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22 octobre 1844 – 2015 : Se souvenir : une grande déception, mais aussi un grand échec

Traduction libre par O.Sommer d’un article paru en octobre 2015 sur la revue en ligne Spectrum. L’article original est accessible sous

http://spectrummagazine.org/article/2015/10/22/remembering-not-only-great-disappointment-also-great-failure

J’ai fait un rêve la nuit dernière, un rêve de sessions de la Conférence générale passés et à venir. 

Je me tenais dans le centre d’un stade, bondé de gens, tous captivés par la musique et la mise en scène en face d’eux. Je regardai autour et senti une tristesse intérieure grandissante jusqu’à ce qu’elle en fut étouffante.

Prêt à tout pour partir, je regardai autour de moi et trouvais un escalier, qui, grâce à la géographie déconcertante des rêves, était situé directement au milieu de l’arène. 

En espérant pouvoir trouver une porte de sortie, je commençais à gravir les marches. Comme je progressais vers le haut, je me suis vite rendu compte que je n’étais pas seul sur l’escalier. Plus je montais, plus il y avait d’autres personnes. Comme je progressais de plus en plus difficilement vers le haut, je commençais à réaliser que c’étaient les gens de l’église qui étaient collés aux rambardes. Interdits d’entrer dans l’espace ci-dessous, ils avaient emprunté cet escalier, qui montait en spirale aussi haut que je pouvais voir.

Quand je ne pus aller plus loin, je m’assis, loin au-dessus des lumières et des sons d’un spectacle conçu méticuleusement. Je regardai autour et réalisé que j’avais rejoint ceux qui avaient été jetés dans « les ténèbres du dehors. » Je réalisai aussi que ceux qui étaient dans les « pleurs et les grincements de dents » ne pleuraient pas pour eux-mêmes, mais pour les milliers ci-dessous qui siégeaient encore, captivés par des hommes minuscules sur une scène  elle-même minuscule maintenant.

 

J’ai adoré grandir dans l’église adventiste. L’église m’a appris la beauté de l’espace sacré que, semaine après semaine, nous créions lors des moments sanctifiés du jour du sabbat. Grâce à ce seul jour on m’a appris la valeur de la résistance, de la communauté, et à rejeter l’inégalité systémique.

Les moments de communion et de lavement des pieds m’ont appris la valeur d’un rituel qui non seulement regarde en arrière vers le sacrifice passé, mais est aussi assis fermement dans le présent, offrant un défi radical à vivre : une vie de miséricorde, de recherche de justice, et de bienveillance totale.

Grâce à notre histoire, à laquelle ma famille est si intimement liée, une histoire qui a donné le don de l’alphabétisation pour mes ancêtres anciennement asservis, j’ai appris l’importance de faire face à mes erreurs. Nos aïeules et ancêtres ne laissèrent pas leurs faux pas les empêcher de dépasser le déchirement de « la grande déception » et de forger une voie à suivre. Mais, comme un ami sage m’a dit une fois, « Si nous étions vraiment honnêtes, nous appellerions ce moment de notre histoire le grand échec et non la grande déception. »

Quelque part le long du chemin, nous avons arrêté d’affronter nos erreurs. Nous avons été confrontés à notre déception, mais avons oublié de vraiment faire face à notre échec, un échec que n’importe quel bibliste solide aurait pu voir venir à des kilomètres de distance. Quelque part le long de la route, nous avons cessé d’être l’église qui comptait fièrement des radicales comme Sojourner Truth et Angelina Grimke Weld parmi ses amis et membres.

Grandir adventiste a brisé mon coeur. 

L’église m’a beaucoup appris en matière d’isolationnisme, d’arrogance et de peur de l’autre, au travers des murs que nous construisions autour de nous chaque sabbat. Je grandi en regardant les personnes autour de moi protéger leurs croyances dans une paranoïa obsessionnelle.

Les rituels, souvent vides, de communion et de lavement des pieds m’ont enseigné l’hypocrisie et la cruauté occasionnelle de ceux au pouvoir, qui croient avoir raison et sourient lors d’un acte destiné à nous rappeler le service, alors qu’ils combattent ceux qu’ils considèrent (maintenant) comme dangereux.

Notre histoire, qui m’a été donnée comme « Vérité Présente et Dynamique », a été dépouillée de ses contextes Victorien et Edouardien, et présenté en tant guide sur le chemin de la Sainteté. Au lieu de me donner la vie, elle m’a laissée aux prises avec la honte et la peur beaucoup plus longtemps que je ne voudrais l’admettre.

Donc, je me retrouve sur cet escalier, pour échapper désespérément à la célébration de violence systémique ci-dessous. Vous nous avez dit de « sortir d’elle » et nous l’avons fait. Et, en partant, nous sommes parvenus à réaliser douloureusement que vous étiez notre Babylone. Nous échappons désormais à l’étreinte de votre violence systémique, du patriarcat, de l’homophobie, de la peur isolationniste. Nous fuyons vers l’inconnu, la marge, et le mystère.

En tant que cinéaste, je travaille maintenant avec des amis pour créer des rituels profondément enracinés dans l’espace sacré, la résistance, et en écoutant les voix de ceux qui ne sont jamais entendus. Ces concepts sont des dons de l’église adventiste et des cadeaux pour lesquels je serai toujours reconnaissant. Je regarde autour de moi et en vois d’autres, prenant également le plus beau de ce qu’ils ont acquis de leurs racines adventistes et le transformant dans de nouvelles, de belles choses.

Beaucoup d’entre nous ne reviendrons pas. L’église est devenue un anathème pour nos valeurs les plus profondes, les valeurs que vous nous avez données, par inadvertance ou non. Nous sommes les aïeuls et prêtresses de quelque chose que nous n’avons pas encore pleinement commencé à saisir. 

Rejoignez-nous. Laissez vos espaces sécurisants, vos stades brillants et l’apparat. Quittez le confort de la scène et gravissez votre chemin dans les ténèbres, car c’est ici, dans cette obscurité, que Dieu vous attend.

H. LESLIE FOSTER, Cinéaste

(http://lesliefmuse.com)

 

Protologie et eschatologie : un autre regard

Suite à un article surprenant écrit par le Docteur en théologie Richard Lehmann, paru dans une revue paroissiale de janvier 2014, je souhaite apporter quelques éléments d’un positionnement différent.

J’ai en effet appris que je faisais jusqu’alors partie d’une catégorie regardée semble-t-il avec une certaine tristesse : celle de ceux qui sont en contradiction avec « leur propre foi ».

Quelques unes des idées exprimées méritent donc, je pense, d’être abordées avec un angle différent.

Penser que la science trouverait inconséquent le retour de Jésus sur des nuages, si ceux-là ne changeaient de structure, me semble un peu simpliste. Et l’opinion selon laquelle la science aurait un « champ restreint » au regard de « l’ouverture sans limite » du domaine de la foi, me semble relever d’une mésestime surprenante, pour un érudit tel que l’est son auteur.

Disons le tout net, je ne suis ni un scientifique, ni un théologien. Mais je fais ce que tout humain est appelé à faire:  je lis, j’observe, je réfléchis et je débats. Enfin je me positionne, relativement, et de manière évolutive.

