soient les interlocuteurs.

Rentrée 2008/2009 : après 2 années de présence et d’apprivoisement mutuel, Jacqueline est intégrée, elle est connue et aimée de tous, pour ses talents et son travail. Un absentéisme quasi nul, une régularité sans faille. Jacqueline connaît une centaine d’élève par leurs prénoms, elle a repéré les élèves en difficulté, elle les aime et, pédagogue et juste, sait se faire respecter de tous.

Jacqueline est triste et angoissée, ses supérieures sont impuissantes devant la machine infernale de l’administration : en juin 2009, Jacqueline sera éjectée du système, retour à la case chômage, remplacée, certainement, par une/un autre qui devra revivre tout le parcours, sachant à l’avance qu’au bout de trois ans ce sera fini, et comme cela, jusqu’à quand ? Je ne sais.

Jacqueline est triste, parce que nombre d’enfants handicapés ou en difficulté vont se retrouvés amputés d’un lien, d’intégration. Jacqueline se révolte, et participe au mouvement collectif. Jacqueline s’est remise à fouiller les petites annonce du privé, cherchant un emploi d’EVS dans une grande entreprise ou une multinationale qui accepterait de ne prendre en compte que l’expérience….

« Le sort qui vous est réservé aujourd’hui est indigne de l’Education nationale. Il est indigne d’un ministère dont le devoir, dans une République, serait de montrer la voie par un comportement exemplaire à l’égard de ceux et celles qu’il emploie…….Qui dira le scandale d’une administration qui traite les êtres humains comme des objets, quand ce n’est pas comme des déchets….que tous ceux qui croient en l’éducabilité des enfants, même les plus fragiles, comme en la formation des personnes, quelles qu’elles soient, se mobilisent pour faire triompher la confiance en l’homme… ». (Extrait d’un discours de Philippe Meirieu, Professeur des Sciences de l’Education, et président d’honneur de L’union Nationale des Collectifs Employés de Vie Scolaire)

Investir dans les banques ? Dans l’automobile ? Dans l’éducation et l’accompagnement de nos enfants ? Dans la formation des adultes concernés ?

Alors M. Sarkozy, à quand un effet d’annonce, suivi d’un effet tout court : la pérennisation et la reconnaissance de l’importance des employés EVS ?

A quand un patron voyou qui montre le bon exemple ?

Olivier SOMMER

Alerte au meurtre de l’âme!

Attaquée, bafouée, humiliée, déshonorée, indignée, insultée, déniée même l’âme humaine, l’âme de l’humanité.

Qu’est-ce que l’âme ? Pour moi, ce mot exprime l’immatériel d’une entité, d’une personne, d’un groupe, représentant l’identité et l’individualité de ces derniers, prenant forme, s’exprimant au travers du corps, de la parole, des actes et attitudes, des orientations prises dans tous les domaines interagissant avec eux.

Je brûle à l’intérieur. Je pleure au dedans de moi. Un sentiment de tristesse, de révolte, d’impuissance et finalement de colère m’habitent, devant la monétarisation, l’instrumentalisation de la justice, de la politique, de la religion, de l’éthique, de la morale, de la paix, de l’humanitaire, du sexe, et de l’amour, enfin de l’âme.

Là, une jeune fille qui vends sa virginité aux enchères pour payer ses études… !!!

Derrière, le pape qui honore des négationnistes, honorant ainsi la bêtise et la malhonnêteté intellectuelle.

Dernièrement le même Panzer Cardinal rejetant toute utilisation du préservatif pour limiter l’autodestruction massive du continent Africain et de toute autre population du monde menacée par ce fléau. Je crois en l’idéal de la monogamie, mais devant la réalité, je milite pour l’utilisation du préservatif

Ici, un adolescent attardé et excité, charismatique mais allumé qui dirige notre pays selon son bon plaisir, arrachant, coupant, menaçant, monnayant, écrasant, déstructurant avec désinvolture et violence, aidé en cela par une armée de mollusques fascinés par l’enfant-roi, ou sinon fascinés, profitants abondamment (parfois même pas !) des saveurs excitantes du pouvoir et de son ombre :« malheur au pays dont le roi est un enfant !

