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Evangile et Religion : un combat singulier et universel

Evangile et Religion : le combat des titans!

Depuis quelques années, je suis en charge de responsabilités spirituelles (Evangile) et ecclésiastiques (Religion) au sein de ma communauté religieuse. Pour la petite histoire, en 2004 j’ai vécu un effondrement majeur dans ma vie, et j’ai décidé d’abandonner la « religion -et le dieu- de mes pères ».

Le rejet, complet, de tout un univers « religieux »  : avec son langage (« le patois de Canaan »), ses manières (être « spirituel »), ses codes vestimentaires (cravate recommandée, pas de jupe au-dessus du genou…) etc….

Le rejet complet d’un univers produisant en masse des vagues d’hypocrites (bien souvent malgré eux), du grec hupokrisis, action de jouer un rôle.

Le rejet complet d’une source intarissable de névrosés.

Pendant un temps, j’ai donc même abandonné cette croyance dans le Divin.  En cause : l’incapacité de « vivre l’Evangile » – pas d’apaisement et de transformation personnelle -! Que de culpabilités non résolues, que de pulsions incontrôlables! Que de souffrances indicibles et pourtant hurlées, que de souffrances infligées à mon esprit et corps défendant….

J’ai découvert la liberté le jour où j’ai rejeté le dieu de la religion et donc la peur de lui déplaire et de mal faire. 

J’ai commencé à vivre quand je me suis rendu compte que Dieu m’était TOTALEMENT favorable. Quoi que je dise ou que je fasse. Il n
‘y avait RIEN que je puisse faire qui lui fasse jeter sur moi un regard défavorable. 

L’obéissance à la loi est IMPOSSIBLE!!! Car si j’enfreins un seul des commandements je suis coupable de tous!!! 

Donc je suis coupable TOUS les jours!!! Et le problème n’est pas pour Dieu! Le problème est pour moi. Dieu n’a jamais eu besoin que Jésus meure pour être réconcilié avec nous. Jésus n’a remboursé aucune dette que l’humanité aurait eu envers Dieu. 

Nous n’avons aucune dette envers lui, aucune! Car nous ne possédons rien, qui ne nous ait été donné! 

Nous ne pouvons même pas servir Dieu, car c’est une conception de l’Ancien Testament qui est dépassée. Jésus l’a dit en toute lettre pendant son séjour sur terre. La religion nous a fait comprendre tout de travers depuis son invention! Car elle est reprise par des personnes qui n’y comprennent rien. En effet, ils raisonnent avec la sagesse de la servitude ou du pouvoir. Et même avec la venue de Jésus pour rétablir la Vérité, eh bien les chrétiens ont réussi à façonner des générations de névrosés au fil des siècles. Des névrosés qui ont peur de la liberté, comme les Israélites qui voulaient retourner en Egypte parce que là-bas il y avait des oignons et des poireaux et de la viande. Parce qu’ils avaient peur…. « L’amour parfait bannit la crainte »!

Le lâcher-prise et l’acceptation de soi sont les premiers pas vers l’acceptation de la Grâce, de la Bonté, de la Générosité, de la Tendresse, de la Bienveillance, de la Faveur sans limite de notre Dieu… Faire taire un ode à la liberté c’est célébrer l’enfermement de la religion. sous le Saint argument de la défense de la Pure Vérité. Je préfère me tromper par excès de liberté et « abus de Grâce » que par excès de « strictitude » (lol).

Penser que « le chemin qui mène à la vie est fait de beaucoup de restriction et d’interdiction » c’est faire preuve d’une ignorance flagrante du message de Jésus! C’est effacer par religion les 4 évangiles, les Épîtres de Paul, celles de Jean, en bref tout le nouveau testament…
« Je suis venu afin que vous ayez la Vie en abondance » (ça veut dire qu’avant, en étant très religieux, on avait au mieux un atome de vie!)
« soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait : il fait pleuvoir sur les bons comme sur les méchants, il fait luire le soleil sur tous, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous maltraitent, et vous serez Fils de Votre Père qui est dans les cieux » (et non pas : vous serez des bons petits serviteurs)
« Que le plus grand parmi vous soit votre serviteur » etc..

On ne fait pas grandir la vie en la purgeant du mal on la purge du mal en la faisant grandir. J’aime mon église, mais je n’aime pas la religion.

La religion et l'Evangile

La religion et l’Evangile

Un jour Dieu a commencé à me parler c’était il y a longtemps. Mais je ne connaissais pas sa voix. Maintenant je commence à la discerner. La dernière fois c’était mardi dernier. Mais en 42 ans j’ai entendu le même message répété à chaque fois : « je t’aime ». « Tu es mon fils bien-aimé », « courage, tu es précieux comme la prunelle de mes yeux » « tu es un bien-aimé » « il n’y a rien que tu puisses faire qui amoindrisse mon amour et ma faveur »

Alors j’ai commencé à comprendre que ma mission c’était d’aimer, de pardonner, de rencontrer les cœurs et de les rassurer, mais aussi d’interpeller sans compromis les garde-chiourmes de la religion et d’encourager le peuple à s’en libérer, de considérer qu’en chacun, le Désir de Dieu est aussi puissant que le mien. De considérer que chacun/e aspirait au beau au bon au bien. Et que la transformation de l’être c’est une alchimie qui ne me concerne pas.

Moi mon job c’est d’encourager la joie, la vie, la Musique de la Liberté. Et de louer de célébrer le Seigneur pour ce qu’il a fait dans ma vie, de témoigner comment il m’a tiré de la fange et du brasier, sans que j’y sois vraiment pour quelque chose.

« La Parole est à l’œuvre! En vous qui croyez », « Et mon juste vivra par la foi », « Vous êtes purs, à cause des Paroles que je vous ai dites! » « Je le veux : sois pur »

Paul rajoutera : « que celui qui vous annonce un autre Evangile que celui que je vous ai annoncé soit anathème! » Le contexte étant celui de juifs qui remettaient la loi au premier plan et enseignaient cela aux Gentils nouvellement convertis.

Résolument, dans ce combat de Titans entre Evangile et Religion, je choisi l’Evangile.

 

Olivier S

Juillet 2015

 

 

#Paris13novembre2015

Paris 13 novembre 2015

Nous pleurons nos morts mais nous ferons encore l’amour.

Nous soignons nos blessés mais nous apprendrons à mieux embrasser

Nous porterons le deuil mais nous élèverons nos enfants dans la non-violence

Nous nous dresserons contre la méchanceté mais nous envelopperons pour protéger

Nous fermons les yeux pour prier mais les ouvrirons pour mieux veiller les uns sur les autres

Nous ferons silence pour rendre hommage mais nous crierons notre joie de vivre

Nous nous détournerons des discours meurtriers de nos propres frères mais nous ouvrirons nos esprits à la contemplation du Tout Autre
…..

pause

…..

Nous pleurons nos morts, mais nous ferons encore l’amour!

Olivier S
#Paris13novembre2015🇫🇷

1844 : Pilier de la foi ou blessure mortelle : Les conséquences de l’interprétation prophétique.

Où la question de l’interprétation prophétique fondant l’adventisme est au coeur du débat

Traduction libre par O.Sommer d’un article paru en octobre 2015 sur la revue en ligne Spectrum. L’article original est accessible sous

http://spectrummagazine.org/article/2015/10/22/perspective-1844-pillar-faith-or-mortal-wound

« Le 22 octobre 2015 est le 171e anniversaire de la « grande déception » de 1844. 

De même que les proto-adventistes de la Nouvelle-Angleterre en cette journée froide et sombre d’il y a 171 ans, les adventistes d’aujourd’hui qui se remémorent vraiment des événements de ce jour-là sont également remplis d’un mélange d’espoir et de tristesse : tristesse pour le retard et espoir que la venue du Christ se matérialisera prochainement.  