Je suis parfois surpris de certaines positions, interprétations, traditions de pensée, ou évolutions du monde. Pourtant, je me dis que chaque philosophie est le fruit d’une histoire collective, culturelle puis personnelle.

La vision de Dieu, des origines, de l’avenir, de la fin sont évolutives, y compris dans la Bible. Il nous plait à nous autres, êtres humains, de cadrer, normaliser, et dogmatiser. C’est populaire, ça étalonne la pensée, et classe les personnes. ça dit ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, ce qui est moral et ce qui ne l’est pas, ce qui est cohérent et ce qui ne l’est pas.

En parlant de la Création selon la Genèse avec des amis littéralistes, j’ai l’habitude de prendre l’exemple des aventures d’Asterix et de Cléopatre, dans lesquelles, après la construction en un temps record des bâtiments, (ce qui, aujourd’hui, ne semble plus insurmontable compte tenu de l’évolution des technologies), notre druide éternel Panoramix plante des glands magiques qui engendrent instantanément des arbres plantureux, et créent en quelques heures un jardin luxuriant en l’honneur de la grandeur Egyptienne et de Cléopatre. Une fable comique, convient-on, dans laquelle se cache tellement de sens cachés, de révélations sur l’être humain sur la société, le monde… Il appartient donc au lecteur de mettre en mouvement cette fable pour se l’approprier en tant que source de réflexion et de positionnement. C’est d’ailleurs le propre de l’art, de la poésie, de la science fiction, de la peinture… Tout cela parle à l’âme. et l’Ame c’est la vie.

Mais revenons à notre fable : qui peut y croire? L’on traiterait d’enfant encore allaité toute personne dont la pensée serait captivée par cette magie! Des glands traités dans une potion magique, se jouant des lois de la vie et défiant les années de pousse nécessaires à des arbres!

Si Dieu est hors du temps, il est le maître du temps. Toute la Bible mentionne le temps de Dieu comme étant le résultat de l’attente indéfinie d’un instant inconnu. Notre monde est dans le temps et l’univers raconte le besoin de temps de la Vie, des êtres, du monde. Alors…

Restons « bibliques » et reprenons donc un certain nombre de déclarations de Jésus : « que celui qui lit fasse attention » à propos d’une prophétie de Daniel; « qu’est-il écrit, que lis-tu? » à l’adresse du légiste qui interpelle Jésus sur le moyen d’obtenir la Vie Eternelle; « vous ne comprenez ni la puissance de Dieu, ni les Ecritures » déclare Jésus aux Saducéens qui se moquent de la résurrection!

Oui,  Jésus interpelle souvent ses interlocuteurs ou ses contradicteurs sur leur lecture, leur interprétation, leur compréhension des Ecritures. Que n’en serait-il pas de même pour nous? Au travers des deux testaments, nous voyons la lente, très lente progression de la vision humaine de Dieu, la longue et infinie élaboration de la compréhension de choses insaisissables. Le tragique besoin de magie des sociétés humaines. L’imparfaite dissociation entre un Dieu Tout-Autre et les dieux fait de main et d’esprit d’homme.

Le deuxième commandement est particulièrement intéressant et très peu connu de notre recherche communautaire. « Tu ne te feras pas d’image taillée ni de représentation quelconque de ce qui est… ». Je suppose que la réaction inconsciente de beaucoup d’entre nous est de l’ordre du « non concerné » : on n’est pas comme les catholiques, les orthodoxes, les animistes etc… qui adorent ou vénèrent des images et/ou des idoles tangibles… Et pourtant!

Il me parait possible à partir de ces préambules de proposer une autre approche des ces textes fondateurs.

Prenons tout d’abord les textes génésiaques : Les intentions de ces passages sont multiples, ils vont de la démythification des origines en milieux polythéistes et idolâtres à une éducation à l’humilité (juste positionnement), une glorification du Sabbat, une école de repos et de liberté, en passant par une différenciation égalitaire de l’homme et de la femme, le rejet de la confusion, et la création du temps, bien entendu. La liste est loin d’être exhaustive! Peut-on alors affirmer qu’une autre intention est de nous dire en combien de temps et quand (à peu près) a eu lieu cette Création?

Il me semble raisonnable et non dangereux de penser que le texte de la création nous hurle qu’il ne faut pas le prendre à la lettre. La pensée hébraïque a beau être loin de notre pensée moderne et peut-être post-moderne (quoi que..?) je crois qu’elle parle aussi à notre raison aujourd’hui. Autant de magie et d’incohérence faisant insulte au bon sens « paysan », pour un texte qui démythifie, cela me semble hautement improbable! Je ne pratique pour autant pas non plus ces tentatives des uns ou des autres qui consiste à vouloir calquer les audacieuses hypothèses des scientifiques à un ode à la création, ou bien encore à fermer les yeux sur ces incohérences pour croire, en prétextant une foi pure, à une littéralité du récit.

Le texte me crie de ne pas m’attacher aux images magiques qu’il me renvoie, mais de chercher derrière et autrement ce qu’il veut dire et me dire.

TOUT, absolument TOUT est possible au Tout-Autre. Mais ce n’est pas parce que l’on dirait « c’est Dieu qui fait cela » que ce n’est pas de la magie! Dieu n’est PAS un magicien, et il abhorre la magie! Dieu est Créateur et l’Etre fait naitre. Cette conviction me suffit pour observer avec énormément de curiosité et d’intérêt les interprétations et modèles mathématiques issus, ou à l’origine, des observations scientifiques dans l’infiniment petit et l’infiniment grand. Le champ de la science est aussi peu limité que celui de la foi. Et la science contribue à augmenter ma foi car elle démystifie la nature tout en m’émerveillant de la Parole Créatrice du Tout-Autre…Cela me suffit disais-je, aussi, pour m’attacher à creuser, creuser, et creuser sans m’arrêter, pour faire vivre en moi cette Parole d’Amour, de Salut.

Le récit de la Création se termine en apothéose par l’institution du sabbat. Selon certains esprits peut-être craintifs, l’abandon d’un fondamentalisme littéraire en la matière saperait tout simplement la validité et l’intégration du Sabbat dans nos croyances, puisque celui-ci est directement relié à la Création en six jours dans de nombreux textes. Je ne conteste pas ces textes, mais j’aimerai que des esprits de bonne volonté et plus savant que moi se donnent le droit de relire ces textes et de les remettre en perspective. « Qu’est-il écrit, et que lit-on? »

Le Sabbat est LE signe du caractère et Désir Divin pour l’homme, il est la volonté du Créateur de la dignité de ses créatures. Il est la loi de non-mercantilisation des êtres entre eux. Il est la parole qui appelle l’homme à se reposer de ses oeuvres, à les contempler, les présenter à Dieu et décider ou non qu’elles sont bonnes. Il est le souvenir que « tout est très bien » quand la Parole sort. Le Sabbat est légitime en lui-même si besoin était, mais j’oserai avancer ici que le fait qu’il soit le couronnement de la création est la première révélation de l’incarnation divine.