Là, un projet de loi, inique, aveugle, et profondément antagoniste avec la liberté de communication, prêt à être voté sans discernement par une armée d’aveugles à la solde d’une idéologie guidée par la loi du gain, et donc à la merci des lobbies occultes et majors financiers. La loi Hadopi fait partie des non-sens promus politiquement corrects !

Là, encore, une logique sans faille de la lutte contre l’immigration non choisie, qui me criminalise. Je fais partie des gens qui ont aidé où aident les sans papiers, volontairement ou fortuitement. J’assume, et suis prêt à être condamné pour cela. J’appelle à la désobéissance civile quand les lois vont à l’encontre de la conscience et de la dignité humaine. La France bafoue publiquement sa propre identité, et je m’y oppose. Heureusement, des artistes s’en mêlent et montent au front.

Là-bas, dans une école, des policiers occultes enquêtent et confisquent les dossiers scolaires de deux élèves particulièrement actifs contre la démarche Darcos.

De l’autre côté de l’Atlantique un homme et ses pairs profitent des avantages de l’ancienne présidence, après avoir contribué à détruire l’Irak, en mentant effrontément au monde entier, au nom du Pétrole et de l’Evangile. Ne sera-t-il jamais amené en jugement ? Mais que fait le TPI ?

Au cœur de la vie économique, nombre d’artisans suffoquent devant le poids des règlementations de plus en plus drastique, mettant l’entreprise individuelle devant les mêmes charges financières et procédurales que l’entreprise de 50 salariés.

Nous payons toujours autant d’impôts, mais l’état sous-traite le contrôle du respect des règlementations à des organismes privés, qui font payer très chers leurs nouveaux marchés, et s’enrichissent de manière éhontée.

La loi du marché, constituant du libéralisme débridé, l’idéologie suprême, qui donne tant de force politique aux financiers, est largement écartée quand il s’agit de sauver les intérêts de ces mêmes financiers fautifs, sous prétexte de sauver des emplois. Que l’état reprenne alors le contrôle mais le vrai, le juste. Et que l’on cesse de nous bananer d’idéologies changeantes au gré de la sauvegarde des intérêts.

L’âme est en danger parce que finalement le monde est dirigé non pas par l’intérêt de l’âme, mais par la loi du pouvoir, et du porte-monnaie.

L’âme doit être nourrie de bon, de beau et de vrai et est éprise de liberté. Les belles âmes sont celles qui ont pu naître et être favorisées de cette manière. Il appartient à ceux que l’on élit d’être conscient de cela et totalement dévoués à cette cause. La réalité de la vie va alors nuancer effectivement la concrétisation de cette orientation fondamentale, c’est le pragmatisme.

Les spécialistes de chaque secteur concerné doivent pouvoir s’exprimer devant les commissions ad-hoc au Parlement et au Sénat, cependant : que nos élus soient probes, honnêtes et désintéressés dans leur jugement, et aptes à reconnaître devant la réalité qu’ils n’ont pas su : c’est humain.

Je crois qu’il faut parfois se confronter à la volonté première du peuple, car celui-ci ne voit pas forcément toujours la finalité de son désir, mais un seul homme non plus. Certains sont visionnaires, mais les visionnaires ne sont pas toujours aptes à poser les actes conséquents de manière adéquate. Le dialogue, la pédagogie, la patience sont nécessaires.

On attente à l’âme aujourd’hui, de manière délibérée, en occident. Je réprouve publiquement la mise à mort de l’âme par l’obscurantisme, le marketing commercial et politique ainsi que la monétarisation ou l’instrumentalisation des valeurs qui font la dignité humaine.

Je me bats avec les armes qui sont les miennes : la parole, la présence, l’honnêteté, la vérité, et l’amour que j’ai pour l’humain.

