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1844 : Pilier de la foi ou blessure mortelle : Les conséquences de l’interprétation prophétique.

Où la question de l’interprétation prophétique fondant l’adventisme est au coeur du débat

Traduction libre par O.Sommer d’un article paru en octobre 2015 sur la revue en ligne Spectrum. L’article original est accessible sous

http://spectrummagazine.org/article/2015/10/22/perspective-1844-pillar-faith-or-mortal-wound

« Le 22 octobre 2015 est le 171e anniversaire de la « grande déception » de 1844. 

De même que les proto-adventistes de la Nouvelle-Angleterre en cette journée froide et sombre d’il y a 171 ans, les adventistes d’aujourd’hui qui se remémorent vraiment des événements de ce jour-là sont également remplis d’un mélange d’espoir et de tristesse : tristesse pour le retard et espoir que la venue du Christ se matérialisera prochainement.  

L’automne 2015 marque également la 35e année après Glacier View, la tristement célèbre réunion de 1980, qui a rejeté les questions de Desmond Ford à propos de 1844. Les événements de Glacier View ont donné naissance à DARCOM 2.0 (DAniel – Revelation COMmission), une version remaniée de la Commission « Daniel et Apocalypse » des années 1960 qui avait pris fin abruptement et sans avoir abouti à un consensus. 

DARCOM 2.0 a publié une série de livres réaffirmant la lecture adventiste traditionnelle de Daniel et de l’Apocalypse. Mais, malgré les efforts gigantesques de DARCOM, 1844 et 1980 continuent à déstabiliser les historiens et les théologiens adventistes. Pour les uns, la plupart des matériaux dans les volumes ne traitent pas les questions centrales liées à 1844 et soulevées par Ford. Certains des articles publiés furent plus tard réfutés par nos chercheurs, la plupart de ces articles n’étant pas à la hauteur des exigences d’observateurs extérieurs. 

DARCOM a largement ignoré la déclaration de consensus voté par les savants adventistes à Glacier View qui étaient en accord avec Ford sur de nombreux points. 

À bien des égards, 1980 se présente comme la deuxième « grande déception » pour des milliers d’ex-adventistes qui espéraient que l’église eut pu montrer beaucoup d’humilité et de retenue face à la possibilité que notre interprétation de la prophétie symbolique puisse, en fait, être incorrecte. 

Mais ce ne fut pas le cas. 

En conséquence, l’église adventiste du septième jour a reçu une blessure mortelle qui refuse d’être guérie. Selon une étude, l’Australie a perdu 40% de son corps pastoral à la suite des réunions tenues dans ce ranch solitaire du  Colorado. 1 Les ondes de choc se répercutèrent dans toute la décennie; d’innombrables autres ont continué à se glisser par la porte arrière, incapables de surmonter ce qu’ils ont vu comme étant de l’arrogance institutionnelle. Beaucoup de pasteurs que je connais continuent de nourrir de sérieux doutes sur la doctrine. 

Ils ont cessé de prêcher 1844 il y a longtemps. La grande question qu’affronte encore et toujours l’Adventisme aujourd’hui est la même que celle à laquelle étaient confrontés nos administrateurs et théologiens d’avant 1980 et depuis : l’Église adventiste peut-elle encore maintenir sa crédibilité doctrinale alors qu’elle s’accroche à une interprétation si problématique?

Beaucoup pensent ce n’est plus possible, et ce, pour une quantité de raisons. Je vais résumer les plus importantes ci-dessous. 

Tout d’abord, la doctrine de 1844 est basée sur des (quelques fois défectueuses) traductions de la Bible. Nos pionniers, dont Ellen White ,ne disposaient pas de compétences herméneutiques permettant de creuser beaucoup plus profondément que les particularités linguistiques de la version King James. Par exemple, la traduction «nettoyé» dans Daniel 8:14 est discutable, «le sanctuaire sera rétabli » est préférable. Ainsi 1 844 est largement ancré dans la méthode de « preuve par le texte » de l’étude biblique, mélangée aux études personnelles de Miller. Beaucoup seraient surpris de découvrir que Miller avait quinze façons d’arriver à la fin du monde autour de 1843 à 1844, tous basés sur la numérologie biblique. 2 

Deuxièmement, 1844, en tant que marqueur prophétique, est fortement tributaire d’une série d’hypothèses ou de présupposés, qui ne s’enracinent pas naturellement dans le texte biblique. Debout au centre de ces hypothèses est le principe « jour-année », à savoir l’idée que dans la prophétie symbolique, un jour symbolique correspond à un an réel. Ainsi, les 2300 jours de Daniel 8:14 égalent 2300 ans qui courent de 457 avant JC à 31 après JC tout le chemin jusqu’à l’automne de 1844. 

Il y a beaucoup d’arguments contre cet soi-disant «principe», le principal est le fait que nulle part dans les Ecritures l’un de ses auteurs ait jamais appliqué un tel «principe» de la prophétie de l’Ancien Testament. Par exemple, Luc ne se repose pas sur les prophéties de Daniel pour attester de l’authenticité de Jésus en tant que Messie. Au lieu de cela, il utilise une généalogie de Ancien Testament. 

Jésus fait une seule référence énigmatique à un accomplissement futur de l’abomination de la désolation (Dan 9:27), qui parait s’appliquer à la destruction de Jérusalem en 70 après JC. 

Paul ne fait aucune référence aux prophéties de Daniel et la place base une eschatologie apostolique qui ne fait pas usage des prophéties du temps de l’Ancien Testament. Apocalypse fait allusion aux prophéties de Daniel, Isaïe et Ezéchiel sans tenter de les interpréter à l’aide d’un tel principe. 

Par conséquent, les chercheurs mettent en doute la chronologie impeccable. D’une part, 457 avant JC ne semble pas fonctionner comme vraie date pour le décret de reconstruction de Jérusalem. Le décret de Cyrus en 538-536 avant JC a plus de sens dans un contexte comme l’accomplissement des prophéties d’Esaïe 44:28; 45:13. En outre, 31 après JC comme la date de la mort du Christ est astronomiquement impossible alors que le calendrier lunaire juif place Pâque cette année, soit le mardi ou au plus tard le mercredi, et non un vendredi comme l’Evangile de Jean l’indique clairement (Jean 18:28; 19:14) (cette interprétation de Jean est actuellement même remise en question. NDT). 

Troisièmement, le livre des Hébreux nie explicitement la notion selon laquelle Jésus est engagé dans un ministère en deux phases, depuis son ascension, dont la phase finale serait située dans le futur. Hébreux 6: 19-20; 09:12, 25; 10h19 sont pleins de parallèles verbaux tirés du rituel sanctuaire culminant avec la Journée annuelle de l’Expiation pour expliquer le sacrifice de Jésus et ses activités ultérieures en tant Souverain Sacrificateur céleste. Pour l’auteur, Jésus est allé « au-delà du voile» de la même manière que le Souverain Sacrificateur avait l’habitude d’aller « au delà du voile» à Yom Kippour. L’expression en grec est le même que celui utilisé dans Lev 16. Jésus est allé « au delà du voile», «avec son sang», «une fois pour toutes. » Ceci est survenu quand il est monté vers le Père. AF Ballenger avait raison sur toute la ligne. 