Je ne crois pas au littéralisme du récit génésiaque. Mais je crois que Dieu à créé le monde et qu’il nous laisse la possibilité de chercher par d’autres méthodes les réponses au « quand et comment ». Je crois que Dieu respecte le temps, et qu’il nous le montre. Je crois au mystère de la Création. Il ne me parait pas plus fou de croire en la création que de croire en l’improbable de l’apparition de la vie par hasard. Mais prenons garde à cette forme d’obscurantisme, sous prétexte de loyauté à la Vérité, naturellement consubstantielle aux fondamentalismes. Que ceux qui adhèrent à cette position schizophrène ne se moquent pas de ceux qui acceptent de faire grandir leur foi en rejetant la magie d’un certain littéralisme tout en acceptant le mystère d’un texte éternel et abyssal.

Venons-en maintenant aux textes eschatologiques. Trop nombreux pour être cités ici il sera aisé au lecteur d’en faire le recensement. Cependant un rapide examen des différentes descriptions du « paradis » sont pour le moins antagonistes et paradoxales.

« La Bible est cohérente » déclare l’auteur cité en-tête, et je l’approuve! Que l’on me permette d’ajouter qu’elle n’est pas réductrice.  Elle explique par exemple que Jésus avait changé de nature à sa résurrection : apparaître et disparaître, traverser des murs, s’élever sur des nuages, après avoir fait route pendant plusieurs heures sans être reconnus par ses disciples…? Être monté vers son père puis être redescendu de nouveau pour repartir après quarante jours…? Tout en ayant les cicatrices de sa passion… Tout cela révèle un monde « parallèle » mystérieux -mais bien présent- dont les lois, physiques notamment, nous sont actuellement inconnues. Le fait que Jésus revienne sur les nuages, ou que de rien réapparaissent des êtres disparus depuis longtemps, relève donc de cette économie. Nous pouvons également approcher ce mystère dans la conception, la naissance et la survenance des âmes vivantes dont nous faisons partie, ici-bas. Pour ce qui concerne tout cela, l’Apôtre Paul déclare que « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». Tout cela ne me choque  donc guère et me semble faire partie d’un monde et d’aptitudes que je ne connais pas, mystérieux mais certainement pas stupide.

Parlons donc « des enfants qui joue avec les prédateurs », « du loup et de l’agneau qui paissent ensemble », « des hommes et des femmes qui ne se marient plus » (mais qui font des enfants!), des maisons bâties, des vignes cultivées, alors que la Jérusalem nouvelle est un cube parfait gigantesque, etc… Si nous acceptons le littéralisme de la genèse alors nous devons accepter le littéralisme de ces descriptions fantasmagoriques et incohérentes. Quelle aventure sans espoir! De l’ordre des Saducéens qui émettaient la réelle difficulté suscitée par les noces successives d’une malheureuse épouse au regard de la vie conjugale au Paradis. Jésus nous répondrait de même : « Vous ne comprenez ni la puissance de Dieu ni les Ecritures »! Loin de moi la prétention de la comprendre! Mais au moins d’adopter une attitude humble et espérante. Humble car je veux me positionner comme écoutant et respectant le mystère tout en continuant à chercher les significations dedans et au-delà des mots et des images. Pas de doute crasse, de dénigrement ou d’obscurantisme en forme de « foi ». Et espérante car « ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». Les textes nous crient de ne pas nous attacher à la lettre et aux images. Dieu hait la magie, mais sa puissance est infinie. La Vie Eternelle a déjà commencé pour moi et le Royaume de Dieu est parmi nous.

Soyons clairs : Encore une fois, je crois Dieu tout à fait capable de créer tout instantanément. Mais est-ce sa nature? Quelle image adorons-nous (avec sincérité) de Dieu, des miracles, des récits de surnaturel? A quoi tout cela me sert-il? A quoi est-ce que je m’attache? Aux signes? Ou à leur Auteur?

Entre le dénigrement de l’Ecriture par une science au « champ restreint », et une attitude, à mon avis restrictive, qui prétexte la « foi et son ouverture sans limite » pour restreindre la pensée, il y a une voie plus satisfaisante et plus risquée, (quoique!!), mais rassérénante, que je choisis chaque jour, et qui consiste à traquer et combattre mes « images taillées », et à laisser Dieu devenir et présenter à mes yeux et dans mon coeur ce qu’Il veut être et faire en moi et autour de moi, au travers de ces textes merveilleux, mystérieux et pédagogiques.

Olivier Sommer, février 2104

 

Alerte au meurtre de l’âme!

Attaquée, bafouée, humiliée, déshonorée, indignée, insultée, déniée même l’âme humaine, l’âme de l’humanité.

Qu’est-ce que l’âme ? Pour moi, ce mot exprime l’immatériel d’une entité, d’une personne, d’un groupe, représentant l’identité et l’individualité de ces derniers, prenant forme, s’exprimant au travers du corps, de la parole, des actes et attitudes, des orientations prises dans tous les domaines interagissant avec eux.

Je brûle à l’intérieur. Je pleure au dedans de moi. Un sentiment de tristesse, de révolte, d’impuissance et finalement de colère m’habitent, devant la monétarisation, l’instrumentalisation de la justice, de la politique, de la religion, de l’éthique, de la morale, de la paix, de l’humanitaire, du sexe, et de l’amour, enfin de l’âme.

Là, une jeune fille qui vends sa virginité aux enchères pour payer ses études… !!!

Derrière, le pape qui honore des négationnistes, honorant ainsi la bêtise et la malhonnêteté intellectuelle.

Dernièrement le même Panzer Cardinal rejetant toute utilisation du préservatif pour limiter l’autodestruction massive du continent Africain et de toute autre population du monde menacée par ce fléau. Je crois en l’idéal de la monogamie, mais devant la réalité, je milite pour l’utilisation du préservatif

Ici, un adolescent attardé et excité, charismatique mais allumé qui dirige notre pays selon son bon plaisir, arrachant, coupant, menaçant, monnayant, écrasant, déstructurant avec désinvolture et violence, aidé en cela par une armée de mollusques fascinés par l’enfant-roi, ou sinon fascinés, profitants abondamment (parfois même pas !) des saveurs excitantes du pouvoir et de son ombre :« malheur au pays dont le roi est un enfant !

Là, un projet de loi, inique, aveugle, et profondément antagoniste avec la liberté de communication, prêt à être voté sans discernement par une armée d’aveugles à la solde d’une idéologie guidée par la loi du gain, et donc à la merci des lobbies occultes et majors financiers. La loi Hadopi fait partie des non-sens promus politiquement corrects !

Là, encore, une logique sans faille de la lutte contre l’immigration non choisie, qui me criminalise. Je fais partie des gens qui ont aidé où aident les sans papiers, volontairement ou fortuitement. J’assume, et suis prêt à être condamné pour cela. J’appelle à la désobéissance civile quand les lois vont à l’encontre de la conscience et de la dignité humaine. La France bafoue publiquement sa propre identité, et je m’y oppose. Heureusement, des artistes s’en mêlent et montent au front.

Là-bas, dans une école, des policiers occultes enquêtent et confisquent les dossiers scolaires de deux élèves particulièrement actifs contre la démarche Darcos.