«Aimez l’Homme en celui dans lequel vous ne pouvez aimer la Personne» (auteur ???)

Olivier SOMMER

Du jour du repos en politique

(02/11/2008)

Il y a quelques millénaires de cela, la quatrième d’un ensemble de dix paroles énonçait clairement :

« …Souviens-toi du jour chômé pour le mettre à part : pendant six jours tu travailleras, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour, c’est un chômage…que tu mettras à part….Tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille ni ton serviteur ni ta servante, ni tes bêtes, ni les immigrés qui sont avec toi… » (traduction libre et partielle)

Texte ancien, décrié ou fanatisé, rejeté ou constitutif, source de destruction ou de structuration…Quoiqu’il en soit : texte fondateur.

Au delà des émotions primaires, il peut être convenable de nous pencher sur ce que nous pouvons entendre.

1) « Se souvenir »: nous, humains, oublions. Nous oublions ce que nos pères ont découvert. Nous oublions vertus ou malheurs, conséquences de tels et tels choix de vie ou de société. Nous nous oublions nous-mêmes, nous oublions jusqu’à notre présent et même notre avenir. Se souvenir est donc primordial. Se souvenir c’est chercher dans notre mémoire personnelle, familiale, collective, historique, le pourquoi originel des choix, des orientations, des décisions, des enseignements, des lois. Se souvenir permet de défaire ce qui a été mal fait, de refaire quelque chose de mieux. Se souvenir permet de continuer ce qui est positif. Se souvenir permet d’actualiser une chose bonne dans son principe, mais inadaptée pour notre situation. Se souvenir c’est fonder nos choix.

2)« Jour chômé » : Nous, humains sommes contingentés par le besoin de se nourrir, se vêtir, s’abriter, et protéger nos enfants, le travail est donc est une nécessité. De plus, dans notre culture occidentale, le travail est aussi constitutif de l’identité individuelle et sociale et entre donc dans les besoins psychologiques fondamentaux de l’être. Pourtant, de tous temps, le travail est autre chose que réponse à tout cela. Instrument primordial de l’autonomie et de la liberté de l’être, il est malheureusement dévoyé par nombre d’entre nous qui font du désir de pouvoir et de possession, ou du sentiment de devoir exacerbé, ou culpabilité mal placée, etc. prétexte à s’asservir et/ou asservir les autres en oubliant le nécessaire repos, l’arrêt indispensable, la suspension primordiale, dont l’être humain a besoin pour prendre de la distance par rapport à la contingence, vivre ses relations : à lui et aux autres, pour aimer et être aimé, pour regarder grandir les enfants, pour entourer nos aînés, pour accompagner les mourants. Pour ne rien faire. Ëtre dans le gratuit , l’apparente inutilité, la vacance, le manque. Pour être dans la confiance aussi. Chômer un jour sur sept, c’est vivre et exister gratuitement. Et plus, peut-être, aujourd’hui qu’hier, avons nous besoin de gratuité vitale. Régulièrement.

3) « Six jours pour accomplir tout son ouvrage » : Contenir. Oui, faire contenir tout notre ouvrage sur six jours, pour chômer le septième. Le travail peut nous posséder 6/7ème des jours. A l’être humain de « faire contenir » tout son ouvrage dans ce 6/7ème. C’est faire preuve d’initiative, d’organisation et de confiance pour l’impossible que de contenir tout notre ouvrage dans un temps limité et différencié. C’est une limitation de notre toute puissance, un rappel à la sérénité et l’humilité. 6/7ème, c’est émettre l’idée d’une valeur du temps, différenciée du dernier 7ème, mis à part.

