Archives mensuelles : septembre 2004

Nouvelles Appétissantes

C’est par kilo que la nature nous apporte ses bienfaits. Il s’agit ensuite…de les perdre !

Salut à tous !

Voici un bon moment que vous n’aviez rien de ma part. J’ai honte ! Promis, je vais de ce pas me rattraper. Il vous faut donc un résumé de ce qui s’est passé depuis mon dernier article.

Mais cela se fera en deux fois au moins…

Qui dit fin de l’été dit CHAMPIGNONS : Sitôt dit sitôt fait, voyant le nombre de paniers de cèpes ramassés par des voisins et amis, je me dis que j’ai bien envie cet hiver d’un velouté arômatisé par cette « mycosité » si délectable…Et me voilà un dimanche matin de fin août, parti avec mon panier sous le bras pendant que le soleil pointait son nez du côté traditionnel. Ne connaissant aucun coin précis, je décidais de filer tout droit vers le sud, où un bois de chêne peu lointain m’appelait d’un hurlement totalement inaudible et silencieux. Au pif quoi.

Après une bonne heure de vagabondage, je tombais sur un parterre d’une centaine de mètres carrés où la densité de champignons totalement inconnus de votre serviteur était impressionnante. Partant du principe que : « quand on ne connaît pas, on ne cueille pas ! », je cueillais donc ces protubérances qui semblaient être toutes de la même race, mis à part leurs couleurs variant du vermillon au cramoisi, passant par une couleur rouille ou celle d’un vieux bordeaux plein de tanins…Et voilà mon panier plein en 10 minutes. Zut ! Je retournais donc à la maison décharger mon fardeau, identifier ce que pouvait bien être ces végétaux parasites, et munis d’une certitude polémique, (avec mon auguste paternel) puisée dans 2 bouquins contradictoires, d’avoir découvert une zone riche en Russules Délicieuses, je retournais accompagné d’une associée de circonstance. Et nous recueillâmes, à écumer le parterre, ces futures délicieuses spécialités végétales.

Panier de champignonsLe Panier de la Champignonière.

De Cèpes donc, point, mais de fricassée de Russules : 4 kilos.

La_FricasseeLa fameuse fricassée. « C’est pas vrai ! J’y crois pas ! ça se mange ? » (Manu)

C’est le même jour que je décidais de distribuer des auréoles de bénédiction atomique

Aureole_atomiqueAuréole Atomique

à la suite de la découverte de ces superbes « Rosés des Prés » soit des Champignons de Paris sauvages, à 100 mètres de la maison !

Agaric_des_JacheresAgaric des Jachères/rosé des prés

Ceux-ci furent mangés crus en vinaigrette le lendemain midi… « mes amis quel souper » (comme dirait une chanson connue des petits scouts !)

Mais voilà, pour le dessert, il fallait quelque chose à la hauteur. Alors que je revenais de ma cueillette de champignons, la nature m’appela soudain de manière piquante et sombre…devinez. Avec environ deux kilos de mûres,

Tarte_aux_muresQuand la nature bâtit des mûres !
c’est une superbe tarte que nous avons pu déguster. Espèce de tarte…

Bien sûr, les mûres continuant à donner, c’est environ 5 kilos de confiture qui ont été réalisés en 2 semaines, plus 2 litres de glace….

Le noir se faisant rare, un beau rose profond se dessinait à l’horizon, et depuis trois semaines, c’est environ 1 litres de framboises par jour que nous cueillons,

FramboisesLa première récolte

cette fois sur des plantes cultivées avec soins : et là, que d’imagination ! Entre les fromages blancs aux framboises, les confitures, les congélations de framboises entières, les compotes et autres coulis : que d’arômes !!!

Ce qui est un peu tardif cette année, ce sont les figues, mais les voilà qui ont pointé leur face joufflue et appétissante depuis dix jours, et c’est par dizaines que, fraîches, nous les mangeons sur les arbres.

Il faut aussi mentionner la récolte de courges et potirons divers, qui en a fait rire plus d’un/e : estimation 100 à 120 kilos cette année. Merci encore Eric !!!

une_sacree_recolteQu’est-ce que je vais faire avec tout ça ?

Les gratins et autres soupes font la joie des autochtones, et comme on se dit : il n’y a que le fromage et l’huile qui ne viennent pas d’ici. (Vive la Suisse !) Et le sel !

courges_penduesJusqu’à se pendre dans la haie pour m(o)ûrir discrètement !

Voilà pour les nouvelles agricoles et gastronomiques…

Côté constructions :

Yann_decapeYann prépare la rénovation

Nous aménageons la chambre de Yann avec lui depuis son retour de Madagascar, et celui-ci est très motivé.

pose_de_l_isolantPose d’une sous-couche isolante

Pose d’une fenêtre digne de ce nom dans le studio, après 12 ans de bons et loyaux services d’une vitre dormante.