De l’autre côté de l’Atlantique un homme et ses pairs profitent des avantages de l’ancienne présidence, après avoir contribué à détruire l’Irak, en mentant effrontément au monde entier, au nom du Pétrole et de l’Evangile. Ne sera-t-il jamais amené en jugement ? Mais que fait le TPI ?

Au cœur de la vie économique, nombre d’artisans suffoquent devant le poids des règlementations de plus en plus drastique, mettant l’entreprise individuelle devant les mêmes charges financières et procédurales que l’entreprise de 50 salariés.

Nous payons toujours autant d’impôts, mais l’état sous-traite le contrôle du respect des règlementations à des organismes privés, qui font payer très chers leurs nouveaux marchés, et s’enrichissent de manière éhontée.

La loi du marché, constituant du libéralisme débridé, l’idéologie suprême, qui donne tant de force politique aux financiers, est largement écartée quand il s’agit de sauver les intérêts de ces mêmes financiers fautifs, sous prétexte de sauver des emplois. Que l’état reprenne alors le contrôle mais le vrai, le juste. Et que l’on cesse de nous bananer d’idéologies changeantes au gré de la sauvegarde des intérêts.

L’âme est en danger parce que finalement le monde est dirigé non pas par l’intérêt de l’âme, mais par la loi du pouvoir, et du porte-monnaie.

L’âme doit être nourrie de bon, de beau et de vrai et est éprise de liberté. Les belles âmes sont celles qui ont pu naître et être favorisées de cette manière. Il appartient à ceux que l’on élit d’être conscient de cela et totalement dévoués à cette cause. La réalité de la vie va alors nuancer effectivement la concrétisation de cette orientation fondamentale, c’est le pragmatisme.

Les spécialistes de chaque secteur concerné doivent pouvoir s’exprimer devant les commissions ad-hoc au Parlement et au Sénat, cependant : que nos élus soient probes, honnêtes et désintéressés dans leur jugement, et aptes à reconnaître devant la réalité qu’ils n’ont pas su : c’est humain.

Je crois qu’il faut parfois se confronter à la volonté première du peuple, car celui-ci ne voit pas forcément toujours la finalité de son désir, mais un seul homme non plus. Certains sont visionnaires, mais les visionnaires ne sont pas toujours aptes à poser les actes conséquents de manière adéquate. Le dialogue, la pédagogie, la patience sont nécessaires.

On attente à l’âme aujourd’hui, de manière délibérée, en occident. Je réprouve publiquement la mise à mort de l’âme par l’obscurantisme, le marketing commercial et politique ainsi que la monétarisation ou l’instrumentalisation des valeurs qui font la dignité humaine.

Je me bats avec les armes qui sont les miennes : la parole, la présence, l’honnêteté, la vérité, et l’amour que j’ai pour l’humain.

«Aimez l’Homme en celui dans lequel vous ne pouvez aimer la Personne» (auteur ???)

Olivier SOMMER

Acceptation Inconditionnelle?

C’est une grande question que l’acceptation inconditionnelle.

Je ne crois pas que l’on ait le devoir ou le droit d’accepter tous les comportements d’une personne.

Mais, en ne les acceptant pas, on a le devoir d’éloigner la personne de soi « après un premier et un second avertissement ».

Et ça c’est la plupart du temps impossible dans le cadre familial. Apparemment.

D’après une certaine interprétation de la fameuse parabole des talents, le rejet dans un lieu de pleurs et de grincements de dents du serviteur n’ayant pas fait fructifié le talent confié, lui permettrait d’apprendre à se prendre en charge dans d’autres circonstances, au travers de la souffrance.

Mes paroles sont scandaleuses. la communauté religieuse ne veut plus de moi. Cela m’a forcé à me détacher d’elle et à ne plus la considérer comme détentrice indigne de la vérité.

Bénédiction.

Qu’en est-il de nos enfants ?

Chez nous ils sont chez eux ; oui. Tant qu’il obéissent aux règles de la maison. Celles-ci sont arbitraires en partie, car produites par nos principes, nos croyances et surtout nos sensibilités. Ils peuvent nous juger, critiquer reprocher. Oui. Mais j’assume la loi que j’édicte. Cette prise de responsabilité et de position, force l’enfant à se différencier et à s’extraire du miasme pathologique de la symbiose parentale.

J’accepte que mon fils/ma fille le reste inconditionnellement, mais cela ne m’empêche pas de tenir à ce que je suis, veux et peux vivre.

Et l’amour que je lui porte ne peut se réaliser qu’à cette seule condition.

Une belle citation :

« La véritable bonté est extrêmement rare. Ceux mêmes qui se targuent d’en avoir, ne pratiquent bien souvent que le laxisme ou les compromissions ».

Ben tu vois, tout ça c’est bien beau, mais ça m’empêche pas de vociférer régulièrement sur mes enfants sans beaucoup de résultats…et sans les chasser… !

Olivier S

Pamphlet pour un mariage

Théologie, sexualité, spiritualité, religion, psychologie, émotion, différence… Le mélange de tout cela, c’est l’Homme, c’est le mariage aussi…

Chers mariés, Chers invités, chers amis, chers ennemis, chers soeurs, chères frères, chers cons…

euh…pardon, j’ai écris cette bafouille dans la voiture, et pour pouvoir placer un mot entre deux virages, je les ai résumé : ça voulait donner “chères consoeurs, chers confrères !

Mais… je digresse, et si je ne veux pas gaspiller le temps qui m’est imparti avant de retourner à la poussière, comme la fleur de l’herbe, et d’être appelé en jugement pour tout cela par le divin plénipotentiaire, non…c’est…le divin Tout Puissant !

Remarquez qu’il n’y a pas grande différence !!!

Mais quand même, avec une bonne exégèse, ça pourrait faire ressortir des nuances notables, des nuances maires quoi ! Et …

Bon revenons à notre sujet.

Je connais les mariés, et surtout le marié depuis le même temps qu’il faut à un canon pour refroidir, c’est à dire un certain temps.

Et cela ne me permet pas de dire grand chose sur eux, ni dessous, ni par derrière. Cela m’interdit même de leur adresser aucun conseil, ce qui pourtant est de tradition dans un certain milieu.

Pourtant, pourtant, il me parait utile, ayant fréquenté l’un et pas l’autre, de leur rappeler un certain nombre de lois importantes et pérennes, propre à assurer la stabilité d’une coquille de noix ayant l’intention de devenir paquebot, quand elle sera grande.

J’ai dit des lois pas des règles. La loi en effet est un pédagogue, rappelée gentiment par la maréchaussée le septième jour de chaque semaine, tandis que les règles nous rapellent tous, hommes et femmes, mariés ou concubins, à l’ordre (enfin…) selon un cycle que je pourrais qualifier de “lunaire”.

Par exemple, une règle est dite à propos de la pratique d’une langue, et de sa traduction. Il me parait utile, bien que peut-être un peu tardif, de rassurer définitivement la jeune Madame sur un certain nombre de points d’interrogation qui pourraient subsister quant à certaines expressions, peu banales dans un milieu crétin…euh …chrétien, qui auraient pu être entendues dans la bouche de son nouveau mari. Il est bon de savoir que celui-ci est une véritable “pive” en anglais.