4) « Pour tout le monde, y compris les bêtes (outils de production), et les immigrés (souvent en situation de fragilité, de tous temps !) » : Un jour à part pour TOUS : Ne considérons pas certaines catégories hiérarchiques ou sociales comme différentes et ne nécessitant pas des mêmes dispositions favorables. Ce 1/7ème là, il est liberté pout tous et chacun. Il est repos des bêtes et des machines, des patrons et des ouvriers, des indigènes et des étrangers, des hommes et des femmes, des adultes et des enfants. Ce jour de chômage est littéralement « mis de côté pour ». Il n’est pas un jour comme les autres, il m’apprend à différencier. Différencier, il y aurait tant à dire sur ce mot : dans la société que nous formons il y a tant de domaines que nous dédifférencions, pour le malheur bien souvent, de beaucoup, voire de tous. Différencier c’est identifier. Ce jour-là est différent, il est liberté : pour tous : pas d’exclusion.

Alors, de quoi se souvenir ? L’être humain est-il plus surhomme qu’avant ? Avons nous une société mieux portante qu’avant ? L’indifférenciation des jours fera-t-elle progresser la société ? Le nombril de notre vie que sont : le pouvoir d’achat, le « quand je veux comme je veux », le « tout de suite et maintenant », la possession, l’asservissement mutuel, le commerce au-dessus de tout autre considération, structurera-t-elle chacun de nous, et les plus faibles en particulier ?

L’être humain n’est il fait que d’achat et de consommation ? Sommes nous aveugles sur le mur dans lequel nous fonçons en mesurant la santé de notre civilisation et de notre pays à la seule aulne des chiffres de la croissance et du commerce extérieur ?

La valeur d’une entreprise se mesurera-t-elle toujours à la seule valeur de ses actions et de leur rentabilité ?

Quand le politique reprendra-t-il la place qui lui convient : rendre la nation auteur de sa destinée, en présentant une vision holistique de la nation et de l’individu, en limitant l’invasion des forces financières dans les décisions de société, en faisant l’autocritique des évolutions de pensées qui ont conduit notre pays dans cette situation de misère sociale et humaine ?

Que nous soyons dans un monde globalisé, certes ! Mais que cela ne soit pas prétexte à abandonner l’ambition d’être une nation de valeurs, une nation qui va vers le haut et qui serait de nouveau un modèle et un repère pour d’autres.

Est-ce le véritable désir des personnes composant les foules que le « j’ai donc je suis » ? Ou est-ce l’expression la plus facile et connue d’une méconnaissance de ses vrais désirs, une impossibilité de dire son mal-être et de la regarder en face ? Un jour par semaine, j’ai la liberté d’avoir un temps pas comme les autres, qui m’appartienne, qui me permette, de vivre autrement avec les autres ayant cette même liberté.

Olivier SOMMER

Saurons-nous nous rassembler?

L’effort de structuration est en marche en Dordogne pour les adhérents Modem. Certains, dans des discussions que j’ai eues en privé avec eux m’ont fait part cette semaine de leur inquiétude et de leur frustration de ne pas avoir été choisis pour participer à ce fameux Bureau executif élargi UDF-MODEM du 24. Dont acte. Il ne pouvait en être autrement. Et je veux ici leur témoigner ma compréhension, et les assurer de la bonne direction suivie par ce nouvel et forcément éphémère organe.

Je n’ai pas la qualité pour rapporter ce qui s’est dit le 12/10 lors de sa première réunion. Je peux cependant affirmer que c’était vivant, et que les voix d’outretombe de Seignosse ont su se faire entendre et être entendues. Ne voyez pas dans la précédente une jolie périphrase pour dire que c’était violent, car cela ne l’était pas. Ce fut productif.

Dans quelques semaines nous allons tenter de rassembler l’ensemble des adhérents Modem de Dordogne pour un temps de prise de contact, et de travail.

Nous avons du pain sur la planche, car notre mouvement politique doit, pendant l’élaboration de ses valeurs et de ses projets, ainsi que de son organisation interne, devenir une machine à révéler des personnes de valeurs, des meneurs/ses, capables de remporter des élections, de promouvoir des élus en position de négocier un programme et une éthique Démocrate, au sein éventuellement d’autres majorités politiques.