D’autres ont étudié toutes les hypothèses qui dominent l’enseignement traditionnel. (Voir cet article pour un examen complet). 

L’aspect biaisé de la tradition interprétative en ce qui concerne 1844 est illustrée par un épisode intéressant dont je fus témoin il y a peu de temps. J’ai récemment visité un certain séminaire adventiste et suis tombé sur un cours sur les Hébreux. Le professeur était un éminent auteur de DARCOM et le sujet était  « l’inauguration » du sanctuaire céleste, que l’enseignant utilisait pour justifier le fait que, bien que Hébreux 6 met indéniablement Jésus à l’intérieur du lieu très saint lors de son ascension, cette entrée le Lieu très Saint servi simplement à l’ «inaugurer». En d’autres termes, Jésus entra dans le lieu très saint à l’ascension, l’a inauguré, quitté puis y rentra à nouveau en 1844. 

Je fut troublé de voir qu’il présentait des vues qui avaient été discréditées par un autre savant adventiste dans un échange qu’ils avaient eu dans l’un de nos magazines imprimés. Jamais il ne mentionna son dialogue avec l’autre érudit. Je levai la main et lui demanda où, dans l’Ancien Testament, nous voyions le sang entrer dans le Lieu très Saint dans quelques passages sur l’inauguration dans l’Ancien Testament. Par sa réaction, je me doutais qu’il savait qu’il n’existe pas un tel texte. Il hésita une seconde et s’en référa à l’Epître aux Hébreux. En d’autres termes, seul l’Epître aux Hébreux prouve que, dans la même Epitre aux Hébreux, Jésus inaugura le sanctuaire avec son sang, même si aucun des passages de l’Ancien Testament mentionne le sang dans le sanctuaire, et encore moins le lieu très saint. Je n’ai pas insisté sur la question et je doute que ses étudiants aient compris les implications de ma question. La fausseté de l’argument est décevante, sinon malhonnête. 

Cette rencontre me montre que, au bout du compte, la viabilité de 1844 comme un marqueur prophétique continue de dépendre fortement de textes-preuve rarissimes . Il semble que les savants adventistes qui défendent encore 1844 comme un roc inamovible sont satisfaits de trouver de minuscules crochets dans quelques versets choisis qui semblent (même de manière lointaine) soutenir notre position. Il n’est plus acceptable de construire une théologie de cette manière.

J’ai étudié ce sujet extrêmement profondément ces dernières années. Mais même après avoir étudié ceci pendant aussi longtemps, je ne puis pas prétendre avoir toutes les réponses. Il y a des choses dans la prophétie qui échappent à la meilleure explication. Je crois que cela est surtout vrai des prophéties chronologiques de Daniel et de l’Apocalypse. Et en tant qu’étudiant de la Bible, je dois résister à la tentation d’offrir une explication nette et incontestable pour ces périodes de temps. Elle ne sont tout simplement pas aussi claires que nos évangélistes les ont fait paraître. En cas de doute, il est préférable de laisser le texte prophétique reposer en l’état pur d’origine, sans chercher à lui imposer une interprétation. 

Aujourd’hui, en tant qu’adventiste de naissance, je vis dans des univers parallèles. Dans l’un d’eux, je vis dans un abandon béat, croyant que la chronologie eschatologique soigneusement concoctée finira par justifier l’enseignement adventiste. C’est un lieu confortable et ensoleillée vers lequel je suis souvent atiré. 

L’autre univers est celui créé par mon doctorat en études bibliques, qui exige une étude exhaustive, une articulation convaincante des idées et une preuve solide pour toute déclaration prétendument fondée sur l’Ecriture. Dans cet univers, je suis constamment appelé à remettre en question les hypothèses théologiques et, soit présenter des preuves solides soit placer des choses sur une base (très) provisoire. C’est un endroit inconfortable à habiter, un endroit où l’interrogation prend la prééminence sur la croyance. C’est avant tout un lieu où l’humilité remplace l’affirmation interprétative. 

Cependant, contrairement à mes amis adventistes des années 80, vivre dans la dissonance continue de ces univers parallèles ne m’a pas emmené dans un endroit où je pense devoir rejeter l’adventisme. Au contraire, réalisant qu’une certaine interprétation adventiste peut être incorrecte m’a convaincu que l’Église adventiste doit avoir, en tant que dénomination chrétienne moderne gagnante, plus à offrir au monde qu’une interprétation prophétique. 3 Je suis convaincu que ce mouvement a une place spéciale dans le cœur de Dieu et une mission spéciale dans le monde d’aujourd’hui. Elle continue d’être mon église. Mon expérience en tant exégète de la Bible me fait dire que nous avons cédé à la tentation de conserver la tradition au lieu de continuer à étudier les Écritures. Nous avons surestimé notre position et tiraillé « les preuves » afin de confirmer notre «identité prophétique. » Et franchement, voilà tout ce que 1 844 est vraiment, cela ne fait que cajoler notre ego identitaire, et ne représente pas grand-chose pour le croyant. Je peux croire que Jésus a été mon intercesseur parfait depuis son ascension sans compromettre ma relation à Dieu. 

L’Adventisme a été poussé dans un coin théologique où la moindre question à propos de 1844 donne lieu à l’indignation et à une pieuse « déchirure de vêtements ». « Le fondement même de l’adventisme sera supprimé! » expriment des voix stridentes. Mais cette position est artificielle. Je refuse de croire que la pertinence de l’adventisme repose sur une interprétation prophétique solitaire. Je rejette les voix qui appellent à la mise à sac de ceux qui n’acceptent pas une autre interprétation de la Bible. Dieu peut susciter un mouvement n’importe quand sans avoir besoin d’interprétations prophétiques douteuses. Nous devons avoir l’humilité d’accepter que nous avons peut-être eu tort sur toute la ligne  concernant la nature et le calendrier du ministère sacerdotal du Christ dans le ciel. 

Je prédis que beaucoup vont voir cet article et toutes les tentatives pour sonder des problèmes de 1844,  comme des tentatives sans conséquence de supprimer un repère doctrinal colossal. Mais je crois que Ellen White avait d’importants conseils en ce qui concerne la rigidité doctrinale quand elle a écrit les mots: «Il n’y a aucune excuse pour quiconque de prendre la position qu’il n’y a plus de vérité qui doivent être révélée, et que toutes nos positions scripturaires sont sans erreur .  Le fait que certaines doctrines ont tenu lieu de vérité pendant de nombreuses années par notre peuple n’est pas une preuve que nos idées sont infaillibles. Les années ne péroreront pas la vérité, et la vérité peut être juste. Aucune vraie doctrine ne perdra quoi que ce soit à être examinée de près. »(Review and Herald, le 20 Décembre, 1892, italiques fournis). » Si les piliers de notre foi ne doivent pas résister à l’épreuve de l’enquête, il est temps que nous le sachions. »(Témoignages aux ministres, 107). Est-il possible que cette époque soit arrivée et repartie et nous ayons manqué le bateau? »

André REIS, Doctorant en Théologie Adventiste, Spécialiste de l’Apocalypse

Protologie et eschatologie : un autre regard

Suite à un article surprenant écrit par le Docteur en théologie Richard Lehmann, paru dans une revue paroissiale de janvier 2014, je souhaite apporter quelques éléments d’un positionnement différent.