L’automne 2015 marque également la 35e année après Glacier View, la tristement célèbre réunion de 1980, qui a rejeté les questions de Desmond Ford à propos de 1844. Les événements de Glacier View ont donné naissance à DARCOM 2.0 (DAniel – Revelation COMmission), une version remaniée de la Commission « Daniel et Apocalypse » des années 1960 qui avait pris fin abruptement et sans avoir abouti à un consensus. 

DARCOM 2.0 a publié une série de livres réaffirmant la lecture adventiste traditionnelle de Daniel et de l’Apocalypse. Mais, malgré les efforts gigantesques de DARCOM, 1844 et 1980 continuent à déstabiliser les historiens et les théologiens adventistes. Pour les uns, la plupart des matériaux dans les volumes ne traitent pas les questions centrales liées à 1844 et soulevées par Ford. Certains des articles publiés furent plus tard réfutés par nos chercheurs, la plupart de ces articles n’étant pas à la hauteur des exigences d’observateurs extérieurs. 

DARCOM a largement ignoré la déclaration de consensus voté par les savants adventistes à Glacier View qui étaient en accord avec Ford sur de nombreux points. 

À bien des égards, 1980 se présente comme la deuxième « grande déception » pour des milliers d’ex-adventistes qui espéraient que l’église eut pu montrer beaucoup d’humilité et de retenue face à la possibilité que notre interprétation de la prophétie symbolique puisse, en fait, être incorrecte. 

Mais ce ne fut pas le cas. 

En conséquence, l’église adventiste du septième jour a reçu une blessure mortelle qui refuse d’être guérie. Selon une étude, l’Australie a perdu 40% de son corps pastoral à la suite des réunions tenues dans ce ranch solitaire du  Colorado. 1 Les ondes de choc se répercutèrent dans toute la décennie; d’innombrables autres ont continué à se glisser par la porte arrière, incapables de surmonter ce qu’ils ont vu comme étant de l’arrogance institutionnelle. Beaucoup de pasteurs que je connais continuent de nourrir de sérieux doutes sur la doctrine. 

Ils ont cessé de prêcher 1844 il y a longtemps. La grande question qu’affronte encore et toujours l’Adventisme aujourd’hui est la même que celle à laquelle étaient confrontés nos administrateurs et théologiens d’avant 1980 et depuis : l’Église adventiste peut-elle encore maintenir sa crédibilité doctrinale alors qu’elle s’accroche à une interprétation si problématique?

Beaucoup pensent ce n’est plus possible, et ce, pour une quantité de raisons. Je vais résumer les plus importantes ci-dessous. 

Tout d’abord, la doctrine de 1844 est basée sur des (quelques fois défectueuses) traductions de la Bible. Nos pionniers, dont Ellen White ,ne disposaient pas de compétences herméneutiques permettant de creuser beaucoup plus profondément que les particularités linguistiques de la version King James. Par exemple, la traduction «nettoyé» dans Daniel 8:14 est discutable, «le sanctuaire sera rétabli » est préférable. Ainsi 1 844 est largement ancré dans la méthode de « preuve par le texte » de l’étude biblique, mélangée aux études personnelles de Miller. Beaucoup seraient surpris de découvrir que Miller avait quinze façons d’arriver à la fin du monde autour de 1843 à 1844, tous basés sur la numérologie biblique. 2 

Deuxièmement, 1844, en tant que marqueur prophétique, est fortement tributaire d’une série d’hypothèses ou de présupposés, qui ne s’enracinent pas naturellement dans le texte biblique. Debout au centre de ces hypothèses est le principe « jour-année », à savoir l’idée que dans la prophétie symbolique, un jour symbolique correspond à un an réel. Ainsi, les 2300 jours de Daniel 8:14 égalent 2300 ans qui courent de 457 avant JC à 31 après JC tout le chemin jusqu’à l’automne de 1844. 

Il y a beaucoup d’arguments contre cet soi-disant «principe», le principal est le fait que nulle part dans les Ecritures l’un de ses auteurs ait jamais appliqué un tel «principe» de la prophétie de l’Ancien Testament. Par exemple, Luc ne se repose pas sur les prophéties de Daniel pour attester de l’authenticité de Jésus en tant que Messie. Au lieu de cela, il utilise une généalogie de Ancien Testament. 

Jésus fait une seule référence énigmatique à un accomplissement futur de l’abomination de la désolation (Dan 9:27), qui parait s’appliquer à la destruction de Jérusalem en 70 après JC. 

Paul ne fait aucune référence aux prophéties de Daniel et la place base une eschatologie apostolique qui ne fait pas usage des prophéties du temps de l’Ancien Testament. Apocalypse fait allusion aux prophéties de Daniel, Isaïe et Ezéchiel sans tenter de les interpréter à l’aide d’un tel principe. 

Par conséquent, les chercheurs mettent en doute la chronologie impeccable. D’une part, 457 avant JC ne semble pas fonctionner comme vraie date pour le décret de reconstruction de Jérusalem. Le décret de Cyrus en 538-536 avant JC a plus de sens dans un contexte comme l’accomplissement des prophéties d’Esaïe 44:28; 45:13. En outre, 31 après JC comme la date de la mort du Christ est astronomiquement impossible alors que le calendrier lunaire juif place Pâque cette année, soit le mardi ou au plus tard le mercredi, et non un vendredi comme l’Evangile de Jean l’indique clairement (Jean 18:28; 19:14) (cette interprétation de Jean est actuellement même remise en question. NDT). 

Troisièmement, le livre des Hébreux nie explicitement la notion selon laquelle Jésus est engagé dans un ministère en deux phases, depuis son ascension, dont la phase finale serait située dans le futur. Hébreux 6: 19-20; 09:12, 25; 10h19 sont pleins de parallèles verbaux tirés du rituel sanctuaire culminant avec la Journée annuelle de l’Expiation pour expliquer le sacrifice de Jésus et ses activités ultérieures en tant Souverain Sacrificateur céleste. Pour l’auteur, Jésus est allé « au-delà du voile» de la même manière que le Souverain Sacrificateur avait l’habitude d’aller « au delà du voile» à Yom Kippour. L’expression en grec est le même que celui utilisé dans Lev 16. Jésus est allé « au delà du voile», «avec son sang», «une fois pour toutes. » Ceci est survenu quand il est monté vers le Père. AF Ballenger avait raison sur toute la ligne. 

D’autres ont étudié toutes les hypothèses qui dominent l’enseignement traditionnel. (Voir cet article pour un examen complet). 

L’aspect biaisé de la tradition interprétative en ce qui concerne 1844 est illustrée par un épisode intéressant dont je fus témoin il y a peu de temps. J’ai récemment visité un certain séminaire adventiste et suis tombé sur un cours sur les Hébreux. Le professeur était un éminent auteur de DARCOM et le sujet était  « l’inauguration » du sanctuaire céleste, que l’enseignant utilisait pour justifier le fait que, bien que Hébreux 6 met indéniablement Jésus à l’intérieur du lieu très saint lors de son ascension, cette entrée le Lieu très Saint servi simplement à l’ «inaugurer». En d’autres termes, Jésus entra dans le lieu très saint à l’ascension, l’a inauguré, quitté puis y rentra à nouveau en 1844. 

Je fut troublé de voir qu’il présentait des vues qui avaient été discréditées par un autre savant adventiste dans un échange qu’ils avaient eu dans l’un de nos magazines imprimés. Jamais il ne mentionna son dialogue avec l’autre érudit. Je levai la main et lui demanda où, dans l’Ancien Testament, nous voyions le sang entrer dans le Lieu très Saint dans quelques passages sur l’inauguration dans l’Ancien Testament. Par sa réaction, je me doutais qu’il savait qu’il n’existe pas un tel texte. Il hésita une seconde et s’en référa à l’Epître aux Hébreux. En d’autres termes, seul l’Epître aux Hébreux prouve que, dans la même Epitre aux Hébreux, Jésus inaugura le sanctuaire avec son sang, même si aucun des passages de l’Ancien Testament mentionne le sang dans le sanctuaire, et encore moins le lieu très saint. Je n’ai pas insisté sur la question et je doute que ses étudiants aient compris les implications de ma question. La fausseté de l’argument est décevante, sinon malhonnête. 