Ainsi, mon cher ami, il faut prendre garde aux faux amis qui sont courants en matière de langue donc, aux sonorités trompeuses, voire au similitudes de l’ordre de la représentation symbolique, entrant dans le champs du désir, en tant que gouvernant le sujet à son insu, alors même qu’il est en recherche de son Moi-sujet profond, à l’écoute volontaire du borborygme primal et de son…mais je m’égare, et je voulais simplement te dire l’ami, que, quand la dernière fois que tu as voulu faire preuve de romantisme et de modernité, tu as voulu traduire de l’anglais, à ta chère et tendre, la phrase “I love your face so much” par “j’adore tes fesses”, ce n’était pas la meilleure idée que tu aies eue !

En résumé, jeune mariée, enlève de ta tête ces désirs imbéciles de romantisme fleur bleue et de relation platonicienne, ton homme sera toujours nul…en anglais… à moins… qu’il aprenne la langue avec toi…

Je ne peux d’ailleurs que me rappeler une phrase éminemment signifiante et réflexive, émanant d’un auteur que les hommes de Néandertal feraient bien de lire. Etait-ce dans “la personne et le personnage”, “les forts et les faibles”, “médecine de la personne” ? les références se brouillent dans mon petit cerveau d’ouvrier et de cul-terreux !

Paul Tournier donc, puisque c’est lui, écrivait (d’ailleurs c’est toujours écrit) : à ceux qui lui demandaient ce que c’était que de dialoguer avec Dieu :

“pour moi, le dialogue avec Dieu se confond avec le dialogue avec ma femme”

Grande vérité qui dépasse votre entendement tas de nazes !

Cet adepte de la pipe avait, lui, tout compris, en effet.

Quand un enseignement sacré pluri millénaire enseigne l’unité, l’union et l’harmonie, elle les confond malgré ses dénégations virulentes douteuses, elle les confond, et c’est le suprême mensonge du diable qu’elle enseigne, elle les confond, donc, avec l’uniformité, le “penser juste”, et la confusion.

Le dialogue avec Dieu, accomplir la volonté de Dieu, c’est être autre avec l’Autre. C’est l’altérité créatrice, c’est le désir ontologique de la différence, c’est naître à soi même en dialoguant avec un blanc alors qu’on est noir, c’est considérer avec respect celle qui me fait chier, considérant qu’en me brisant les noix, elle exprime sa réalité fondamentale, à savoir qu’elle est elle et qu’elle veut être aimé par lui pour ce que “Je suis et ce que je serais”, rappelant à toute fin utile le formidable et profondément mystérieux “éhiè asher éhiè” du mythe fondateur de 3 des grandes religions de ce monde.

Mais… je me suis égaré, encore une fois,

Il est important que j’arrête là d’écorcher inutilement vos oreilles et de gaspiller salacement votre temps.

Je terminerai donc juste par deux derniers viatiques égaré d’une prestigieuse origine

à l’adresse de l’amant tout d’abord :

Honore Dieu, la reine, et… ses seins.

à sa femme, avec toute ma compréhensive attention :

Femme, soumets toi à ton mari ! …enfin, sur lui aussi c’est bien, (c’est même mieux pour contrôler l’évolution de la relation.

Olivier S

Noël ou l’éloge de l’épée

Cette année encore, les journalistes français spécialistes des affaires religieuses n’ont pas eu à changer grand-chose sur leurs articles des années précédentes pour informer le grand public en cette période de Noël ! En effet, comme dans le film « Amen », l’inquiétude papale est grande, ce grand monsieur étant consterné de constater l’extension galopante des conflits sur la terre. Mais, comme toujours et encore, Urbi et Orbi n’ont pas grand effet sur les cœurs, le message est toujours le même. Les chrétiens toujours moins nombreux, les églises chrétiennes toujours en crise, la « Bonne Nouvelle » devenue « Dogme Rassis » se contente en cette période de mémoire bi-millénaire, d’être énoncée par les chefs et les bergers d’enfants de dieu assoiffés, comme autant de messages faussement lénifiants sur la paix !

Jean Ferrat chantait « quelque chose ne va pas dans mon royaume de France ». Je reprends son refrain : « quelque chose ne va pas dans mon royaume de dieu ». En tout cas dans celui que l’on m’a annoncé et que l’on annonce malheureusement encore.

Chaque fois que je dénonce, devant un public concerné, de manière plus ou moins véhémente, l’inefficacité du message chrétien comme source du désintérêt des personnes et des peuples occidentaux pour ce message, on me répond, choqué, que j’ai tort, que le message n’a rien perdu de sa vigueur, mais « que Jésus avait annoncé que la foi se raréfierait vers la fin des temps, et donc que ce qui se passe est bien la preuve du déroulement des prophéties ». Ce à quoi je rétorque que c’est bien à cause de cet état d’esprit stupide et mystique que l’on n’avance pas !

« Tout est dans l’œil de celui qui regarde » (Avec l’accent chinois dans le texte !).

Rappelez-vous cette petite histoire :

Un fabricant de chaussures envoya deux commerciaux faire une étude de marché dans un pays lointain. Après quelques semaines d’arpentage, nos deux compères revinrent avec un rapport extrêmement succinct. Le directeur s’en étonna et écouta leurs commentaires : le premier déclara :

– Monsieur le directeur, dans ce pays de 10 millions d’habitants, 90% ne portent rien aux pieds. Visiblement cela leur va très bien et il ne sert à rien de perdre notre temps pour des gens qui ne s’intéressent pas à nos produits.

Le directeur, pensif, se tourna vers le second qui déclara, enthousiaste :

– Monsieur le directeur, dans ce pays de 10 millions d’habitants, 90% ne portent rien aux pieds. Seules des industries pharmaceutiques font des fortunes en leur vendant des soins pour pieds abîmés. Nous avons là le plus formidable marché de toute notre existence !

(Silence interrogatif pour les insensés, éclats de rire pour les sensés…ou le contraire !)

Je ne peux laisser passer ce Noël sans vous faire part de mon intérêt pour vous, mes amis, mes lecteurs, pour votre entourage, pour l’ensemble de ceux avec lesquels j’ai été, je suis, je serai un jour en contact. Mais je ne vous souhaite pas la paix que les bien-pensants se souhaitent. Non, décidément pas ! Je vous souhaite au contraire de passer, cette période-ci, par le tranchant de l’épée !

J’ai comme une petite idée que si j’en restais là, je ferais des dubitatifs. Cela serait intéressant, mais à très court terme. Donc…je continue mes vœux :

« Ne croyez pas que je sois venu pour apporter la paix, je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée… »

Un grand homme a dit cela un jour. C’est le genre de déclarations de lui qui ne sont pas les plus connues et les plus célébrées, et pourtant j’ose croire que c’est de ce genre de message que l’espoir peut renaître aujourd’hui.