J’ai en effet appris que je faisais jusqu’alors partie d’une catégorie regardée semble-t-il avec une certaine tristesse : celle de ceux qui sont en contradiction avec « leur propre foi ».

Quelques unes des idées exprimées méritent donc, je pense, d’être abordées avec un angle différent.

Penser que la science trouverait inconséquent le retour de Jésus sur des nuages, si ceux-là ne changeaient de structure, me semble un peu simpliste. Et l’opinion selon laquelle la science aurait un « champ restreint » au regard de « l’ouverture sans limite » du domaine de la foi, me semble relever d’une mésestime surprenante, pour un érudit tel que l’est son auteur.

Disons le tout net, je ne suis ni un scientifique, ni un théologien. Mais je fais ce que tout humain est appelé à faire:  je lis, j’observe, je réfléchis et je débats. Enfin je me positionne, relativement, et de manière évolutive.

Je suis parfois surpris de certaines positions, interprétations, traditions de pensée, ou évolutions du monde. Pourtant, je me dis que chaque philosophie est le fruit d’une histoire collective, culturelle puis personnelle.

La vision de Dieu, des origines, de l’avenir, de la fin sont évolutives, y compris dans la Bible. Il nous plait à nous autres, êtres humains, de cadrer, normaliser, et dogmatiser. C’est populaire, ça étalonne la pensée, et classe les personnes. ça dit ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, ce qui est moral et ce qui ne l’est pas, ce qui est cohérent et ce qui ne l’est pas.

En parlant de la Création selon la Genèse avec des amis littéralistes, j’ai l’habitude de prendre l’exemple des aventures d’Asterix et de Cléopatre, dans lesquelles, après la construction en un temps record des bâtiments, (ce qui, aujourd’hui, ne semble plus insurmontable compte tenu de l’évolution des technologies), notre druide éternel Panoramix plante des glands magiques qui engendrent instantanément des arbres plantureux, et créent en quelques heures un jardin luxuriant en l’honneur de la grandeur Egyptienne et de Cléopatre. Une fable comique, convient-on, dans laquelle se cache tellement de sens cachés, de révélations sur l’être humain sur la société, le monde… Il appartient donc au lecteur de mettre en mouvement cette fable pour se l’approprier en tant que source de réflexion et de positionnement. C’est d’ailleurs le propre de l’art, de la poésie, de la science fiction, de la peinture… Tout cela parle à l’âme. et l’Ame c’est la vie.

Mais revenons à notre fable : qui peut y croire? L’on traiterait d’enfant encore allaité toute personne dont la pensée serait captivée par cette magie! Des glands traités dans une potion magique, se jouant des lois de la vie et défiant les années de pousse nécessaires à des arbres!

Si Dieu est hors du temps, il est le maître du temps. Toute la Bible mentionne le temps de Dieu comme étant le résultat de l’attente indéfinie d’un instant inconnu. Notre monde est dans le temps et l’univers raconte le besoin de temps de la Vie, des êtres, du monde. Alors…

Restons « bibliques » et reprenons donc un certain nombre de déclarations de Jésus : « que celui qui lit fasse attention » à propos d’une prophétie de Daniel; « qu’est-il écrit, que lis-tu? » à l’adresse du légiste qui interpelle Jésus sur le moyen d’obtenir la Vie Eternelle; « vous ne comprenez ni la puissance de Dieu, ni les Ecritures » déclare Jésus aux Saducéens qui se moquent de la résurrection!

Oui,  Jésus interpelle souvent ses interlocuteurs ou ses contradicteurs sur leur lecture, leur interprétation, leur compréhension des Ecritures. Que n’en serait-il pas de même pour nous? Au travers des deux testaments, nous voyons la lente, très lente progression de la vision humaine de Dieu, la longue et infinie élaboration de la compréhension de choses insaisissables. Le tragique besoin de magie des sociétés humaines. L’imparfaite dissociation entre un Dieu Tout-Autre et les dieux fait de main et d’esprit d’homme.

Le deuxième commandement est particulièrement intéressant et très peu connu de notre recherche communautaire. « Tu ne te feras pas d’image taillée ni de représentation quelconque de ce qui est… ». Je suppose que la réaction inconsciente de beaucoup d’entre nous est de l’ordre du « non concerné » : on n’est pas comme les catholiques, les orthodoxes, les animistes etc… qui adorent ou vénèrent des images et/ou des idoles tangibles… Et pourtant!

Il me parait possible à partir de ces préambules de proposer une autre approche des ces textes fondateurs.

Prenons tout d’abord les textes génésiaques : Les intentions de ces passages sont multiples, ils vont de la démythification des origines en milieux polythéistes et idolâtres à une éducation à l’humilité (juste positionnement), une glorification du Sabbat, une école de repos et de liberté, en passant par une différenciation égalitaire de l’homme et de la femme, le rejet de la confusion, et la création du temps, bien entendu. La liste est loin d’être exhaustive! Peut-on alors affirmer qu’une autre intention est de nous dire en combien de temps et quand (à peu près) a eu lieu cette Création?

Il me semble raisonnable et non dangereux de penser que le texte de la création nous hurle qu’il ne faut pas le prendre à la lettre. La pensée hébraïque a beau être loin de notre pensée moderne et peut-être post-moderne (quoi que..?) je crois qu’elle parle aussi à notre raison aujourd’hui. Autant de magie et d’incohérence faisant insulte au bon sens « paysan », pour un texte qui démythifie, cela me semble hautement improbable! Je ne pratique pour autant pas non plus ces tentatives des uns ou des autres qui consiste à vouloir calquer les audacieuses hypothèses des scientifiques à un ode à la création, ou bien encore à fermer les yeux sur ces incohérences pour croire, en prétextant une foi pure, à une littéralité du récit.

Le texte me crie de ne pas m’attacher aux images magiques qu’il me renvoie, mais de chercher derrière et autrement ce qu’il veut dire et me dire.

TOUT, absolument TOUT est possible au Tout-Autre. Mais ce n’est pas parce que l’on dirait « c’est Dieu qui fait cela » que ce n’est pas de la magie! Dieu n’est PAS un magicien, et il abhorre la magie! Dieu est Créateur et l’Etre fait naitre. Cette conviction me suffit pour observer avec énormément de curiosité et d’intérêt les interprétations et modèles mathématiques issus, ou à l’origine, des observations scientifiques dans l’infiniment petit et l’infiniment grand. Le champ de la science est aussi peu limité que celui de la foi. Et la science contribue à augmenter ma foi car elle démystifie la nature tout en m’émerveillant de la Parole Créatrice du Tout-Autre…Cela me suffit disais-je, aussi, pour m’attacher à creuser, creuser, et creuser sans m’arrêter, pour faire vivre en moi cette Parole d’Amour, de Salut.