Cette rencontre me montre que, au bout du compte, la viabilité de 1844 comme un marqueur prophétique continue de dépendre fortement de textes-preuve rarissimes . Il semble que les savants adventistes qui défendent encore 1844 comme un roc inamovible sont satisfaits de trouver de minuscules crochets dans quelques versets choisis qui semblent (même de manière lointaine) soutenir notre position. Il n’est plus acceptable de construire une théologie de cette manière.

J’ai étudié ce sujet extrêmement profondément ces dernières années. Mais même après avoir étudié ceci pendant aussi longtemps, je ne puis pas prétendre avoir toutes les réponses. Il y a des choses dans la prophétie qui échappent à la meilleure explication. Je crois que cela est surtout vrai des prophéties chronologiques de Daniel et de l’Apocalypse. Et en tant qu’étudiant de la Bible, je dois résister à la tentation d’offrir une explication nette et incontestable pour ces périodes de temps. Elle ne sont tout simplement pas aussi claires que nos évangélistes les ont fait paraître. En cas de doute, il est préférable de laisser le texte prophétique reposer en l’état pur d’origine, sans chercher à lui imposer une interprétation. 

Aujourd’hui, en tant qu’adventiste de naissance, je vis dans des univers parallèles. Dans l’un d’eux, je vis dans un abandon béat, croyant que la chronologie eschatologique soigneusement concoctée finira par justifier l’enseignement adventiste. C’est un lieu confortable et ensoleillée vers lequel je suis souvent atiré. 

L’autre univers est celui créé par mon doctorat en études bibliques, qui exige une étude exhaustive, une articulation convaincante des idées et une preuve solide pour toute déclaration prétendument fondée sur l’Ecriture. Dans cet univers, je suis constamment appelé à remettre en question les hypothèses théologiques et, soit présenter des preuves solides soit placer des choses sur une base (très) provisoire. C’est un endroit inconfortable à habiter, un endroit où l’interrogation prend la prééminence sur la croyance. C’est avant tout un lieu où l’humilité remplace l’affirmation interprétative. 

Cependant, contrairement à mes amis adventistes des années 80, vivre dans la dissonance continue de ces univers parallèles ne m’a pas emmené dans un endroit où je pense devoir rejeter l’adventisme. Au contraire, réalisant qu’une certaine interprétation adventiste peut être incorrecte m’a convaincu que l’Église adventiste doit avoir, en tant que dénomination chrétienne moderne gagnante, plus à offrir au monde qu’une interprétation prophétique. 3 Je suis convaincu que ce mouvement a une place spéciale dans le cœur de Dieu et une mission spéciale dans le monde d’aujourd’hui. Elle continue d’être mon église. Mon expérience en tant exégète de la Bible me fait dire que nous avons cédé à la tentation de conserver la tradition au lieu de continuer à étudier les Écritures. Nous avons surestimé notre position et tiraillé « les preuves » afin de confirmer notre «identité prophétique. » Et franchement, voilà tout ce que 1 844 est vraiment, cela ne fait que cajoler notre ego identitaire, et ne représente pas grand-chose pour le croyant. Je peux croire que Jésus a été mon intercesseur parfait depuis son ascension sans compromettre ma relation à Dieu. 

L’Adventisme a été poussé dans un coin théologique où la moindre question à propos de 1844 donne lieu à l’indignation et à une pieuse « déchirure de vêtements ». « Le fondement même de l’adventisme sera supprimé! » expriment des voix stridentes. Mais cette position est artificielle. Je refuse de croire que la pertinence de l’adventisme repose sur une interprétation prophétique solitaire. Je rejette les voix qui appellent à la mise à sac de ceux qui n’acceptent pas une autre interprétation de la Bible. Dieu peut susciter un mouvement n’importe quand sans avoir besoin d’interprétations prophétiques douteuses. Nous devons avoir l’humilité d’accepter que nous avons peut-être eu tort sur toute la ligne  concernant la nature et le calendrier du ministère sacerdotal du Christ dans le ciel. 

Je prédis que beaucoup vont voir cet article et toutes les tentatives pour sonder des problèmes de 1844,  comme des tentatives sans conséquence de supprimer un repère doctrinal colossal. Mais je crois que Ellen White avait d’importants conseils en ce qui concerne la rigidité doctrinale quand elle a écrit les mots: «Il n’y a aucune excuse pour quiconque de prendre la position qu’il n’y a plus de vérité qui doivent être révélée, et que toutes nos positions scripturaires sont sans erreur .  Le fait que certaines doctrines ont tenu lieu de vérité pendant de nombreuses années par notre peuple n’est pas une preuve que nos idées sont infaillibles. Les années ne péroreront pas la vérité, et la vérité peut être juste. Aucune vraie doctrine ne perdra quoi que ce soit à être examinée de près. »(Review and Herald, le 20 Décembre, 1892, italiques fournis). » Si les piliers de notre foi ne doivent pas résister à l’épreuve de l’enquête, il est temps que nous le sachions. »(Témoignages aux ministres, 107). Est-il possible que cette époque soit arrivée et repartie et nous ayons manqué le bateau? »

André REIS, Doctorant en Théologie Adventiste, Spécialiste de l’Apocalypse

22 octobre 1844 – 2015 : Se souvenir : une grande déception, mais aussi un grand échec

Traduction libre par O.Sommer d’un article paru en octobre 2015 sur la revue en ligne Spectrum. L’article original est accessible sous

http://spectrummagazine.org/article/2015/10/22/remembering-not-only-great-disappointment-also-great-failure

J’ai fait un rêve la nuit dernière, un rêve de sessions de la Conférence générale passés et à venir. 

Je me tenais dans le centre d’un stade, bondé de gens, tous captivés par la musique et la mise en scène en face d’eux. Je regardai autour et senti une tristesse intérieure grandissante jusqu’à ce qu’elle en fut étouffante.

Prêt à tout pour partir, je regardai autour de moi et trouvais un escalier, qui, grâce à la géographie déconcertante des rêves, était situé directement au milieu de l’arène. 

En espérant pouvoir trouver une porte de sortie, je commençais à gravir les marches. Comme je progressais vers le haut, je me suis vite rendu compte que je n’étais pas seul sur l’escalier. Plus je montais, plus il y avait d’autres personnes. Comme je progressais de plus en plus difficilement vers le haut, je commençais à réaliser que c’étaient les gens de l’église qui étaient collés aux rambardes. Interdits d’entrer dans l’espace ci-dessous, ils avaient emprunté cet escalier, qui montait en spirale aussi haut que je pouvais voir.

Quand je ne pus aller plus loin, je m’assis, loin au-dessus des lumières et des sons d’un spectacle conçu méticuleusement. Je regardai autour et réalisé que j’avais rejoint ceux qui avaient été jetés dans « les ténèbres du dehors. » Je réalisai aussi que ceux qui étaient dans les « pleurs et les grincements de dents » ne pleuraient pas pour eux-mêmes, mais pour les milliers ci-dessous qui siégeaient encore, captivés par des hommes minuscules sur une scène  elle-même minuscule maintenant.

 

J’ai adoré grandir dans l’église adventiste. L’église m’a appris la beauté de l’espace sacré que, semaine après semaine, nous créions lors des moments sanctifiés du jour du sabbat. Grâce à ce seul jour on m’a appris la valeur de la résistance, de la communauté, et à rejeter l’inégalité systémique.

Les moments de communion et de lavement des pieds m’ont appris la valeur d’un rituel qui non seulement regarde en arrière vers le sacrifice passé, mais est aussi assis fermement dans le présent, offrant un défi radical à vivre : une vie de miséricorde, de recherche de justice, et de bienveillance totale.