Concrètement : saurons-nous nous rassembler en grand nombre sur l’invitation à cette réunion départementale ? Je VEUX voir des têtes inconnues, des gens qui ne se sont pas encore engagées lors des élections présidentielle et législatives. Nous avons besoin de personnes de la société civile, partageant nos valeurs, celles si bien exprimées par François Bayrou, pour porter nos couleurs, nos projets pour développer la Dordogne et ses communes. Besoin de personnalités nouvelles, bien implantées, désintéressées quoiqu’ambitieuses. Dans toutes les communes, y compris Périgueux.

Il est tard, mais c’est encore possible.

Pour cela, j’invite tous les adhérents et sympathisants Modem, à se mobiliser, à regarder autour d’eux, au milieu d’eux et identifer les potentiels, et les motiver à se révéler. Dans toutes les communes de Dordogne.

N’oublions pas ce qui nous porte, et nous pousse. La Dordogne est un département sinistré. Derrière de grands discours, et malgré plusieurs députés issus de la majorité actuelles, mais aussi des socialistes bien implantés en Dordogne, notre Périgord vivote et se contente de peu.

Un département à promouvoir

Une autoroute Paris-Espagne pourrait naturellement nous traverser. Une ligne ferrovière Paris-Espagne pourrait naturellement nous traverser, reliant naturellement Périgeux et Bergerac.

Nous pourrions mettre à profit notre climat privilégié pour re-développer une agriculture et une production agro-alimentaire à forte valeur ajoutée.

Un réseau dense de transport en commun reliant toutes les places fortes périgourdines est absolument nécessaire. Le désenclavement des zones reculées est indispensable. Les routes sont abominablement entretenues : Une simple couche de « peinture noire » avec quelques graviers jetés négligemment par-dessus est la plupart du temps employée, à la honte – je le clame haut et fort – des décideurs actuels et précédents, comme un simple fard pour cacher la misères des départementales et des communales. Des pièges à motards meurtriers, mais les quatres roues ne sont pas exemptées de risques graves !

Haro sur la passivité et le repli sur soi !

Alors ! Resterons nous inactifs ? Nous avons du pain sur la planche. La Dordogne doit changer de mentalité ! Les Périgourdins doivent changer de mentalité, adopter une plus grande ouverture d’esprit. Il faut changer les mentalités. Cela prend entre 10 et 30 ans. Alors mettons nous au travail !

J’encourage tous et chacun à prendre des initiatives, au niveau local, associatif, politique, professionnel, à parler, dialoguer, discuter, éduquer, disputer aussi, âprement s’il le faut, les négligences de tous ordres. Et même et surtout, continuer à se remettre en question. Dans la bienséance et le respect des personnes bien entendu ! Ne l’oublions pas. C’est en nous changeant nous-même qu’on changera le monde !

Créons des activités économiques, prenons des risques, enseignons à nos enfants ce qu’est une nation intelligente, industrieuse, active, noble, prenant soin des plus faibles, et encourageant les malheureux, redonnant de l’espoir à tous et à chacun, sans jamais oublier ce qui fait la dignité d’une nation : la reconnaissance et la valorisation de l’aspiration vers les plus hautes valeurs de l’âme humaine, de l’âme de chacun de ses citoyens/nes.

Saurons-nous rassembler, et nous rassembler ?

Je veux vous voir nombreux lors de la prochaine réunion départementale ! Alors :

A BIENTÔT !

Olivier S.

Alea Jacta Est

Est-ce que tout ira mieux ?

136 votants, 7 bulletins blancs ou nuls, 76 pour Sarko, 53 pour Ségo, résultat indiscutable ! à 18h20, je quittai le bureau de vote de St Martin des Combes, ma commune, avec déjà une certitude : Nicolas venait de devenir président. Mais avec quel score exactement ? Vive internet et nos voisins européens : à 18h30 j’étais au fond de ma campagne (« à mille miles de toute terre habitée.. » euh…) en train de pianoter sur mon Mac et de surfer à la vitesse ADSL sur les sites Suisses, Allemands et Belges pour admettre le prévisible,

la France est riche :

puisqu’elle vient de voter pour une droite dure. Retour de bâton de mai 1968. Il est désormais interdit de ne pas interdire et obligatoire d’obliger…

Johnny ne s’en est pas trompé lui qui vient déjà de demander à Nicolas une demande de nationalité française afin de payer désormais moins d’impôts en France qu’en Suisse ou à Monaco…

Bon trêve de plaisanterie. Qu’est-ce qui nous attend ?