Le récit de la Création se termine en apothéose par l’institution du sabbat. Selon certains esprits peut-être craintifs, l’abandon d’un fondamentalisme littéraire en la matière saperait tout simplement la validité et l’intégration du Sabbat dans nos croyances, puisque celui-ci est directement relié à la Création en six jours dans de nombreux textes. Je ne conteste pas ces textes, mais j’aimerai que des esprits de bonne volonté et plus savant que moi se donnent le droit de relire ces textes et de les remettre en perspective. « Qu’est-il écrit, et que lit-on? »

Le Sabbat est LE signe du caractère et Désir Divin pour l’homme, il est la volonté du Créateur de la dignité de ses créatures. Il est la loi de non-mercantilisation des êtres entre eux. Il est la parole qui appelle l’homme à se reposer de ses oeuvres, à les contempler, les présenter à Dieu et décider ou non qu’elles sont bonnes. Il est le souvenir que « tout est très bien » quand la Parole sort. Le Sabbat est légitime en lui-même si besoin était, mais j’oserai avancer ici que le fait qu’il soit le couronnement de la création est la première révélation de l’incarnation divine.

Je ne crois pas au littéralisme du récit génésiaque. Mais je crois que Dieu à créé le monde et qu’il nous laisse la possibilité de chercher par d’autres méthodes les réponses au « quand et comment ». Je crois que Dieu respecte le temps, et qu’il nous le montre. Je crois au mystère de la Création. Il ne me parait pas plus fou de croire en la création que de croire en l’improbable de l’apparition de la vie par hasard. Mais prenons garde à cette forme d’obscurantisme, sous prétexte de loyauté à la Vérité, naturellement consubstantielle aux fondamentalismes. Que ceux qui adhèrent à cette position schizophrène ne se moquent pas de ceux qui acceptent de faire grandir leur foi en rejetant la magie d’un certain littéralisme tout en acceptant le mystère d’un texte éternel et abyssal.

Venons-en maintenant aux textes eschatologiques. Trop nombreux pour être cités ici il sera aisé au lecteur d’en faire le recensement. Cependant un rapide examen des différentes descriptions du « paradis » sont pour le moins antagonistes et paradoxales.

« La Bible est cohérente » déclare l’auteur cité en-tête, et je l’approuve! Que l’on me permette d’ajouter qu’elle n’est pas réductrice.  Elle explique par exemple que Jésus avait changé de nature à sa résurrection : apparaître et disparaître, traverser des murs, s’élever sur des nuages, après avoir fait route pendant plusieurs heures sans être reconnus par ses disciples…? Être monté vers son père puis être redescendu de nouveau pour repartir après quarante jours…? Tout en ayant les cicatrices de sa passion… Tout cela révèle un monde « parallèle » mystérieux -mais bien présent- dont les lois, physiques notamment, nous sont actuellement inconnues. Le fait que Jésus revienne sur les nuages, ou que de rien réapparaissent des êtres disparus depuis longtemps, relève donc de cette économie. Nous pouvons également approcher ce mystère dans la conception, la naissance et la survenance des âmes vivantes dont nous faisons partie, ici-bas. Pour ce qui concerne tout cela, l’Apôtre Paul déclare que « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». Tout cela ne me choque  donc guère et me semble faire partie d’un monde et d’aptitudes que je ne connais pas, mystérieux mais certainement pas stupide.

Parlons donc « des enfants qui joue avec les prédateurs », « du loup et de l’agneau qui paissent ensemble », « des hommes et des femmes qui ne se marient plus » (mais qui font des enfants!), des maisons bâties, des vignes cultivées, alors que la Jérusalem nouvelle est un cube parfait gigantesque, etc… Si nous acceptons le littéralisme de la genèse alors nous devons accepter le littéralisme de ces descriptions fantasmagoriques et incohérentes. Quelle aventure sans espoir! De l’ordre des Saducéens qui émettaient la réelle difficulté suscitée par les noces successives d’une malheureuse épouse au regard de la vie conjugale au Paradis. Jésus nous répondrait de même : « Vous ne comprenez ni la puissance de Dieu ni les Ecritures »! Loin de moi la prétention de la comprendre! Mais au moins d’adopter une attitude humble et espérante. Humble car je veux me positionner comme écoutant et respectant le mystère tout en continuant à chercher les significations dedans et au-delà des mots et des images. Pas de doute crasse, de dénigrement ou d’obscurantisme en forme de « foi ». Et espérante car « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». Les textes nous crient de ne pas nous attacher à la lettre et aux images. Dieu hait la magie, mais sa puissance est infinie. La Vie Eternelle a déjà commencé pour moi et le Royaume de Dieu est parmi nous.

Soyons clairs : Encore une fois, je crois Dieu tout à fait capable de créer tout instantanément. Mais est-ce sa nature? Quelle image adorons-nous (avec sincérité) de Dieu, des miracles, des récits de surnaturel? A quoi tout cela me sert-il? A quoi est-ce que je m’attache? Aux signes? Ou à leur Auteur?

Entre le dénigrement de l’Ecriture par une science au « champ restreint », et une attitude, à mon avis restrictive, qui prétexte la « foi et son ouverture sans limite » pour restreindre la pensée, il y a une voie plus satisfaisante et plus risquée, (quoique!!), mais rassérénante, que je choisis chaque jour, et qui consiste à traquer et combattre mes « images taillées », et à laisser Dieu devenir et présenter à mes yeux et dans mon coeur ce qu’Il veut être et faire en moi et autour de moi, au travers de ces textes merveilleux, mystérieux et pédagogiques.

Olivier Sommer, février 2104

 

Couleuvre verte et jaune

Hier une belle journée dans tous les sens puisqu’une visite d’amis très attendus nous a permis de profiter du beau temps, de notre merveilleuse nature environnante, et d’apercevoir dans toute sa splendeur l’une des espèces de serpent qui m’intéresse particulièrement. Nous avons failli marché dessus tellement cette belle couloeuvre verte et jaune était peu effrayée. je l’avais enjambé sans m’en rendre compte et c’est Benoît qui faisait plus attention qui l’a vue : en travers du chemin, longueur estimée à près d’1,30m, cette jeune bestiole a bien tenu la réputation de l’espèce : côtoiement détendu des êtres humains qui ne la chassent pas, hardiesse, voir effrontée, elle est restée parfaitement immobile au milieu de 5 personnes étonnées de la situation, me laissant même le temps de la prendre en photo. Elle n’a pas voulu se laisser attraper et a filé dès que je me suis approché pour cela.

@ plus

Olivier S.

IMG_7242Couloeuvre verte et jaune, En travers du chemin, à l’aise

IMG_7241

Du jour du repos en politique

(02/11/2008)

Il y a quelques millénaires de cela, la quatrième d’un ensemble de dix paroles énonçait clairement :

« …Souviens-toi du jour chômé pour le mettre à part : pendant six jours tu travailleras, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour, c’est un chômage…que tu mettras à part….Tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille ni ton serviteur ni ta servante, ni tes bêtes, ni les immigrés qui sont avec toi… » (traduction libre et partielle)

Texte ancien, décrié ou fanatisé, rejeté ou constitutif, source de destruction ou de structuration…Quoiqu’il en soit : texte fondateur.