Grâce à notre histoire, à laquelle ma famille est si intimement liée, une histoire qui a donné le don de l’alphabétisation pour mes ancêtres anciennement asservis, j’ai appris l’importance de faire face à mes erreurs. Nos aïeules et ancêtres ne laissèrent pas leurs faux pas les empêcher de dépasser le déchirement de « la grande déception » et de forger une voie à suivre. Mais, comme un ami sage m’a dit une fois, « Si nous étions vraiment honnêtes, nous appellerions ce moment de notre histoire le grand échec et non la grande déception. »

Quelque part le long du chemin, nous avons arrêté d’affronter nos erreurs. Nous avons été confrontés à notre déception, mais avons oublié de vraiment faire face à notre échec, un échec que n’importe quel bibliste solide aurait pu voir venir à des kilomètres de distance. Quelque part le long de la route, nous avons cessé d’être l’église qui comptait fièrement des radicales comme Sojourner Truth et Angelina Grimke Weld parmi ses amis et membres.

Grandir adventiste a brisé mon coeur. 

L’église m’a beaucoup appris en matière d’isolationnisme, d’arrogance et de peur de l’autre, au travers des murs que nous construisions autour de nous chaque sabbat. Je grandi en regardant les personnes autour de moi protéger leurs croyances dans une paranoïa obsessionnelle.

Les rituels, souvent vides, de communion et de lavement des pieds m’ont enseigné l’hypocrisie et la cruauté occasionnelle de ceux au pouvoir, qui croient avoir raison et sourient lors d’un acte destiné à nous rappeler le service, alors qu’ils combattent ceux qu’ils considèrent (maintenant) comme dangereux.

Notre histoire, qui m’a été donnée comme « Vérité Présente et Dynamique », a été dépouillée de ses contextes Victorien et Edouardien, et présenté en tant guide sur le chemin de la Sainteté. Au lieu de me donner la vie, elle m’a laissée aux prises avec la honte et la peur beaucoup plus longtemps que je ne voudrais l’admettre.

Donc, je me retrouve sur cet escalier, pour échapper désespérément à la célébration de violence systémique ci-dessous. Vous nous avez dit de « sortir d’elle » et nous l’avons fait. Et, en partant, nous sommes parvenus à réaliser douloureusement que vous étiez notre Babylone. Nous échappons désormais à l’étreinte de votre violence systémique, du patriarcat, de l’homophobie, de la peur isolationniste. Nous fuyons vers l’inconnu, la marge, et le mystère.

En tant que cinéaste, je travaille maintenant avec des amis pour créer des rituels profondément enracinés dans l’espace sacré, la résistance, et en écoutant les voix de ceux qui ne sont jamais entendus. Ces concepts sont des dons de l’église adventiste et des cadeaux pour lesquels je serai toujours reconnaissant. Je regarde autour de moi et en vois d’autres, prenant également le plus beau de ce qu’ils ont acquis de leurs racines adventistes et le transformant dans de nouvelles, de belles choses.

Beaucoup d’entre nous ne reviendrons pas. L’église est devenue un anathème pour nos valeurs les plus profondes, les valeurs que vous nous avez données, par inadvertance ou non. Nous sommes les aïeuls et prêtresses de quelque chose que nous n’avons pas encore pleinement commencé à saisir. 

Rejoignez-nous. Laissez vos espaces sécurisants, vos stades brillants et l’apparat. Quittez le confort de la scène et gravissez votre chemin dans les ténèbres, car c’est ici, dans cette obscurité, que Dieu vous attend.

H. LESLIE FOSTER, Cinéaste

(http://lesliefmuse.com)

 

Charlie or not Charlie Hebdo

S’abonner à Charlie Hebdo? Ou non?

Il était pour moi hors de question de m’abonner à Charlie Hebdo, malgré les nombreuses suggestions que j’ai reçues. Je n’ai jamais ouvert ce papier, et je ne l’ouvrirai jamais, tout simplement car pas dans ma sphère de tolérance à la saleté.

J’ai été fier de défiler en tant que « je suis Charlie », mais je ris plus à la bêtise de ces meurtriers qui ont fait vivre un journal moribond, qu’aux caricatures elle-mêmes.

Non que je me sente offensé quand on caricature mon Dieu, et je m’en expliquerai* tout à l’heure, mais je suis blessé en pensant à tous ces gens, peu instruits ou peu matures, mais sincères , qui se sentent meurtris et humiliés par une volonté stupide ou ignorante d’abaisser des symboles.

Les djiadhistes ont tué 20 personnes. Les dessinateurs et les écrivains peuvent blesser des milliards de personnes.

J’admire le courage de ces hommes et femmes qui sont morts pour leurs idées (les gens de Charlie Hebdo). Je regrette seulement que nous utilisions trop souvent ce pourquoi ils sont morts de manière à diviser plutôt qu’à pacifier, défendre la vraie justice et la vraie liberté.

Je pense que le monde a changé le 7 janvier . Mais ce ne sont pas ceux qui sont descendu en nombre dans la rue qui en profiteront. Le boomerang revient à toute allure.

*je ne suis pas blessé par les moqueries, les dessins dégradants les figures spirituelles ou/et religieuses :

Je crois que le vrai blasphème ne peut pas être commis par un incroyant ou un ignorant. Le vrai blasphème c’est de salir le Dieu que l’on connaît. Celui dont j’ai accepté l’Amour et la vie, par expérience personnelle.

Et le principal des blasphèmes c’est de salir et humilier, la personne en face de moi, créée à l’origine à Son image. C’est de me comporter comme un meurtrier alors que je crois à la Vie donnée par un Créateur. Je ne peux blasphémer que si je suis croyant.
Jésus est en train de se faire crucifier : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (il parlait des soldats, pas des responsables religieux qui avaient décidé sa mort!)

J’aimerai utiliser ma liberté de parole pour le Bon, le Beau, le Bien.

OlivierS, 17 janvier 2015

Devant la mort, un organe : le don

Le don d’organe

Aujourd’hui c’est la journée de réflexion sur le don d’organe.

Alors je réfléchis : il y a un « registre national du refus de don d’organe »

Mais il n’y a pas de registre national de l’acceptation du don d’organe.

Actuellement se déroule un drame personnel et familial dans le cas de Vincent Lambert, qui voit s’affronter deux clans au sein de la famille concernée. Ceux qui veulent arrêter cet entêtement pathétique à le garder en « vie » mécanique (!!!), et ceux qui refusent son débranchement.

Personne ne peut apparemment affirmer de manière crédible avoir reçu la volonté dernière sur ce sujet du principal concerné. Et donc c’est la justice, donc une forme de violence, qui dira la finalité..

Donc je ne crois pas qu’une parole partagée au sein de ma famille suffira à dire aux médecins sans équivoque ma volonté devant la mort et ses conséquences pour mon corps. Car dans ces moments-là, les passions s’enflamment, la douleur surpasse la raison et la folie est reine.

Alors comme rien ne m’assure de la sérénité des décisions en ma présence inconsciente, je publie mes positions sur l’endroit le moins équivoque : mon site personnel.

Je considère que la vie est plus précieuse que tout. Mais la vie se mesure à la capacité de conscience et de participation même ténue au monde qui m’entoure.