Le christianisme a cru de bon ton de présenter la paix comme signe de bonheur véritable, comme signe de véritable conversion, comme enseignement majeur du Christ. D’ailleurs, un ensemble de systèmes doctrinaux et organisationnels sont toujours mis en place pour émarger à coup sûr, socialement, spirituellement, et psychologiquement ceux qui contestent la « pax romana » ecclésiastique et civile, ceux qui dérangent « l’ordre de Dieu ».

Quelle plus belle preuve de non-conversion, n’est-ce pas, vient de celle ou de celui qui a encore une souffrance expressive, qui ne fait pas taire son inquiétude, sa souffrance, sa révolte, qui cherche la relation à l’autre de toutes les maladroites manières possibles ?

Ironie de l’Histoire. Celle-là même qui prétend apporter le salut, écouter les miséreux et misérables, être du côté des souffrants et des affamés, tente à longueur de siècle de faire taire en son sein ceux qui élèvent la voix pour remettre en question le message, les porteurs du message, parce qu’ils ont mal. Je veux parler de l’église chrétienne, quelle soit catholique, protestante, évangélique, orthodoxe, baptiste, adventiste, etc…

Alors mes chers amis. Il redevient évident que seule l’épée peut être à la fois l’instrument et le fruit d’une contestation, d’un sursaut d’instinct de conservation, bref, de salut !!

Dans les Ecritures que l’on appelle la Bible, le mot « épée, glaive » est employé à de nombreuses reprises pour représenter la puissance et l’efficacité de la Parole. C’est donc cette première acception, ce premier sens que j’évoquerai tout d’abord : beaucoup ont coutume d’accoler un P majuscule à la Parole qui viendrait du dieu exclusivement. Je prends la liberté d’élargir cet usage à la Parole humaine en tant qu’émanant de l’individu-sujet, celui-ci parlant en son propre nom, en JE, et donc en vérité.

Cette Parole est celle par laquelle la souffrance (le « mal ») se trouve démasquée, et donc potentiellement et virtuellement désactivée, détruite. Cette « épée » est celle qui me permet de me positionner de plus en plus justement par rapport à mon père, ma mère, ma sœur, mon frère, mon beau-père, ma belle-mère, ma ou mon partenaire de vie et de lit, mes amis, les autres, le monde, moi etc.. et enfin : le dieu (Dieu pour ses intimes). La Parole cherche et voit juste, elle est « acérée et donc disjoint jusqu’aux articulations les plus solides et les plus cachées ». C’est celle de l’altérité salvatrice. Elle permet, et en est le signe, à l’humain du devenir Homme et donc divin, éternel, en conséquence indéfectible d’une nouvelle naissance, la naissance selon l’esprit, la naissance d’en haut.

La deuxième signification maintenant. Le fruit.

A la réflexion, il paraîtra évident, je pense, à tous, que celui (ou celle) qui se met à parler en son propre nom, ne peut pas être écouté facilement. Il remet en cause inévitablement les certitudes toutes faites dont l’environnement nous abreuve depuis notre gestation intra-utérine, les enseignements tous prêts et incontestables, (en tout cas majoritairement incontestés) dont nous sommes gavés à l’école, à la catéchèse, au collège, à l’église, au lycée, à l’université, devant notre télé et notre radio. Quelqu’un a dit : « nul n’est prophète en son pays ». D’ailleurs les vrais prophètes sont pour la plupart éradiqués, car dérangeant l’ordre social, et surtout l’autorité en place. Comme les miséreux qu’ils défendent et cherchent à libérer, car ces derniers font désordre chez les bourgeois.

Fait-on taire, et comment, un nouveau-né qui a faim, a peur, a besoin de sécurité et d’amour ? Les journaux sont pleins de récits d’infanticides écœurants, commis par des tarés qui ne supportent pas les cris de leur progéniture. La vie dérange la mort.

La mise à mort des vivants, ou des « cherchant à naître », psychologiquement et socialement, est un meurtre, ni plus ni moins.

La mort infamante sous couvert légitime est la conséquence qui attend vraisemblablement celui qui promeut la vie. Quelques individus en ont réchappé. Mais ce sont des exceptions qui confirment la règle.

Un peu plus loin dans les Ecritures, Jésus, qui annonce apporter l’épée, est catégorique : « celui qui ne prend pas sa croix et m’accompagne derrière moi n’est pas digne de moi » ! Mes amis, si nous voulons vivre, il nous faut donc marcher, porter fièrement notre mort, comme le font les vrais vivants. A ce prix, et à ce prix seulement, nous sommes digne de soi et du Soi.

L’Epée salvatrice annoncée par la célébration de Noël, est donc à deux tranchants.

En ce Noël 2004, et en cette future année 2005, je ne souhaite pas la Paix au monde, mais cette Epée à deux tranchants.

En ce qui vous concerne en particulier, mes amis, je vous souhaite d’être bienheureux acteurs et bénéficiaire du premier, sereins et fiers vis à vis du second.

Avec toute mon affection à vous tous.

Olivier.

Epitre à Caïn

Mon cher Caïn,

C’est étrange d’écrire à quelqu’un qui est mort. As-tu seulement existé ? Tant de controverses au sujet de ce qui s’est réellement passé dans notre préhistoire, n’est-ce pas ?

Ce débat ne fera pas l’objet de cette lettre. Je suis loin de cela. En fait je crois que tu représentes tellement pour nous, êtres humains du 21ème siècle, que je veux bien croire que ton histoire est un mythe. Mais ce mythe est tellement riche, tellement fondateur, que ta réalité est là, prégnante jusqu’aujourd’hui. Que nous parlions de toi te fait donc exister et être bien présent au milieu de nous.

Au préalable je voudrais te rassurer : si comme, je le suppose, tu crains que ma prise de parole soit pour toi une « ennième » condamnation, alors calme-toi, ce n’est absolument pas le cas, bien au contraire.

Je veux donc d’abord te demander de m’excuser de t’avoir si mal jugé pendant tant d’années. Je peux m’expliquer, et je le ferai. Mais je demande ton indulgence. Dans mon milieu, avoir de la compassion pour un fratricide jaloux, ça n’est pas exactement ce que l’on nous enseigne ! Mais tu vois, on grandit, et aujourd’hui je suis bien décidé à faire mon autocritique !

J’ai écrit ailleurs que je m’attacherai désormais à être un anti-mythe. Cela paraît contradictoire avec ce que je viens de rédiger plus haut. Mais ce n’est pas le cas, loin s’en faut. Et tu en conviendras bientôt, j’en suis sûr.

Revenons à toi. Tu es un meurtrier fratricide. C’est un fait. Cet écrit fondamental de la Torah qu’est le livre de la Genèse ne fait pas dans la nuance. A un moment donné, ce que tu voulais offrir au dieu a été refusé par celui-ci et l’offrande de ton frère a, par contre, été agréée. Injuste apparemment, et bien évidemment facteur originel de jalousie. Alors… alors, plutôt que de voir et de traiter le véritable problème, tu supprimes le révélateur.

Cela n’a pas changé aujourd’hui. Quand quelqu’un montre un problème, on l’accuse de ne rien faire pour traiter le problème, d’avoir un esprit de critique, de décourager ceux qui veulent le résoudre, ou pire, d’être la cause du problème. « celui qui dit la vérité, il faut l’exécuter ». Tu ne connais pas ? C’est une vieille chanson rabâchée. Et cela ne nous sert visiblement pas…

Oui meurtrier. Pourquoi ? Pour quoi ?