Au delà des émotions primaires, il peut être convenable de nous pencher sur ce que nous pouvons entendre.

1) « Se souvenir »: nous, humains, oublions. Nous oublions ce que nos pères ont découvert. Nous oublions vertus ou malheurs, conséquences de tels et tels choix de vie ou de société. Nous nous oublions nous-mêmes, nous oublions jusqu’à notre présent et même notre avenir. Se souvenir est donc primordial. Se souvenir c’est chercher dans notre mémoire personnelle, familiale, collective, historique, le pourquoi originel des choix, des orientations, des décisions, des enseignements, des lois. Se souvenir permet de défaire ce qui a été mal fait, de refaire quelque chose de mieux. Se souvenir permet de continuer ce qui est positif. Se souvenir permet d’actualiser une chose bonne dans son principe, mais inadaptée pour notre situation. Se souvenir c’est fonder nos choix.

2)« Jour chômé » : Nous, humains sommes contingentés par le besoin de se nourrir, se vêtir, s’abriter, et protéger nos enfants, le travail est donc est une nécessité. De plus, dans notre culture occidentale, le travail est aussi constitutif de l’identité individuelle et sociale et entre donc dans les besoins psychologiques fondamentaux de l’être. Pourtant, de tous temps, le travail est autre chose que réponse à tout cela. Instrument primordial de l’autonomie et de la liberté de l’être, il est malheureusement dévoyé par nombre d’entre nous qui font du désir de pouvoir et de possession, ou du sentiment de devoir exacerbé, ou culpabilité mal placée, etc. prétexte à s’asservir et/ou asservir les autres en oubliant le nécessaire repos, l’arrêt indispensable, la suspension primordiale, dont l’être humain a besoin pour prendre de la distance par rapport à la contingence, vivre ses relations : à lui et aux autres, pour aimer et être aimé, pour regarder grandir les enfants, pour entourer nos aînés, pour accompagner les mourants. Pour ne rien faire. Ëtre dans le gratuit , l’apparente inutilité, la vacance, le manque. Pour être dans la confiance aussi. Chômer un jour sur sept, c’est vivre et exister gratuitement. Et plus, peut-être, aujourd’hui qu’hier, avons nous besoin de gratuité vitale. Régulièrement.

3) « Six jours pour accomplir tout son ouvrage » : Contenir. Oui, faire contenir tout notre ouvrage sur six jours, pour chômer le septième. Le travail peut nous posséder 6/7ème des jours. A l’être humain de « faire contenir » tout son ouvrage dans ce 6/7ème. C’est faire preuve d’initiative, d’organisation et de confiance pour l’impossible que de contenir tout notre ouvrage dans un temps limité et différencié. C’est une limitation de notre toute puissance, un rappel à la sérénité et l’humilité. 6/7ème, c’est émettre l’idée d’une valeur du temps, différenciée du dernier 7ème, mis à part.

4) « Pour tout le monde, y compris les bêtes (outils de production), et les immigrés (souvent en situation de fragilité, de tous temps !) » : Un jour à part pour TOUS : Ne considérons pas certaines catégories hiérarchiques ou sociales comme différentes et ne nécessitant pas des mêmes dispositions favorables. Ce 1/7ème là, il est liberté pout tous et chacun. Il est repos des bêtes et des machines, des patrons et des ouvriers, des indigènes et des étrangers, des hommes et des femmes, des adultes et des enfants. Ce jour de chômage est littéralement « mis de côté pour ». Il n’est pas un jour comme les autres, il m’apprend à différencier. Différencier, il y aurait tant à dire sur ce mot : dans la société que nous formons il y a tant de domaines que nous dédifférencions, pour le malheur bien souvent, de beaucoup, voire de tous. Différencier c’est identifier. Ce jour-là est différent, il est liberté : pour tous : pas d’exclusion.

Alors, de quoi se souvenir ? L’être humain est-il plus surhomme qu’avant ? Avons nous une société mieux portante qu’avant ? L’indifférenciation des jours fera-t-elle progresser la société ? Le nombril de notre vie que sont : le pouvoir d’achat, le « quand je veux comme je veux », le « tout de suite et maintenant », la possession, l’asservissement mutuel, le commerce au-dessus de tout autre considération, structurera-t-elle chacun de nous, et les plus faibles en particulier ?

L’être humain n’est il fait que d’achat et de consommation ? Sommes nous aveugles sur le mur dans lequel nous fonçons en mesurant la santé de notre civilisation et de notre pays à la seule aulne des chiffres de la croissance et du commerce extérieur ?

La valeur d’une entreprise se mesurera-t-elle toujours à la seule valeur de ses actions et de leur rentabilité ?

Quand le politique reprendra-t-il la place qui lui convient : rendre la nation auteur de sa destinée, en présentant une vision holistique de la nation et de l’individu, en limitant l’invasion des forces financières dans les décisions de société, en faisant l’autocritique des évolutions de pensées qui ont conduit notre pays dans cette situation de misère sociale et humaine ?

Que nous soyons dans un monde globalisé, certes ! Mais que cela ne soit pas prétexte à abandonner l’ambition d’être une nation de valeurs, une nation qui va vers le haut et qui serait de nouveau un modèle et un repère pour d’autres.

Est-ce le véritable désir des personnes composant les foules que le « j’ai donc je suis » ? Ou est-ce l’expression la plus facile et connue d’une méconnaissance de ses vrais désirs, une impossibilité de dire son mal-être et de la regarder en face ? Un jour par semaine, j’ai la liberté d’avoir un temps pas comme les autres, qui m’appartienne, qui me permette, de vivre autrement avec les autres ayant cette même liberté.

Olivier SOMMER

Actualisation du site

(06/09/2008)

Parfois, au hasard des rencontres, l’on me dit : « tiens, au fait, je ne vois rien de neuf sur ton site ! », ou alors « tiens, au fait, je ne suis pas allé sur ton site depuis bien longtemps, qu’y a-t-il de neuf ? »

Bof. Il faut que je précise. Il y a bien longtemps (pour moi une éternité, pour le calendrier 4 années depuis 06/2008), je quittais une vie, une région, un personnage, un désespoir et des réponses et certitudes millénaires, centenaires, décennaires..Bref…

J’avais fait le recensement de mes « amis » de là-bas, et devant le nombre de tristesses sincères de me voir partir, je promis de les tenir informer par l’intermédiaire de ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui un « blog ». Je l’appelle « mon site ».

Mon site devait me servir aussi d’exutoire, de réflexion ouverte, de thérapie aussi.

Puis vint le temps de la réinsertion dans le monde du travail, avec des horaires difficiles, une moins grande disponibilité, et surtout un apaisement progressif, probablement aggravé par une léthargie psychologique provoquée par la routine et l’abus de travail et d’activité.

Les périodes d’écriture coïncident donc désormais avec les immobilisations forcées (opérations des poignets, maladies ou autres), mais aussi avec les grands moments que je vis intensément, et qui orientent de manière significative ma pensée, mes actes, mes décisions, mon mode de vie.

Oui mais. ce qui précède n’est pas une science exacte.