La vie doit s’assumer elle-même sauf situation d’urgence temporaire. Je ne suis donc pas en faveur d’un maintien en vie artificielle au-delà quelques jours (pas de mois!). En cas de doute médical, il appartiendra à un Conseil avisé composé de mes proches directs (parents, soeur, compagne, enfants), du médecin en charge de mon cas ET d’un membre du personnel infirmier le plus proche de mon cas, du pasteur/des anciens de mon Eglise de se prononcer sur mon débranchement en cas d’insuffisance vitale. Au jour d’aujourd’hui j’ai déjà vécu une belle vie. J’ai déjà beaucoup reçu et beaucoup donné. Je n’ai pas l’intention de faire dépenser argent, énergie et désespoir à tout le monde qui m’entourera à ce moment-là. Enfin je crois à ma vie au-delà de ma mort, car le Dieu qui m’a créé est plus fort que la mort

J’ai, en plus, un désir, celui de permettre la vie au-delà de ma mort. Il m’est particulièrement agréable de penser que je pourrais encore être utile à la vie dans ma mort. Je me déclare donc pour le don de mes organes.

Je refuse pour moi et mes proches le sentimentalisme mièvre de notre société en déliquescence. Je revendique une dignité jusque dans le coma et la mort, aimante et virile.

Fait à Vergt le 22 juin 2014

Olivier SOMMER

Oui au don d'organe

Protologie et eschatologie : un autre regard

Suite à un article surprenant écrit par le Docteur en théologie Richard Lehmann, paru dans une revue paroissiale de janvier 2014, je souhaite apporter quelques éléments d’un positionnement différent.

J’ai en effet appris que je faisais jusqu’alors partie d’une catégorie regardée semble-t-il avec une certaine tristesse : celle de ceux qui sont en contradiction avec « leur propre foi ».

Quelques unes des idées exprimées méritent donc, je pense, d’être abordées avec un angle différent.

Penser que la science trouverait inconséquent le retour de Jésus sur des nuages, si ceux-là ne changeaient de structure, me semble un peu simpliste. Et l’opinion selon laquelle la science aurait un « champ restreint » au regard de « l’ouverture sans limite » du domaine de la foi, me semble relever d’une mésestime surprenante, pour un érudit tel que l’est son auteur.

Disons le tout net, je ne suis ni un scientifique, ni un théologien. Mais je fais ce que tout humain est appelé à faire:  je lis, j’observe, je réfléchis et je débats. Enfin je me positionne, relativement, et de manière évolutive.

Je suis parfois surpris de certaines positions, interprétations, traditions de pensée, ou évolutions du monde. Pourtant, je me dis que chaque philosophie est le fruit d’une histoire collective, culturelle puis personnelle.

La vision de Dieu, des origines, de l’avenir, de la fin sont évolutives, y compris dans la Bible. Il nous plait à nous autres, êtres humains, de cadrer, normaliser, et dogmatiser. C’est populaire, ça étalonne la pensée, et classe les personnes. ça dit ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, ce qui est moral et ce qui ne l’est pas, ce qui est cohérent et ce qui ne l’est pas.

En parlant de la Création selon la Genèse avec des amis littéralistes, j’ai l’habitude de prendre l’exemple des aventures d’Asterix et de Cléopatre, dans lesquelles, après la construction en un temps record des bâtiments, (ce qui, aujourd’hui, ne semble plus insurmontable compte tenu de l’évolution des technologies), notre druide éternel Panoramix plante des glands magiques qui engendrent instantanément des arbres plantureux, et créent en quelques heures un jardin luxuriant en l’honneur de la grandeur Egyptienne et de Cléopatre. Une fable comique, convient-on, dans laquelle se cache tellement de sens cachés, de révélations sur l’être humain sur la société, le monde… Il appartient donc au lecteur de mettre en mouvement cette fable pour se l’approprier en tant que source de réflexion et de positionnement. C’est d’ailleurs le propre de l’art, de la poésie, de la science fiction, de la peinture… Tout cela parle à l’âme. et l’Ame c’est la vie.

Mais revenons à notre fable : qui peut y croire? L’on traiterait d’enfant encore allaité toute personne dont la pensée serait captivée par cette magie! Des glands traités dans une potion magique, se jouant des lois de la vie et défiant les années de pousse nécessaires à des arbres!

Si Dieu est hors du temps, il est le maître du temps. Toute la Bible mentionne le temps de Dieu comme étant le résultat de l’attente indéfinie d’un instant inconnu. Notre monde est dans le temps et l’univers raconte le besoin de temps de la Vie, des êtres, du monde. Alors…

Restons « bibliques » et reprenons donc un certain nombre de déclarations de Jésus : « que celui qui lit fasse attention » à propos d’une prophétie de Daniel; « qu’est-il écrit, que lis-tu? » à l’adresse du légiste qui interpelle Jésus sur le moyen d’obtenir la Vie Eternelle; « vous ne comprenez ni la puissance de Dieu, ni les Ecritures » déclare Jésus aux Saducéens qui se moquent de la résurrection!

Oui,  Jésus interpelle souvent ses interlocuteurs ou ses contradicteurs sur leur lecture, leur interprétation, leur compréhension des Ecritures. Que n’en serait-il pas de même pour nous? Au travers des deux testaments, nous voyons la lente, très lente progression de la vision humaine de Dieu, la longue et infinie élaboration de la compréhension de choses insaisissables. Le tragique besoin de magie des sociétés humaines. L’imparfaite dissociation entre un Dieu Tout-Autre et les dieux fait de main et d’esprit d’homme.

Le deuxième commandement est particulièrement intéressant et très peu connu de notre recherche communautaire. « Tu ne te feras pas d’image taillée ni de représentation quelconque de ce qui est… ». Je suppose que la réaction inconsciente de beaucoup d’entre nous est de l’ordre du « non concerné » : on n’est pas comme les catholiques, les orthodoxes, les animistes etc… qui adorent ou vénèrent des images et/ou des idoles tangibles… Et pourtant!

Il me parait possible à partir de ces préambules de proposer une autre approche des ces textes fondateurs.

Prenons tout d’abord les textes génésiaques : Les intentions de ces passages sont multiples, ils vont de la démythification des origines en milieux polythéistes et idolâtres à une éducation à l’humilité (juste positionnement), une glorification du Sabbat, une école de repos et de liberté, en passant par une différenciation égalitaire de l’homme et de la femme, le rejet de la confusion, et la création du temps, bien entendu. La liste est loin d’être exhaustive! Peut-on alors affirmer qu’une autre intention est de nous dire en combien de temps et quand (à peu près) a eu lieu cette Création?

Il me semble raisonnable et non dangereux de penser que le texte de la création nous hurle qu’il ne faut pas le prendre à la lettre. La pensée hébraïque a beau être loin de notre pensée moderne et peut-être post-moderne (quoi que..?) je crois qu’elle parle aussi à notre raison aujourd’hui. Autant de magie et d’incohérence faisant insulte au bon sens « paysan », pour un texte qui démythifie, cela me semble hautement improbable! Je ne pratique pour autant pas non plus ces tentatives des uns ou des autres qui consiste à vouloir calquer les audacieuses hypothèses des scientifiques à un ode à la création, ou bien encore à fermer les yeux sur ces incohérences pour croire, en prétextant une foi pure, à une littéralité du récit.

Le texte me crie de ne pas m’attacher aux images magiques qu’il me renvoie, mais de chercher derrière et autrement ce qu’il veut dire et me dire.

TOUT, absolument TOUT est possible au Tout-Autre. Mais ce n’est pas parce que l’on dirait « c’est Dieu qui fait cela » que ce n’est pas de la magie! Dieu n’est PAS un magicien, et il abhorre la magie! Dieu est Créateur et l’Etre fait naitre. Cette conviction me suffit pour observer avec énormément de curiosité et d’intérêt les interprétations et modèles mathématiques issus, ou à l’origine, des observations scientifiques dans l’infiniment petit et l’infiniment grand. Le champ de la science est aussi peu limité que celui de la foi. Et la science contribue à augmenter ma foi car elle démystifie la nature tout en m’émerveillant de la Parole Créatrice du Tout-Autre…Cela me suffit disais-je, aussi, pour m’attacher à creuser, creuser, et creuser sans m’arrêter, pour faire vivre en moi cette Parole d’Amour, de Salut.