J’ai relu l’histoire qui te concerne, en essayant de lire différemment ce qui est écrit, avec d’autres yeux. D’autres que moi l’ont fait avant moi, mais des filtres cultuels et culturels m’ont empêché d’en avoir connaissance.

J’ai alors été étonné de ce que j’y ai trouvé. Reprenons le texte un peu en arrière. Te voilà dans le ventre de ta mère. C’est la première fois qu’elle est enceinte, tu es son aîné. C’est forcément « magique » : elle s’ouvre à son homme, et hop ! Le germe, le fruit. Oui, mais pas n’importe où, dans son ventre. C’est qu’elle a un sacré problème ta mère, c’est quand même par elle que la première souffrance se fait jour dans la jeune humanité. Alors, la culpabilité, la dévalorisation personnelle, la domination de son mâle, le fait de s’être fait « avoir » par une saloperie de bestiole tout ça n’est pas fait pour lui donner une bonne image d’elle-même. Bref, tu es formé dans son ventre, et elle pense qu’elle a « acquis », « produit » un être humain avec le dieu. D’ailleurs tu es nommé ainsi, et ton nom a dû peser lourd dans ton éducation, ton « développement personnel » comme on dit maintenant…Caïn, soit « objet acquis, produit ». Bref, tu n’es que la propriété de ta mère, rien d’autre, c’est cela ton identité, au départ. Quel espoir peut-il surgir de tout cela ?

Alors tu vas t’échiner à produire aussi, produire des légumes, et tu es donc en prise directe avec la réalité de la prophétie divine : « le sol sera maudit à cause de toi, c’est avec peine que tu en tireras ta nourriture… ». Il est clair que c’est largement plus fatiguant que de garder des moutons comme ton cadet. Tiens, parlons-en de celui-là. Abel, c’est son nom. Celui-ci est nommé comme son importance aux yeux de sa mère : « vapeur, buée ». Je me demande quelle opinion tu devais avoir de ce cadet si différent de ta mère, cette écervelée hyperactive, si différent de toi, travailleur acharné et amer ? De ce cadet si rêveur, si tendre, si évanescent, si « effacé » ?

Ton travail ? Faire rendre à la terre ses fruits. Pour nourrir. Pour sûr, c’est éminemment utile, nécessaire. Et pourtant…Pourtant, quand vous allez ton frère et toi présenter votre offrande, la tienne n’est pas agréée !

Il n’est pas de mon sujet ici de réfléchir plus avant sur cette « injustice » apparemment flagrante. Mais c’est ainsi, et ce qui devait arriver arriva, tu en as reçu plein la gueule. Mais qui est donc ce dieu qui ne comprend rien, qui ne reconnaît que ce qu’il a envie de reconnaître ?

Tu as donc déprimé, Caïn. Tu as pourtant tant fait pour te faire aimer de ce dieu, de ta mère, de ce père qui ne t’a pas nommé, donc pas reconnu. De ce père que tu n’as pas, car ta mère ne l’a pas reconnu comme tel. Et cela n’a pas marché, magistralement démontré « au terme des jours ».

Tu es né orphelin et blessé. Et cette dernière humiliation t’amène au comble du découragement. Je compatis mon cher Caïn, et je t’aime parce que tu es un handicapé de l’amour. Tu es un « vilain petit canard ».

Ce qui est très étrange, dans l’histoire, c’est que personne ne parlera plus beaucoup de ton frère. De cette buée. Elle disparaîtra apparemment aussi vite qu’elle est apparue. Bien sûr on l’encense, on fait, avec cet agrément divin de son offrande, de la récupération christologique, on le cite en exemple aux petits enfants pas sages, et on te méprise. Mais je crois, moi, aujourd’hui, que la réalité est toute autre.

Je crois aujourd’hui que nous n’avons rien compris. Les théologiens en premier. Et je leur en veux. Car la connaissance qu’ils avaient et qu’ils ont de l’évangile prêché et vécu par Jésus auraient dû les amener à te prendre comme l’exemple même de l’exclu, du souffrant que le dieu aime par-dessus tout.

Je reprends le récit. Tu es déprimé, ton visage est abattu, « tes faces tombent », tu « fais la gueule » dit-on aujourd’hui. Et il y a de quoi !

Pourtant, ce n’est pas à Abel, à la « vapeur » que le dieu se met à parler, mais à Caïn, à « l’objet acquis ». Et il t’encourage. Il te donne des signes pour éclairer ton chemin. Il t’explique ce qui se produira si tu ne relèves pas la tête… Il t’avertit qu’un monstre se trouve à ta porte et est prêt à bondir sur toi. Il te met en garde contre cette menace dévastatrice qu’est la faute qui rôde autour de tout être en souffrance.. N’avait-il pas mis pareillement en garde tes drôles de parents ? Eux pourtant n’avaient pas souffert me semble-t-il ? Ou alors le texte sous-entend le contraire… Il faudra que j’y retourne.

Malgré cette sentinelle, tu n’arrives pas à relever la tête, c’est trop lourd, trop dur, d’avoir en permanence devant les yeux, en la personne de ton frère, la démonstration de ta propre conviction, celle de ne pas exister au yeux des autres. Alors tu portes le coup fatal. D’abord il est dit que tu te « dressas contre ». C’est important cela. Au moins tu t’es dressé. Alors oui, tu as commis une faute. Car tu n’avais pas appris à te dresser, te mettre debout, et encore moins de quelle bonne manière. Et il y a homme couché, suite à homme dressé. C’est tragique et parfaitement regrettable. Je crois que tu t’en es largement voulu par la suite, et tu as bien vu que cela n’était pas la solution.

Pourtant, on pourrait croire que le dieu va t’accabler, mais ce n’est pas ce qui se passe. Oui, bien sûr il te révèle la faute dans le filet de laquelle tu es tombé. Et il va t’annoncer les conséquences de cette erreur. Elle sont lourdes et mortifères, apparemment. D’ailleurs tiens, j’ai appris quelque chose dernièrement. Tu devais savoir toi, que le mot « faute » en hébreux, est tiré d’un verbe qui signifie « rater sa cible » dans le cadre d’un tir. Cela m’a fait sourire quand j’ai appris cela.

J’en viens à une réflexion toute personnelle. Où a-t-on appris que l’homme pouvait être capable de savoir instantanément comment se bien comporter ? Comment peut-on croire que l’on peut, aujourd’hui, être plus forts que nos ancêtres de la Genèse ? Et comment imaginer réaliste cette enseignement mystique qui consiste à propager et à croire que, miraculeusement comme par enchantement, il serait possible d’être « transformé » par adoption d’une simple croyance en un « Sauveur », et qu’en dehors de cela, tout est du vent ? Et que si cela ne se fait pas c’est forcément de notre faute ? A ton époque Caïn, vous n’aviez certes pas le poids « génétique » de la « faute » héritée, des faiblesses, innées et acquises. Et pourtant, aucun de vous n’a pu résister devant la faute. Alors ? Pourtant vous étiez, d’après le récit mythique, directement en contact avec le Créateur de toute chose ! Il y a donc matière aujourd’hui à ne pas se voiler la face devant le « principe de réalité » ! Incroyant donc, moi, non ! Mais incrédule, désormais, OUI !