Vous ai-je précisé par exemple que la société HOLIS FROID que j’ai créée et que je dirige, a embauché cet été deux CDD de 1 mois pour l’un et 15 jours pour l’autre, pour répondre à l’afflux de commande et de travail ?

Oui il y a du travail. Nous venons de terminer notre première année fiscale, et sans avoir le bilan, je peux tout de même affirmer que nous avons beaucoup travaillé, beaucoup dépanné, et pas mal vendu. La spécialisation grandissante d’HOLIS FROID en Froid de transport nous permet une pénétration de plus en plus importante sur la Dordogne. Mais c’est encore le froid traditionnel et le SAV qui font notre principal CA. Une apparition modeste dans le marché de la climatisation d’engin nous permet de jouer un véritable rôle de service dans notre milieu rural. Bref, d’excellentes perspectives d’évolution, une année plutôt réussie et beaucoup de satisfactions pour mes associés et moi-même.

Mais il y a aussi le permis de conduire de Yann en novembre 2007, sa première voiture détruite 3 semaines plus tard sur une plaque de verglas en virage, et 4 mois d’efforts et de travail en pleine année du Bac pour la rembourser à qui de droit, pari réussi ! ainsi que le BAC, avec mention Bien en plus, le salopard ! Cette semaine Yann est rentré en 1ère année de BTS « MCI » (moteurs à combustion interne), à Périgueux. HEU REUX.

Ne devrais-je pas parler, incidemment, d’un changement radical dans la composition du foyer ? Puisque Mélissa, ma fille aînée, vient de partir de la maison au 1er septembre. Elle est désormais résidente en foyer de vie à 60 km d’ici. Nous nous préparions à ce moment depuis deux ans déjà, attendant qu’une place se libère. Après une semaine, elle est très heureuse d’y être.

Quant à Manu, mué il a, grandi il a, moments d’absences il a, faire du vélo il aime, problèmes réguliers avec la nourriture il a, et toujours en IME à Bergerac il est. Egal à lui même, en pleine adolescence.

Et Jacqueline, toujours fidèle au poste ma tendre compagne, sa 3ème année en « contrat d’avenir » dans les écoles environnantes, ces fameux contrats sans avenir. Une possibilité de voir se transformer son CDD en CDI avec changement de compétences, ne rêvons pas ! Et pourquoi pas ?

Allez, @ plus !

OlivierS

Meeting de François Bayrou à Limoges

Il était plus que tentant d’aller à la rencontre de l’homme pour qui je vais voter. Limoges est à deux heures de la Roque Basse, une sortie ne nous ferait pas de mal, et l’honnêteté intellectuelle me commandait d’aller vérifier in situ si l’équilibre du personnage se vérifiait en « live ».

Bien évidemment, la décision de voter Bayrou s’étendant chez mes proches, mes voisins et mes amis, on me demandait un compte rendu. Je leur ferai un rapport oral mais le web sera le vecteur initial de mes réactions et de mes photos.

attente_cameraOn règle la caméra en attendant françois

estradeEstrade

La réunion devait débuter à 16h30 et nous arrivâmes, ma compagne et moi à 17h00. Sereins car je me doutais qu’un homme politique en campagne, en Saône et Loire la veille, à la Courneuve dans « la cité des 4000 le matin même, ne devait pas forcément avoir le don d’ubiquité… !

spectatriceSpectatrice impatiente

L’homme arrive à 17h50, dans une salle bondée, surchauffée par un manque d’aération structurel, et chauffée à blanc par l’impatience de l’entendre galvaniser ses troupes.

On trouve de tous les âges je vois des jeunes de 15 ans et des personnes du 4ème âge. Handicapés physiques et mentaux sont aussi représentés, ainsi que différentes origines professionnelles et ethniques.
Bayrou_1Dubitatif, Devant la prose du premier interlocuteur

François Bayrou prend la parole après un court discours de bienvenue du personnage UDF local.

Bayrou_2Bayrou attentif

Bayrou_3Discours

Le héros du jour est calme. Il émane de lui une autorité naturelle très forte. Il est proche des gens et du groupe que nous formons. Sa voix est claire, il parle posément mais de manière vivante et expressive. Il parle sans note, son discours est basé sur les expériences récentes et passées.

Bayrou_4Amusé

Il énonce son programme simplement clairement. Son discours est plein de sympathie pour les faibles et ceux qui désespèrent. Pour autant il ne parle pas la langue de bois. On sent l’homme de terrain, je vais même jusqu’à me faire la réflexion : « comment se fait-il qu’un homme aussi proche du peuple, aussi simple dans son contact, est à quelques encablures de diriger la 5ème puissance de notre planète ?

Bayrou_5Bayrou

Une heure à peine est passée et après une marseilleise bâclée François est hapé par son équipe de campagne : Les bureaux de France 3 Limousin sont à deux pas et il reste 2 minutes avant le direct. .

Bayrou_7Départ

Il « perd » pourtant quelques précieuse secondes pour saluer les militants qui l’encouragent.
Bayrou_8Sympathie

J’avoue avoir été ému par la sincérité de François Bayrou, par son humanité et ses convictions.

Bayrou_9Salutations

Je ne suis pas le seul. Jacqueline est convaincue : nous serons ensemble dans 6 jours pour voter Bayrou.

Olivier S.

La Grappe de Cyrano 2007

Quand St Martin des Combes n’est pas connue que pour son maire ayant parrainé le fils d’Hitler…

Cela fait 2 ou 3 ans que cette manifestation motarde, adulte maintenant (elle fête cette année sa 20ème édition), passe sur notre commune, et y organise l’une des spéciales (parcours chronométré), en l’occurence la première cette année.

En quoi cela consiste-t-elle ?

Il s’agit d’un parcours d’enduro au travers des périgords pourpre, blanc et noir.

Il se déroule chaque année au début du printemps, et est désormais internationalement reconnue dans le monde de l’enduro et du motocross. Organisée par un motoclub local très actif, cette course se fait en farmonie avec des associations de protection de l’environnement, et provoque des retombées économiques de l’ordre d’un million d’euros pour les zones concernées, génère un emploi à plein temps toute l’année, et l’adhésion de 600 à 800 bénévoles !

Autant dire que cela vaut le détour.

Cette année, la Grappe se déroule du 6 au 8 avril. Et votre journaleux du samedi était donc présent à 500 m de chez lui pour prendre la température et quelques photos de la première spéciale.

Levés de bonne heure, Yann et moi avons enfourché ma Bandit et rejoint la zone concernée. .
belge_1 petite partie facile du parcours de la spéciale

4.5 km de terre à fraise, argilo calcaire et moyennement piégeuse : il ne pleut pas cette année…

. Je vous laisse regarder quelques (grands ou pas) noms du monde motard s’envoyer en l’air à côté de la Roque Basse…

fretigne_1champion d’europe motocross, 5 fois champion de france Enduro…

Peterhansel_1Peterhansel, Qui ne connait pas son nom : 9 victoires au Dakar..