Ol_pose_fenetrePose de la fenêtre dans la mansarde de Yann

Travailler dans des vieilles maisons toutes de guingois n’est pas une sinécure : il faut de l’imagination !

Pose d’une cloison en béton cellulaire dans une des grandes pièces du haut, afin de délimiter élégamment un atelier pour Madame Mère, et une chambre de visite sous les combles, plein sud, toute lambrissée. Avec les poutres de la charpente en travers : effet colombage alsacien garanti !! D’ici fin septembre nous aurons posé le nouveau toit d’une partie réhabilitée de la grange en ruine.

Côté mécanique : ceux qui me connaissent savent que quand mes mains restent blanches un certain temps, que je n’ai personne en apprentissage, et qu’aucune épave en restauration n’émaille mon univers : je dé-pri-me ! Lors donc, à l’occasion du premier stage en électricité que j’ai effectué en août (et je veux remercier ici chaleureusement Albert BINI, l’un des patrons de l’entreprise du même nom pour son accueil !), je me fis un nouveau pote du prénom d’Arnaud, apprenti électricien du coin, âgé de 17 ans, qui s’intéressait vivement à la mécanique. Dans le même temps, je vis une Dyane Citroën en piteux état. Me remémorant ma première voiture, identique, j’en tombais amoureux transi, et je décidais de la négocier à son propriétaire. Arnaud décida d’un commun accord que j’étais volontaire pour remonter cette voiture avec lui. J’obtempérai gaiement ! Quelques jours plus tard, nous voilà à cheval sur le châssis tant aimé. Je vous laisse découvrir cela.

Olivier_Arnaud_et_DyanSalle des opérations : Arnaud et Olivier opèrent Dyane

Dans la foulée, voilà-t-y pas que 2 autres ancêtres du même type arrivaient sur le lieu de l’opération (presque en salle blanche) grâce à François (le fameux des abeilles, vous vous rappelez ?) pour prêter leur pièces et en faire 2 avec 3.

Yann_Arnaud_et_moteurArnaud et Yann sortent le moteur de la bête

Dont l’une d’entre elle en version très spéciale que vous découvrirez dans les mois à venir (Message spécial : « C’est vrai Marik, on aura un peu de retard pour le Paris-Dakar » !!!). Quant à Arnaud, mis à part les guêpes, il n’a peur de rien, et c’est bravement qu’il se noya dans le cambouis, les culasses et autres soupapes.

Dans_la_culasseArnaud apprend de mauvaises nouvelles aux valves cardiaques

Rien à dire, comme il le dit lui-même, « c’est un guerrier » ! Compétences pour compétences, c’est grâce à lui que je compris enfin, après 40 ans de questionnement métaphysique, comment réaliser un « va et vient » entre deux interrupteurs ! Immédiatement mise à profit dans la chambre de Yann… (pour les ceusses qui se gausseraient de mon ignorance je vous invite à me montrer comment vous transformez une ID en DS, gag !)

Dernières news : J’ai effectué un stage en climatisation et plomberie, et c’était super ! Je me suis régalé à travailler avec un professionnel d’un niveau technique rarissime, d’une amabilité sans faille et doté d’une pédagogie à en faire pâlir plus d’un… Merci à René-Paul Legrand de la Société ECCEIF.

Je suis actuellement en attente d’une formation qui débuterait soit en octobre (électricité ou plomberie) soit en janvier prochain (Technicien en froid commercial et industriel) l’une des trois formations m’assurant un emploi immédiat à la sortie dans la région. L’avantage : une mobilité et une polyvalence qui permet de travailler dans des « entreprises intégrées ».

Sport : Yann s’est mis au Hip Hop, et franchement moi, j’hésitai entre les deux. Je préfère donc le Ping Pong. C’est plus clair, et tout aussi rythmé…

Enfants : Bien évidemment, Mélissa et Emmanuel font vide depuis qu’ils sont rentrés en Hte Savoie, mais ils vont bien et j’ai plaisir à les entendre régulièrement.

Comme je l’ai promis à certains d’entre vous, une rubrique concernant des cartes et des itinéraires pour venir jusqu’ici sera bientôt disponible « on-line » sur ce site.

La rentrée est faite pour la plupart d’entre vous, donc je vous souhaite un bon courage pour cette nouvelle année académique, scolaire et professionnelle.

Je vous laisse sur quelques belles photos.

Avec toutes mes pensées,

Olivier

L_entree_de_la_Roque_BasseL’entrée de la Roque Basse
La maison se trouve à droite cachée par la haie

Face_maison_4La Maison côté Est

Yann_sort_de_l_eauPas toutes à la fois voyons !

Yann et Madam’Gaspard

Quand on part en vacances, autant que ce soit original…

Eh bien, voilà,

Je suis parti à Madagascar du 5 juillet au 24 août 2004, invité à un stage de logistique et de mécanique auprès d’une famille de missionnaires d’ADRA (Adventist Development and Relief Agency). Pour ceux qui les connaissent, ce sont Jean-Philippe et Brigitte Lézeau, dans une petite ville nommée Moramanga (prononcer Moramang’).