Je ne pouvais m’empêcher de regarder cette foule en liesse pendant que Nicolas et sa suite fonçaient, toutes sirènes hurlantes, à des vitesses interdites, en brûlant je ne sais combien de feux rouges et grillant implacablement Stops et « cédez le passage » dans un capharnaüm de motos en délires, occasionnant chûtes, portières enfoncées et rayées, rétroviseurs explosés, dans une démarche générale d’amnistie bienveillante de la part d’un nouveau père du peuple.

Et cette observation de gens pleurant de bonheur me renvoyait à tant de faits similaires, suivis comme de coutume de lendemains qui déchantent.

Restons zen, maintenant nous sommes bien obligés de faire avec, malgré et sans !

Je fais partie d’un peuple en démocratie. Et ce peuple a choisi selon les règles qui sont les siennes. Je veux donc accorder comme il se doit un temps de grâce à notre nouveau président, attentif le temps de grâce, mais limité aussi. Dans le temps.

Les discours, hier, de Nicolas sarkozy m’ont primairement émus, mais je suis sur le qui-vive. J’attends de voir.

Qui a voté sarkozy ?

Je le sais moi :

Des personnes de plus de 75 ans qui sont nostalgiques du paternalisme.

Des personnes de 30 ans qui réfutent le laxisme et le manque de conviction présidant à leur propre éducation et celle de nos enfants.

Des personnes de 20 ans sans père.

Des cinquantenaires au chômage.

Des personnes de ma génération, ayant une place dans la société et désirant la garder.

Des personnes arrivant à la retraite, ayant réussi, aisées, voulant transmettre les quelques biens qu’ils ont acquis à leurs enfants sans que l’état le leur reprenne.

Des amoureux de l’ »ordre naturel des choses ».

Des religieux et pieux séduit par la l’amour de la « morale » de Sarkozy

etc, etc.

Enfin, des personnes, comme vous et moi, de toutes conditions sociales, physiques, financières, professionnelles, etc, qui pensent « qu’il faut remettre de l’ordre dans tout cela ! »

Et elles ont RAISON !

Le problème reste celui-ci : de quelle manière ?

Pour rester humaniste, démocrate et « généreux » il faut une vigilance de tous les instants. Pour redonner sa place à la morale, encore faut-il avoir une morale et une éthique, et là, rien qu’à voir hier soir, c’est pas gagné ! Pour revaloriser la valeur travail encore faut-il revaloriser la valeur du travail.

Mais j’attends de voir. Comptez-sur malgré tout sur moi pour monter au créneau dès que le besoin s’en fera sentir !

Démocratiquement,

Olivier Sommer

La Gourde ou le Gourdin?

(03/05/2007)

J’ai fait la même chose que vous hier soir : je suis allé me coucher, mais comme 23 million de français j’ai regardé le match SS (Sarko – Ségo) : Match totalement nul ! Guerre de tranchées. beaucoup de victimes innocentes.
Mais je vais vous dire franchement : j’ai eu honte pour Ségolène. 2 erreurs majeures sur des dossiers sensibles : c’est la Mrs Bean de la politique !Sarko n’a pas beaucoup brillé, mais au moins il est resté calme et courtois. Question dossier du nucléaire : pas brillant non plus !
Mais enfin, à quelle sauce allons nous être mangé lundi ?
Entre la gourde et le gourdin…le vote blanc, nul, l’abstention, Ségo ou Sarko ?
Je suis le maillon faible : au revoir !

Olivier