Peterhansel_2Peter..en selle : Encore lui

Snucques_1S. Nucques, Vainqueur mototour 2004 et 2005

Snucques_2Nucques à l’atterissage

BourgeoisBourgeois, bien réveillé, en écrase

CurvalleJ. Curvalle,3e de la Grappe 2006

Klutz_1T. Klutz, Champion de France 2005..

fille1Mélissa : sa première grappe à 15 ans

fille2Interview de Mélissa par France Bleue Périgord

belge_1On vient de Belgique pour la grappe

anonyme2Sacré dévers !

anonyme1A. Devisy, Joli saut !

fraise_du_perigordLa fraise du Périgord,Le sponsor (organisation d’appellation contrôlée) de cette spéciale fait goûter l’un de ses produits à chaque concurrent. Il s’agit en l’occurence de la Garriguette. Si vous ne savez pas ce qu’est une vraie fraise, alors deux variétés : Gariguette et Mara des bois..

J’ai encore quelques belles photos en réserve…

si vous en souhaitez….

A bientôt

Olivier

Fête de la musique 2006 à Périgueux

(24/06/2006)

Pas de texte pour cet article, mais de belles images pour exprimer le bonheur de moments rares.

IMG_2650web21 heures, il fait bon, les filles sont jolies et la musique arrive…

IMG_2653web21 heures, le jour le plus long, ça fait sourire

IMG_2656web21 heures, drôle de chapeau pour cette beauté

IMG_2658webregarde le photographe, là-bas !

IMG_2667webDe loin mes préférés…

IMG_2675webchanteurs de rock

IMG_2680webde blues…

IMG_2682web-2de la soirée…

IMG_2691webdu renfort itinérant

IMG_2696webarrive et déchaine l’assistance

IMG_2708webun peu de cranberrys, ou qq chose d’approchant

IMG_2718webfascine…

IMG_2720webla vieille ville de périgueux

IMG_2722webrecèle bien des lumières

IMG_2729webdu violon joué moderne

IMG_2738webau milieu de l’ancien

A une autre année pour une autre belle fête

La Sologne en Dordogne : des moutons à la Roque Basse

Pour ceux qui en doutaient, c’est fait !

Mouton_RB_2Des moutons à la Roque Basse

Rappelez-vous, vous mes amis, ces fameux projets de moutons. « Des lubies » pensiez-vous. »ça lui passera » sentenciez-vous…

Ben oui, c’est arrivé. Je les ai mes moutons. Et ils sont beaux !

Mais je n’aime pas l’info brute. Elle n’a finalement aucun intérêt en elle-même. Elle ne peut être digne d’écoute et d’attention qu’au sein de l’Histoire, ou au moins d’une histoire.

Alors je vous raconter une histoire, ou plutôt, je vais vous dessiner un mouton – des moutons…

Au 18e et 19e siècle, St Martin des Combes faisait partie du grand vignoble du Périgord Poupre, et plus précisément du grand Bergeracois. Je ne sais encore quel genre de vin on y produisait, mais ce qui est sûr c’est que l’on envoyait la plus grande partie de la production vers la région Bordelaise et son port, et de là vers… A l’époque, la forêt reculait devant les vignes.

Parallèlement, et plus anciennement, il y avait aussi des troupeaux d’ovins. En témoignent deci-delà quelques vieilles « cabanes » de bergers, en fait des huttes de pierres sêches, bâties sur le sommet de petites collines dominant des pentes arides et caillouteuses, parsemées de nombreux fossiles. Les bergers les bâtissaient pendant que les troupeaux paissaient.

Enfant, je parcourais joyeusement ces collines en rêvant à ces troupeaux fantômes… et à leurs hypothétiques bergères.

Cela fait 30 ans. A l’époque, de petits agriculteurs cultivaient leurs terres, et faisaient paître des élevages de bovins. Malgré la baisse des revenus agricoles, les exploitations se maintenaient grâce aux doubles emplois des fermiers. Maçons ou ouvriers du bâtiment l’hiver, pour ramener quelque argent frais dans le ménage. Pour reprendre le collier de la culture et des moissons au retour de beaux jours.

En 1982, quand je passai une année à la Roque Basse, pour m’essayer à l’agriculture, je repoussai la végétation anarchique et envahissante grâce au gyrobroyeur. Appareil attelé derrière un tracteur qui broie les végétaux grâce à une grosse lame tournante, un peu comme une tondeuse géante.

J’avais donc relativement bien nettoyé l’ensemble des 12 hectares qui m’étaient confiés.

Mais, pendant 22 ans d’absence des propriétaires légitimes, et aucun entretien régulier, en même temps que la désaffection des chemins vicinaux et l’abandon des terres environnantes faute de cultivateurs, notre paradis fut envahi par des taillis anarchiques et épouvantablement épineux. (Epineux que nous appelons ici « prunus maxima emmerdatus »).

Quelques tentatives de nettoyage par le gyrobroyeur, quelques pneus crevés en plein champ, les casses mécaniques de notre bon vieux tracteur fêtant ses 41 ans cette année, et enfin l’énorme quantité de temps et d’hydrocarbures nécessaires m’ont amené à l’idée que des moutons seraient un style de débroussaillleuse intéressant.

Quand Eric et andré sont venus vivre leur retraite ici dans leur propriété, je leur avais soumis l’idée, mais des animaux, cela signifie contrainte et un certain dévouement en ce qui concerne les soins réguliers. Donc…un voeu pieux, mais qui faisait son chemin dans ma tête.

C’est donc tout naturellement que j’évoquais le désir d’avoir des moutons auprès des amis avec lesquels je partageais mes projets de changement de vie en 2004. Certains se sont moqués de moi gentiment et se sont amusés de l’idée très tendrement bien sûr… Vous souvenez-vous ?

Il fallait seulement que je trouve la race qui convienne aux exigences du terrain et de la situation.

Ce fut chose faite fin 2005.

Mme_Pin_Yann_agneauBerger en herbe: 4 jours, au biberon car la fratrie est trop nombreuse…

Le Solognot, c’est son nom, vient donc de Sologne. Il est adapté aux terrains très pauvres. Le bord de la Loire étant sablonneux il ne garde quasiment pas d’éléments nutritifs dont les plantes nourrissantes ont besoin. Beaucoup de sous-bois ligneux, et de grands espaces qui obligent les bêtes à parcourir de grandes distances pour se nourrir. Le Solognot est parfaitement adapté à cet état de chose. Ces moutons ont la faculté peu commune de manger en marchant. Ils sont d’une résistance exceptionnelle, aussi bien physique que physiologique.

J’avais besoin de ce genre de bêtes, véritables débroussailleuses vivantes, capable de valoriser les friches, et exigeant très peu de soin. Vous imaginez aisément pourquoi !

Trois brebis et un agneau mâle pour commencer. Un voyage en Sologne, une rencontre inoubliable avec un couple d’éleveurs extraordinaires, Alain et Nicole PIN, dont l’histoire m’a particulièrement touchée.

Mr_PinLe berger et le biberonné

troupeauTroupeau de Solognots, Une race sauvée de l’oubli

Tete_agneauJuste sevré : Un futur géniteur

attrape_moi_si_tu_peuxAttrape-moi !…si tu peux..,C’est la course, heureusement il y a les chiens.