Le récit de la Création se termine en apothéose par l’institution du sabbat. Selon certains esprits peut-être craintifs, l’abandon d’un fondamentalisme littéraire en la matière saperait tout simplement la validité et l’intégration du Sabbat dans nos croyances, puisque celui-ci est directement relié à la Création en six jours dans de nombreux textes. Je ne conteste pas ces textes, mais j’aimerai que des esprits de bonne volonté et plus savant que moi se donnent le droit de relire ces textes et de les remettre en perspective. « Qu’est-il écrit, et que lit-on? »

Le Sabbat est LE signe du caractère et Désir Divin pour l’homme, il est la volonté du Créateur de la dignité de ses créatures. Il est la loi de non-mercantilisation des êtres entre eux. Il est la parole qui appelle l’homme à se reposer de ses oeuvres, à les contempler, les présenter à Dieu et décider ou non qu’elles sont bonnes. Il est le souvenir que « tout est très bien » quand la Parole sort. Le Sabbat est légitime en lui-même si besoin était, mais j’oserai avancer ici que le fait qu’il soit le couronnement de la création est la première révélation de l’incarnation divine.

Je ne crois pas au littéralisme du récit génésiaque. Mais je crois que Dieu à créé le monde et qu’il nous laisse la possibilité de chercher par d’autres méthodes les réponses au « quand et comment ». Je crois que Dieu respecte le temps, et qu’il nous le montre. Je crois au mystère de la Création. Il ne me parait pas plus fou de croire en la création que de croire en l’improbable de l’apparition de la vie par hasard. Mais prenons garde à cette forme d’obscurantisme, sous prétexte de loyauté à la Vérité, naturellement consubstantielle aux fondamentalismes. Que ceux qui adhèrent à cette position schizophrène ne se moquent pas de ceux qui acceptent de faire grandir leur foi en rejetant la magie d’un certain littéralisme tout en acceptant le mystère d’un texte éternel et abyssal.

Venons-en maintenant aux textes eschatologiques. Trop nombreux pour être cités ici il sera aisé au lecteur d’en faire le recensement. Cependant un rapide examen des différentes descriptions du « paradis » sont pour le moins antagonistes et paradoxales.

« La Bible est cohérente » déclare l’auteur cité en-tête, et je l’approuve! Que l’on me permette d’ajouter qu’elle n’est pas réductrice.  Elle explique par exemple que Jésus avait changé de nature à sa résurrection : apparaître et disparaître, traverser des murs, s’élever sur des nuages, après avoir fait route pendant plusieurs heures sans être reconnus par ses disciples…? Être monté vers son père puis être redescendu de nouveau pour repartir après quarante jours…? Tout en ayant les cicatrices de sa passion… Tout cela révèle un monde « parallèle » mystérieux -mais bien présent- dont les lois, physiques notamment, nous sont actuellement inconnues. Le fait que Jésus revienne sur les nuages, ou que de rien réapparaissent des êtres disparus depuis longtemps, relève donc de cette économie. Nous pouvons également approcher ce mystère dans la conception, la naissance et la survenance des âmes vivantes dont nous faisons partie, ici-bas. Pour ce qui concerne tout cela, l’Apôtre Paul déclare que « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». Tout cela ne me choque  donc guère et me semble faire partie d’un monde et d’aptitudes que je ne connais pas, mystérieux mais certainement pas stupide.

Parlons donc « des enfants qui joue avec les prédateurs », « du loup et de l’agneau qui paissent ensemble », « des hommes et des femmes qui ne se marient plus » (mais qui font des enfants!), des maisons bâties, des vignes cultivées, alors que la Jérusalem nouvelle est un cube parfait gigantesque, etc… Si nous acceptons le littéralisme de la genèse alors nous devons accepter le littéralisme de ces descriptions fantasmagoriques et incohérentes. Quelle aventure sans espoir! De l’ordre des Saducéens qui émettaient la réelle difficulté suscitée par les noces successives d’une malheureuse épouse au regard de la vie conjugale au Paradis. Jésus nous répondrait de même : « Vous ne comprenez ni la puissance de Dieu ni les Ecritures »! Loin de moi la prétention de la comprendre! Mais au moins d’adopter une attitude humble et espérante. Humble car je veux me positionner comme écoutant et respectant le mystère tout en continuant à chercher les significations dedans et au-delà des mots et des images. Pas de doute crasse, de dénigrement ou d’obscurantisme en forme de « foi ». Et espérante car « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». Les textes nous crient de ne pas nous attacher à la lettre et aux images. Dieu hait la magie, mais sa puissance est infinie. La Vie Eternelle a déjà commencé pour moi et le Royaume de Dieu est parmi nous.

Soyons clairs : Encore une fois, je crois Dieu tout à fait capable de créer tout instantanément. Mais est-ce sa nature? Quelle image adorons-nous (avec sincérité) de Dieu, des miracles, des récits de surnaturel? A quoi tout cela me sert-il? A quoi est-ce que je m’attache? Aux signes? Ou à leur Auteur?

Entre le dénigrement de l’Ecriture par une science au « champ restreint », et une attitude, à mon avis restrictive, qui prétexte la « foi et son ouverture sans limite » pour restreindre la pensée, il y a une voie plus satisfaisante et plus risquée, (quoique!!), mais rassérénante, que je choisis chaque jour, et qui consiste à traquer et combattre mes « images taillées », et à laisser Dieu devenir et présenter à mes yeux et dans mon coeur ce qu’Il veut être et faire en moi et autour de moi, au travers de ces textes merveilleux, mystérieux et pédagogiques.

Olivier Sommer, février 2104

 

L’Education Nationale : patron voyou?

Notre adolescent attardé de président n’est pas en mesure de ramener à la raison les patrons plénipotentats du style Arcelor Mittal, Total, Continental, Peugeot et consors.

Et pour cause : même pas capable d’appliquer la loi et la justice à près de 43000 de ses propres salariés.

Je m’explique.

Il y a trois ans, l’Education Nationale engage 42500 EVS (lisez Employés de Vie Scolaire).

Ces personnes, recrutées essentiellement dans les rangs de chômeurs de longue durée ou titulaires de l’Allocation Spécifique de Solidarité, ont été appelées en renforts administratifs auprès des directeurs/trices d’Ecoles Primaires, et en renfort pédagogique auprès d’enfants handicapés en insertion scolaire. Si les personnes retenues refusaient, elles perdaient tous leurs droits, bien entendu.

Leurs contrats ? Des « contrats d’Avenir » ou « Contrat d’Adaptation à l’Emploi », vidés de leur substance dès l’origine, et notamment par dérogation, privant les « bénéficiaires » de tout droit à la formation pourtant imposée par l’état aux autres acteurs, ou de droit à la VAE, car contrat précaires ayant une durée d’au maximum 36 mois.

Prenons le cas de Jacqueline V. actuellement et jusqu’en juin 2009 assistante administrative auprès des directrices d’un regroupement d’écoles primaire (RPI) en Dordogne.

Jacqueline, en situation d’ASS au printemps 2006, se voit convoquée à l’ANPE pour un entretien de sélection avec un membre de l’Académie de Bordeaux. Jacqueline est contente, parce qu’ancienne institutrice dans le privé, ayant acquis par la suite, formation et expérience en tant que secrétaire-comptable, elle dispose de toutes ses chance pour obtenir un poste.

Elle est engagé pour 9 mois, mais l’administration prenant du retard, c’est en finalité 8 mois qu’elle fera. Le contrat est révoltant puisque amputé de droits élémentaires comme celui à la formation, par exemple, et théoriquement non renouvelable.

Mais consciencieusement, Jacqueline s’insère dans cette nouvelle vie. Sur 4 jours, elle va dans 3 écoles différentes, avec 3 directrices différentes, trois responsabilités différentes. Ses trajets, en zone rurale, ne peuvent s’effectuer qu’en voiture personnelle. A ce titre, elle est méthodiquement écartée des aides au déplacement qui sont octroyées à ceux et celles de ses collègues qui se déplacent en transport en commun : maudites zones rurales ! 26 hres/semaines payées au SMIC, toute absence, quelle qu’en soit la cause doit être rattrapée ou déduite du salaire.