Pour un premier voyage à l’étranger et plus particulièrement dans un pays africain ce fut une excellente expérience.

Maintenant parlons de ce que j’ai fait là-bas.

Premièrement, quand je suis arrivé, c’était la période de révision de plusieurs véhicules – pour les connaisseurs ce sont des Toyota Hilux, il y en avait cinq à réviser.

Yann_au_rapport_pour_firina

Yann_et_4X4Le « Hilux »

Puis arriva le moment que j’attendais tellement, le moment de partir en brousse, dans des paysage totalement inconnus de tout européen n’ayant jamais voyagé. J’ai beaucoup apprécié cette première « rencontre avec l’inconnu » : ces paysages et ces « routes » sont totalement différents de la France. Nous sommes partis de Moramanga pour aller à Firina. Dans la première partie du voyage, rien de particulier à part une bonne dose de « tôle ondulée » et de « nids de poule ». C’est dans la deuxième partie du voyage, après un petit village nommé Ambosar , que tout allait devenir plus compliqué.

Firina_4le Hilux en Plaine…action

La piste était très accidentée, il venait de pleuvoir, et la piste était donc très boueuse, et vu que d’un coté de celle-ci il y avait un assez grand fossé et de l’autre un ravin, si le 4X4 se mettait à glisser c’était la catastrophe assurée. Puis vint le moment de passer un pont, le plus « rigolo »je dirais, certain dirons « Que peut-il y trouver d’amusant ? », mais attendez les explication :il y a
– un 4X4
– un pont en rondins de bois
– une forte pente avant le pont.

Après ces descriptions je vous laisse imaginer « l’amusement » en question. Cette deuxième partie du voyage faisait 30 km et dura 1h30 environ. Puis nous sommes arrivés à destination.

Ensuite le deuxième « grand voyage » se fit entre Moramanga et un petit village nommé Lakato.

C’était encore mieux que le premier. A certains endroits on passait dans des traces, surmontées de chaque coté par un mur de 1m d’argile. Les ornières étaient profondes d’environ 20cm.

depose_une_plinthe_a_Lakatocomment déposer une plinthe à Lakato…

Puis nous arrivâmes à un pont qui était en cours de réalisation, mais un passage était prévu sur sa gauche, en attendant qu’il fût fini. Nous commençâmes à passer mais nous nous sommes rendus compte que si nous suivions les ornières nous allions « poser les ponts » (être bloqués par les frottements du châssis sur le sol). Alors nous décidâmes de passer entre les ornières avec le coté gauche du 4×4, et de faire passer le coté droit sur une petite bute entre l’ornière droite et un dévers qui tombait 4m à 5m plus bas. Alors je descendis pour limiter le nombre de victimes en cas d’accident. Le chauffeur commença à avancer, puis il ralenti sans sentir que le véhicule partait légèrement en glissade à l’arrière et qu’il allait droit dans le dévers. Il ré-accéléra mais ça ne servi qu’à enfoncer un peu plus le véhicule. Alors il s’arrêta et regarda dans quelle situation il s’était mis.

le_devers_a_Lakatole dévers…choir !

Jean-Phi prit les commandes, et s’installa au volant ; le chauffeur et moi prîmes des grandes planches de bois que nous calâmes sous les roues arrière, de manière à ce qu’elles s’aggripent dessus. Mais il accéléra trop fort et se mit à patiner, et donc eu du mal à diriger, alla droit dans les ornières et « posa » le pont avant. Alors nous enlevâmes la boue qui empêchait les roues avant d’avoir de la motricité, soulevâmes l’engin à l’aide d’un cric pour poser des planches sous les roues avant.

onpose_les_ponts_a_Lakatoles ponts ponés heuh…posés

Puis Jean-Phi reprit le volant nous sortît de ce mauvais pas.

La suite du voyage ne fut pas aussi poignante. A part certains ponts où nous devions passer les quatre roues sur seulement la largeur de trois planches par coté.

Yann_et_4X4

Yann_Lakato_GIFAprès l’effort…les forts…

Bon maintenant parlons plus du pays qu’est Madagascar. J’ai trouvé que c’est un pays très pauvre et où beaucoup de gens fument et boivent au point d’y passer leur salaire. Les gens seront aussi prêt à passer 15 ans de salaires dans la construction de tombeau pour leur défunts parents. Il y a aussi des personnes qui sont très sympathiques et qui savent être raisonnables.

Maintenant que je suis rentré en France j’ai la nostalgie de ces aventures et de cette culture. Mais je ne suis pas malheureux d’être ici.

Merci beaucoup d’avoir lu mon article et j’espère en refaire pour vous.

Yann

Yann_au_rapport_pour_firinaAu rapport, spahi !

Un grand merci à Jean-Philippe Lézeau pour ces superbes photos !