Donc, excuse-moi de digresser constamment, mais voilà, le dieu ne te condamne pas, et il dialogue, encore, toujours. Fabuleux, non ? Ton histoire est une bonne nouvelle pour moi, Caïn. Ce n’est pas Abel que le dieu avait besoin de protéger. Abel n’en avait pas besoin. Il était d’un autre monde, au propre comme au figuré. D’ailleurs, tu lui as renvoyé à la face, au dieu, que toi tu n’étais pas le gardien de ton frère, et tu avais raison. Personne ne peut être le gardien de son frère. Seul le dieu le peut. Mais il ne l’a pas fait. Ce qui me sidère par contre, c’est que le dieu voit que toi, tu en as besoin, que toi tu le réclames. Et il te l’accorde. Où a-t-on jamais vu l’établissement d’un laisser-passer permanent, d’un sauf-conduit perpétuel en vue de la liberté d’un meurtrier ? C’est pourtant ce que le dieu a fait, à ta demande ! C’est vraiment grand ! « Et l’Eternel mit un signe sur Caïn pour que ceux qui le trouveraient ne le tuent pas », ouah !

C’est alors, Caïn, que tu as su que le dieu voulait plus pour toi qu’une offrande des fruits de la terre. Il voulait te voir t’asseoir sur ta faute et la dominer, il voulait te voir pouvoir être libre et vivant sans lui, mûrir, grandir et apporter au monde tout ce que toi et tes descendants nous ont apporté. Le goût de l’invention, de la créativité au service de l’homme, de l’art musical, et de bâtir des maisons et des villes, de forger les outils et de les utiliser.

Merci Caïn. Ton acte meurtrier était vraiment une saloperie, tu en conviendras, mais, ce que tu as reçu comme faveur vaut pour moi aujourd’hui bien plus que la faveur donnée mystérieusement à ton frère, cet « effacé » comme la buée sur les vitres. Ce dieu-là vaut pour moi, car je te l’avoue Caïn, je suis plutôt de ta race, et j’en souffrais. Mais je suis en chemin pour l’exil, la liberté, la guérison, comme toi.

Avec toute ma sincère considération,

Olivier

 

janvier 2005 : Commentaire de Alain

Il y a dans le verset 15, une phrase bouleversante révélant le véritable amour de Dieu pour Caïn :Si quelqu’un tue Caïn, on le vengera sept fois. Quel père n’a pas affirmé, si on touche un seul cheveux de la tête de mon fils je suis capable de tuer, et même d’en tuer sept. Ce n’est plus oeil pour oeil, dent pour dent (loi du Talion), c’est le langage de la démesure, d’un amour démesuré qui nous dépasse. Dieu est en train de dire à Caïn, je suis capable de meurtre tellement je t’aime. Je ne suis pas Caïn, on arrive facilement à s’en convaincre, mais combien de fois ais-je fait disparaître mon frère par mes propos, mes actes ou mes pensées. Alors, merci mon Dieu pour cette démesure à mon égard.
Bon vent à toi Olivier, mon frère que j’aime. Alain.

Antimythe

J’ai eu 40 ans cette année. Vous savez ce qu’on en dit : « la crise des 40 ans » ! Je crois que je n’ai pas échappé à la règle.

Cette année a été pour moi la plus terrible de mon existence. Les souffrances endurées tant sur les plans psychique, émotionnel, spirituel, affectif, intellectuel, familial et physique, l’ont été à un point jamais atteint auparavant.

Ceux de mes amis qui m’accompagnent depuis 20 ans savent pourtant que ma vie était pourtant loin d’être un long fleuve tranquille, et que sur le plan « galères », j’en avait déjà mon lot, et que loin de m’avouer vaincu, je mettais une énergie constante à avancer malgré les coups reçus !

Et pourtant…

La fin de l’année 2004, voit pour moi l’entrée dans un nouvel univers. Un univers ou mes 40 prochaines années me semblent porteuses de mille feux d’artifice, pleines de vie, de découvertes, de réalisations, de rencontres, sans oublier les combats à mener, les recherches à continuer, les vents contraires à utiliser.

L’année 2005 sera ainsi pour moi, une année de transition. Et notamment sur un point qui me taraude depuis des lustres. L’écriture.

Oui, l’écriture. Cette brûlure, en moi depuis si longtemps, de développer ma pensée par l’écrit. Ainsi, partager mes recherches, encourager à la réflexion, détruire les idées reçues, nettoyer une certaine « foi », libérer, désenchaîner, appeler, accompagner (Esaïe 58). En disséquant les certitudes, les illusions morbides, et les croyances mortifères. Bref, devenir un anti-mythe. Une simple vapeur, qui disparaîtra « comme la fleur de l’herbe », mais qui aura nourri l’industrieuse abeille, qui avec sa merveilleuse chimie transformera un peu de suc en miel prodigieux. C’est ce que je souhaite à ceux qui me liront.

J’ai la réputation d’être passionné et véhément, et je le serai. Certes, les années me « poliront » certainement, mais je leur laisse se soin. Je fais en attendant le pari de l’entièreté et du radicalisme dans mes analyses et les conclusions que j’en tirerai. A chacun d’en tirer ce qui lui sera profitable.

C’est cela aussi d’être un anti-mythe aujourd’hui, ne plus croire les « bons discours » pleins de paroles lénifiantes comme étant les seuls porteurs d’évolution et d’avenir.

C’est cela aussi d’être « né d’ailleurs « , où « né d’en Haut », pouvoir parler en « Je », assumer sa parole comme émanant du plus profond de son être.

C’est cette « nouvelle naissance » que j’aurai expérimentée cette année. Cette capacité de pouvoir dire « j’existe » et d’en explorer toute la liberté et la responsabilité dès à présent. Que ceux qui me le souhaitaient de manière « religieuse » encore récemment ne se réjouissent pas trop, le résultat n’était pas prévisible, et certainement pas à l’image de leurs attentes. En effet, Jésus ne dit-il pas : « C’est comme le vent : tu en entends le bruit et tu en vois les effets, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de tout homme qui est né de l’esprit.. » ?

A cause de cela, cette année 2004 est la plus importante année que j’ai déjà vécu, la plus fructueuse, la plus prodigieuse. Ma vie est un cadeaux fabuleux, et je remercie le « dieu créateur » (« la Vie » comme dirait Martine, non-chrétienne par dégoût, « fille de la Vie divine » par conviction. Et née de nouveau par réalité. Merci Martine de ton témoignage !) de me l’avoir laissé vivre encore une année. Car maintenant, je peux mourir en paix, je sais que je continuerai à vivre…

Je vous laisse sur cette citation extraordinaire :

« Le grand ennemi de la vérité est très souvent, non le mensonge – délibéré, intentionnel et malhonnête – mais le mythe – persistant, convaincant, et…irrésistible » J.F. Kennedy.

Olivier Sommer, 5 décembre 2004