Ses « supérieures » au départ sont réticentes à confier à Jacqueline la moindre responsabilité : on ne leur a pas demandé leur avis, et de toute façon ça ne doit pas durer donc…

Devant la mobilisation syndicale appropriée de 2007, son contrat est reconduit pour 1 an, elle ne le saura que la dernière semaine de juin, l’angoisse aura duré jusqu’à la dernière minute. Jacqueline est contente.

Durant l’année 2008, ses supérieures lui délèguent de plus en plus de choses, apprennent à lui faire confiance et lui confient même des tâches hors cadre : l’initiation à l‘informatique des élèves, le remplacement au pied levé d’une instit’ absente pendant le délai d’arrivée du remplaçant envoyé par l’Académie, l’élaboration de certains dossiers, le contact avec l’Académie, le dépannage et la configuration au premier niveau des ordinateurs des écoles, l’accompagnement spécifique de certains élèves en grande difficulté familiale/sociale, etc..

Printemps 2008, mobilisation générale, et les contrats EVS sont une dernière fois reconduits. Jacqueline est honoré par le maire d’une des trois communes, qui déclare publiquement le bienfait pour le RPI de sa présence.

Jacqueline de son côté a multiplié les démarches pour la VAE, ou la formation. Retoquée, systématiquement, quels que soient les interlocuteurs.

Rentrée 2008/2009 : après 2 années de présence et d’apprivoisement mutuel, Jacqueline est intégrée, elle est connue et aimée de tous, pour ses talents et son travail. Un absentéisme quasi nul, une régularité sans faille. Jacqueline connaît une centaine d’élève par leurs prénoms, elle a repéré les élèves en difficulté, elle les aime et, pédagogue et juste, sait se faire respecter de tous.

Jacqueline est triste et angoissée, ses supérieures sont impuissantes devant la machine infernale de l’administration : en juin 2009, Jacqueline sera éjectée du système, retour à la case chômage, remplacée, certainement, par une/un autre qui devra revivre tout le parcours, sachant à l’avance qu’au bout de trois ans ce sera fini, et comme cela, jusqu’à quand ? Je ne sais.

Jacqueline est triste, parce que nombre d’enfants handicapés ou en difficulté vont se retrouvés amputés d’un lien, d’intégration. Jacqueline se révolte, et participe au mouvement collectif. Jacqueline s’est remise à fouiller les petites annonce du privé, cherchant un emploi d’EVS dans une grande entreprise ou une multinationale qui accepterait de ne prendre en compte que l’expérience….

« Le sort qui vous est réservé aujourd’hui est indigne de l’Education nationale. Il est indigne d’un ministère dont le devoir, dans une République, serait de montrer la voie par un comportement exemplaire à l’égard de ceux et celles qu’il emploie…….Qui dira le scandale d’une administration qui traite les êtres humains comme des objets, quand ce n’est pas comme des déchets….que tous ceux qui croient en l’éducabilité des enfants, même les plus fragiles, comme en la formation des personnes, quelles qu’elles soient, se mobilisent pour faire triompher la confiance en l’homme… ». (Extrait d’un discours de Philippe Meirieu, Professeur des Sciences de l’Education, et président d’honneur de L’union Nationale des Collectifs Employés de Vie Scolaire)

Investir dans les banques ? Dans l’automobile ? Dans l’éducation et l’accompagnement de nos enfants ? Dans la formation des adultes concernés ?

Alors M. Sarkozy, à quand un effet d’annonce, suivi d’un effet tout court : la pérennisation et la reconnaissance de l’importance des employés EVS ?

A quand un patron voyou qui montre le bon exemple ?

Olivier SOMMER

Alerte au meurtre de l’âme!

Attaquée, bafouée, humiliée, déshonorée, indignée, insultée, déniée même l’âme humaine, l’âme de l’humanité.

Qu’est-ce que l’âme ? Pour moi, ce mot exprime l’immatériel d’une entité, d’une personne, d’un groupe, représentant l’identité et l’individualité de ces derniers, prenant forme, s’exprimant au travers du corps, de la parole, des actes et attitudes, des orientations prises dans tous les domaines interagissant avec eux.

Je brûle à l’intérieur. Je pleure au dedans de moi. Un sentiment de tristesse, de révolte, d’impuissance et finalement de colère m’habitent, devant la monétarisation, l’instrumentalisation de la justice, de la politique, de la religion, de l’éthique, de la morale, de la paix, de l’humanitaire, du sexe, et de l’amour, enfin de l’âme.

Là, une jeune fille qui vends sa virginité aux enchères pour payer ses études… !!!

Derrière, le pape qui honore des négationnistes, honorant ainsi la bêtise et la malhonnêteté intellectuelle.

Dernièrement le même Panzer Cardinal rejetant toute utilisation du préservatif pour limiter l’autodestruction massive du continent Africain et de toute autre population du monde menacée par ce fléau. Je crois en l’idéal de la monogamie, mais devant la réalité, je milite pour l’utilisation du préservatif

Ici, un adolescent attardé et excité, charismatique mais allumé qui dirige notre pays selon son bon plaisir, arrachant, coupant, menaçant, monnayant, écrasant, déstructurant avec désinvolture et violence, aidé en cela par une armée de mollusques fascinés par l’enfant-roi, ou sinon fascinés, profitants abondamment (parfois même pas !) des saveurs excitantes du pouvoir et de son ombre :« malheur au pays dont le roi est un enfant !

Là, un projet de loi, inique, aveugle, et profondément antagoniste avec la liberté de communication, prêt à être voté sans discernement par une armée d’aveugles à la solde d’une idéologie guidée par la loi du gain, et donc à la merci des lobbies occultes et majors financiers. La loi Hadopi fait partie des non-sens promus politiquement corrects !

Là, encore, une logique sans faille de la lutte contre l’immigration non choisie, qui me criminalise. Je fais partie des gens qui ont aidé où aident les sans papiers, volontairement ou fortuitement. J’assume, et suis prêt à être condamné pour cela. J’appelle à la désobéissance civile quand les lois vont à l’encontre de la conscience et de la dignité humaine. La France bafoue publiquement sa propre identité, et je m’y oppose. Heureusement, des artistes s’en mêlent et montent au front.

Là-bas, dans une école, des policiers occultes enquêtent et confisquent les dossiers scolaires de deux élèves particulièrement actifs contre la démarche Darcos.

De l’autre côté de l’Atlantique un homme et ses pairs profitent des avantages de l’ancienne présidence, après avoir contribué à détruire l’Irak, en mentant effrontément au monde entier, au nom du Pétrole et de l’Evangile. Ne sera-t-il jamais amené en jugement ? Mais que fait le TPI ?

Au cœur de la vie économique, nombre d’artisans suffoquent devant le poids des règlementations de plus en plus drastique, mettant l’entreprise individuelle devant les mêmes charges financières et procédurales que l’entreprise de 50 salariés.

Nous payons toujours autant d’impôts, mais l’état sous-traite le contrôle du respect des règlementations à des organismes privés, qui font payer très chers leurs nouveaux marchés, et s’enrichissent de manière éhontée.

La loi du marché, constituant du libéralisme débridé, l’idéologie suprême, qui donne tant de force politique aux financiers, est largement écartée quand il s’agit de sauver les intérêts de ces mêmes financiers fautifs, sous prétexte de sauver des emplois. Que l’état reprenne alors le contrôle mais le vrai, le juste. Et que l’on cesse de nous bananer d’idéologies changeantes au gré de la sauvegarde des intérêts.