Voilà plus d’un mois qu’il sont là, et c’est un régal de les voir se régaler d’un rien.

mouton_RBTondeuses, La mise de fond est conséquente, mais au prix de l’essence, c’est économe à la longue.

Mais ici tout pousse tellement bien et vite, qu’ils ont beau manger et manger encore, c’est comme si ils n’étaient pas là. Tant pis. On attendra qu’ils se reproduisent.

Pour les amateurs, la viande est excellente, et l’année prochaine, à Jérusalem….un petit méchoui de derrière les fagots… pour les intéressés, s’inscrire à l’avance.

A bientôt,

Olivier S.

Survol de Brokeback Mountain

Un été, une montagne, deux hommes, une passion violente, l’homosexualité, une vie, des couples, des enfants, la mort, plein de questions non résolues…

A l’entrée du cinéma de Bergerac : la police. A la sortie : la police. Pourquoi ? Prévenir les dégradations et l’agressivité d’éventuels « casseurs de PD » ? Ou ronde normale ?

Le lendemain de notre soirée, le multiplex met en place une séance spéciale à prix réduit suivi d’un débat.

Mais ce soir il n’y a pas beaucoup de monde, malgré la prolongation exceptionnnelle du « Printemps du Cinéma » à Bergerac.

Le film est extrèmement bien réalisé : de très bons acteurs, de très beaux paysages, une histoire totalement vraisemblable, des sentiments biens rendus, des scènes franches et parfois brutes, mais filmées avec une grande pudeur. Je trouve.

De ci, de là, je lis et j’entends par différents médias, la promotion et l’encensement de ce film comme étant une leçon de morale magistrale envers les homophobes, les religieux rétrogrades et les bourgeois trop bien-pensants et hypocrites. J’en passe et des plus vertes.

J’ai dû prendre sur moi pour aller voir, ce film. J’ai beau être sensible aux belles histoire d’amour, et être parfois amateur de belles scènes érotiques, je ne peux m’empêcher d’éprouver un profond dégout à la vision de deux hommes qui se touchent sexuellement (ne serait-ce qu’un baiser profond !) !

Les forums débattant du film, que j’ai parcouru sont une suite lassante d’attaques mutuelles en règle, entre ceux qui sont « pour » et ceux qui sont « contre ». Même ceux qui essaient d’être tempérés sont l’objet de réactions passionnées.

Mais de quoi discute le film ? Tout d’abord il raconte une histoire. Il présente des faits, des sentiments, des causes, des conséquences, des ébauches de d’explications psycho-culturo-éducative aux comportements de certains des protagonistes.

Après il y a ce que l’on voit, ce que l’on remarque en fonction de sa sensibilité, de ce que l’on cherche, et ce que l’on interprète. Par définition, tout cela est totalement personnel et non transférable. Même le réalisateur donnera une interprétation de sa création qui sera sujet à relativité.

Je n’ai pas vu dans « Brokeback Mountain » une promotion de l’acceptation simple et brute de l’homosexualité. De la même manière que les nombreux films présentant des histoires adultères, ou tout autre problème de société, ne font bien évidemment pas la promotion de ce qui serait une gigantesque « partouze » mondiale ou tout autre dérèglement de la société. Même si c’est parfois le cas.

Je pense qu’il est raisonnable d’admettre que l’art, la culture et la religion parlent de l’âme de l’humain, de l’âme de l’humanité, avec plus ou moins de parti pris, avec plus ou moins de propagande bien sûr, mais qu’il est important pour chacun et tous, de prendre du recul pour observer mieux, et pouvoir analyser, en tirer des enseignements, une meilleure connaissance de soi, des autres, de la société.

A ce titre, et à ce titre seulement, j’ai beaucoup appris avec ce film. Pas tant sur les faits, l’attachement réel qui peut unir deux hommes, ou la difficulté de vivre une telle relation dans la société américaine dans certains milieux et certains états à certaine époque.

Mais j’ai vu la difficulté d’être de ces hommes. Pas tant à cause de la société, du rejet, que leur propre mal-être profond. Dans d’autre temps on nommerait cela la culpabilité. Scandaleuse idée me direz-vous. Peut-être. Mais il me semble que cela est.

Chacun d’eux aspire à une vie normale. Comme chacun d’entre nous.

Un désir violent a changé leur vie. A bouleversé leur avenir. La volonté de l’un d’eux au moins était que cela s’arrête là. Mais le désir a été le plus fort.

De l’aveu même de celui-ci, c’est le désir qui le guide vis à vis de l’autre. Je n’appelle pas cela de l’amour. Ne vous en déplaise. L’attachement qui découle de cet amitié-désir est quelque chose qui me semble finalement naturel. Il y a des lois qui oeuvrent apparemment par-delà l’attirance normale hétérosexuelle. Ce n’est toujours pas de l’amour me semble-t-il ?

Les véritables amours que j’y ai vu, sont :

Tout d’abord celui d’Enis pour lui-même : dans son cauchemar, il veut, au-delà des drames et des démons, rester sobre, fidèle à ses responsabilités, dans son incohérence même, il reste, il apprend, il vieillit bien. Au-delà des problèmes de communication et de ses blessures d’enfance, il devient lui-même. Il ne veut pas être un consommateur de l’autre.

Ensuite l’amour de sa femme, Alma : jusque dans le divorce, elle ne le salit pas, ne l’humilie pas, ne le déshumanise pas. Alma est courageuse et loyale. Sa souffrance est-elle moins légitime que celle de jack et d’Ennis ?

L’amour d’Alma Junior, la fille ainée, qui souffre elle aussi en silence. Mais qui garde le lien avec son père, avec pudeur, respect.

Dans ce film, il y a non pas une mais des histoires d’amour.

Les questions que me posent ce film sont de cet ordre :

Dans quels méandres sommes-nous plus moralement juste ? Dans quelles souffrances somme-nous plus légitimes ? Dans quels drames sommes-nous plus purs ? Si nous gardons notre responsabilité d’action, elle reste tout de même relativement et largement influencée par nos passés personnels et collectifs ; nos histoires personnelles et collectives. Nos gènes et notre éducation.

Je garde l’opinion que l’homosexualité est une sexualité déviante par rapport à ce qui est un élément essentiel de la marche de la Vie.

Je garde pour autant tout mon respect à ceux qui vivent cette différence douloureuse. Et les rapports que j’entretiens avec tel ou telle ne sont pas différents qu’avec des hétérosexuels fidèles ou adultères.

Je continue à être en désaccord profond vis-à-vis de la banalisation de cette différence, je dirais plutôt par rapport à ceux qui en font l’apologie ou en revendiquent un droit de cité, activement ou dans une passivité coupable. Ce n’est pas ainsi que l’humanité gagnera en liberté, et en noblesse !

Mais bon, qui regardera courageusement l’Histoire des grandes Civilisations et acceptera l’évidente situation de la nôtre ?

Je suis parfois taxé d’intolérance avec ce genre de parole. J’assume simplement mon refus de la pensée unique et de la mode obligatoire !

Merci aux auteurs et acteurs de ce film de raconter cette histoire, si gravement humaine, si proche de la réalité de chacun, quelque soit son état ou sa préférence sexuelle.

Olivier S.