L’âme est en danger parce que finalement le monde est dirigé non pas par l’intérêt de l’âme, mais par la loi du pouvoir, et du porte-monnaie.

L’âme doit être nourrie de bon, de beau et de vrai et est éprise de liberté. Les belles âmes sont celles qui ont pu naître et être favorisées de cette manière. Il appartient à ceux que l’on élit d’être conscient de cela et totalement dévoués à cette cause. La réalité de la vie va alors nuancer effectivement la concrétisation de cette orientation fondamentale, c’est le pragmatisme.

Les spécialistes de chaque secteur concerné doivent pouvoir s’exprimer devant les commissions ad-hoc au Parlement et au Sénat, cependant : que nos élus soient probes, honnêtes et désintéressés dans leur jugement, et aptes à reconnaître devant la réalité qu’ils n’ont pas su : c’est humain.

Je crois qu’il faut parfois se confronter à la volonté première du peuple, car celui-ci ne voit pas forcément toujours la finalité de son désir, mais un seul homme non plus. Certains sont visionnaires, mais les visionnaires ne sont pas toujours aptes à poser les actes conséquents de manière adéquate. Le dialogue, la pédagogie, la patience sont nécessaires.

On attente à l’âme aujourd’hui, de manière délibérée, en occident. Je réprouve publiquement la mise à mort de l’âme par l’obscurantisme, le marketing commercial et politique ainsi que la monétarisation ou l’instrumentalisation des valeurs qui font la dignité humaine.

Je me bats avec les armes qui sont les miennes : la parole, la présence, l’honnêteté, la vérité, et l’amour que j’ai pour l’humain.

«Aimez l’Homme en celui dans lequel vous ne pouvez aimer la Personne» (auteur ???)

Olivier SOMMER

Du jour du repos en politique

(02/11/2008)

Il y a quelques millénaires de cela, la quatrième d’un ensemble de dix paroles énonçait clairement :

« …Souviens-toi du jour chômé pour le mettre à part : pendant six jours tu travailleras, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour, c’est un chômage…que tu mettras à part….Tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille ni ton serviteur ni ta servante, ni tes bêtes, ni les immigrés qui sont avec toi… » (traduction libre et partielle)

Texte ancien, décrié ou fanatisé, rejeté ou constitutif, source de destruction ou de structuration…Quoiqu’il en soit : texte fondateur.

Au delà des émotions primaires, il peut être convenable de nous pencher sur ce que nous pouvons entendre.

1) « Se souvenir »: nous, humains, oublions. Nous oublions ce que nos pères ont découvert. Nous oublions vertus ou malheurs, conséquences de tels et tels choix de vie ou de société. Nous nous oublions nous-mêmes, nous oublions jusqu’à notre présent et même notre avenir. Se souvenir est donc primordial. Se souvenir c’est chercher dans notre mémoire personnelle, familiale, collective, historique, le pourquoi originel des choix, des orientations, des décisions, des enseignements, des lois. Se souvenir permet de défaire ce qui a été mal fait, de refaire quelque chose de mieux. Se souvenir permet de continuer ce qui est positif. Se souvenir permet d’actualiser une chose bonne dans son principe, mais inadaptée pour notre situation. Se souvenir c’est fonder nos choix.

2)« Jour chômé » : Nous, humains sommes contingentés par le besoin de se nourrir, se vêtir, s’abriter, et protéger nos enfants, le travail est donc est une nécessité. De plus, dans notre culture occidentale, le travail est aussi constitutif de l’identité individuelle et sociale et entre donc dans les besoins psychologiques fondamentaux de l’être. Pourtant, de tous temps, le travail est autre chose que réponse à tout cela. Instrument primordial de l’autonomie et de la liberté de l’être, il est malheureusement dévoyé par nombre d’entre nous qui font du désir de pouvoir et de possession, ou du sentiment de devoir exacerbé, ou culpabilité mal placée, etc. prétexte à s’asservir et/ou asservir les autres en oubliant le nécessaire repos, l’arrêt indispensable, la suspension primordiale, dont l’être humain a besoin pour prendre de la distance par rapport à la contingence, vivre ses relations : à lui et aux autres, pour aimer et être aimé, pour regarder grandir les enfants, pour entourer nos aînés, pour accompagner les mourants. Pour ne rien faire. Ëtre dans le gratuit , l’apparente inutilité, la vacance, le manque. Pour être dans la confiance aussi. Chômer un jour sur sept, c’est vivre et exister gratuitement. Et plus, peut-être, aujourd’hui qu’hier, avons nous besoin de gratuité vitale. Régulièrement.

3) « Six jours pour accomplir tout son ouvrage » : Contenir. Oui, faire contenir tout notre ouvrage sur six jours, pour chômer le septième. Le travail peut nous posséder 6/7ème des jours. A l’être humain de « faire contenir » tout son ouvrage dans ce 6/7ème. C’est faire preuve d’initiative, d’organisation et de confiance pour l’impossible que de contenir tout notre ouvrage dans un temps limité et différencié. C’est une limitation de notre toute puissance, un rappel à la sérénité et l’humilité. 6/7ème, c’est émettre l’idée d’une valeur du temps, différenciée du dernier 7ème, mis à part.

4) « Pour tout le monde, y compris les bêtes (outils de production), et les immigrés (souvent en situation de fragilité, de tous temps !) » : Un jour à part pour TOUS : Ne considérons pas certaines catégories hiérarchiques ou sociales comme différentes et ne nécessitant pas des mêmes dispositions favorables. Ce 1/7ème là, il est liberté pout tous et chacun. Il est repos des bêtes et des machines, des patrons et des ouvriers, des indigènes et des étrangers, des hommes et des femmes, des adultes et des enfants. Ce jour de chômage est littéralement « mis de côté pour ». Il n’est pas un jour comme les autres, il m’apprend à différencier. Différencier, il y aurait tant à dire sur ce mot : dans la société que nous formons il y a tant de domaines que nous dédifférencions, pour le malheur bien souvent, de beaucoup, voire de tous. Différencier c’est identifier. Ce jour-là est différent, il est liberté : pour tous : pas d’exclusion.

Alors, de quoi se souvenir ? L’être humain est-il plus surhomme qu’avant ? Avons nous une société mieux portante qu’avant ? L’indifférenciation des jours fera-t-elle progresser la société ? Le nombril de notre vie que sont : le pouvoir d’achat, le « quand je veux comme je veux », le « tout de suite et maintenant », la possession, l’asservissement mutuel, le commerce au-dessus de tout autre considération, structurera-t-elle chacun de nous, et les plus faibles en particulier ?

L’être humain n’est il fait que d’achat et de consommation ? Sommes nous aveugles sur le mur dans lequel nous fonçons en mesurant la santé de notre civilisation et de notre pays à la seule aulne des chiffres de la croissance et du commerce extérieur ?

La valeur d’une entreprise se mesurera-t-elle toujours à la seule valeur de ses actions et de leur rentabilité ?

Quand le politique reprendra-t-il la place qui lui convient : rendre la nation auteur de sa destinée, en présentant une vision holistique de la nation et de l’individu, en limitant l’invasion des forces financières dans les décisions de société, en faisant l’autocritique des évolutions de pensées qui ont conduit notre pays dans cette situation de misère sociale et humaine ?

Que nous soyons dans un monde globalisé, certes ! Mais que cela ne soit pas prétexte à abandonner l’ambition d’être une nation de valeurs, une nation qui va vers le haut et qui serait de nouveau un modèle et un repère pour d’autres.

Est-ce le véritable désir des personnes composant les foules que le « j’ai donc je suis » ? Ou est-ce l’expression la plus facile et connue d’une méconnaissance de ses vrais désirs, une impossibilité de dire son mal-être et de la regarder en face ? Un jour par semaine, j’ai la liberté d’avoir un temps pas comme les autres, qui m’appartienne, qui me permette, de vivre autrement avec les autres ayant cette même liberté.

Olivier SOMMER