Archives mensuelles : août 2005

La Saga du Bungalow (2/6) suite

La Saga du Bungalow (suite -2)

Quand 25 ans s’en vont sur roues

La fin des années 80 pèse lourdement sur la vieille dame que tu es devenue, ma chère Marraine. Il t’est progressivement devenu impossible de t’assumer seule dans ce petit coin de paradis que tu t’étais aménagé. Alors c’est le départ dans un lieu de vie, toujours en Dordogne, toujours à la campagne, mais là, quelqu’un veille sur toi constamment et tu es prise en charge médicalement. Tu avais tout prévu pour ta succession, et le mobil-home revient, à ton décès, à l’une des soeurs d’Eric, Evelyne, alors que la structure en bois surplombant ce modeste logis restera la propriété d’Eric vu qu’elle est bâtie sur son terrain.

Eric a d’ailleurs pour projet d’en faire un abri à matériel agricole quand le mobil-home aura fini sa vie. En attendant, celui-ci devient lieu de villégiature pour Evelyne, sa famille,et finalement, l’ensemble des amis de tous bords qui se pressaient voici quelques années, pendant les vacances de printemps, d’été et d’automne à la Roque Basse.

De lieu de villégiature, il devient vers la fin des années 90, premier nid d’amour pour jeunes mariés, foyer de jeunes travailleurs, et niche pour « chiens perdus sans colliers ». C’est dailleurs cette dernière utilisation qui signe l’arrêt de mort de notre maison roulante. Manque de soins, fuites d’eau, négligences, tant de mépris accumulés vont avoir raison du plancher en agglo, des vitres, portes et accessoires intérieurs. Mais la structure n’est pas en reste, et souffre cruellement du vieillissement de certains de ses composants, comme les bardeaux de goudron le recouvrant, puis l’aggloméré qui leur sert de support qui prend l’eau, et finalement certains chevrons et poutres, pourries puis attaquées par les capricornes et autres vrillettes, insectes xylophiles et donc -phage !

Le début du 21ème siècle voit Evelyne et Pierre jeter l’éponge de l’entretien de cet héritage. C’est là que tout se joue.

Votre serviteur n’a jamais l’oreille dans sa poche, et quand au détour d’un avertissement sur l’état de l’ensemble, j’entends la déclaration solennelle de démission, je fourbis mes arguments et commence, dès 2000, à entreprendre les différents tenants de l’affaire, à savoir les différents propriétaires, sur un projet personnel de réhabilitation, voire de transformation du bien en habitation de vacances.

Il m’en a fallu du temps, de la patience, de l’obstination, de la persuasion, des coups de gueules même, parfois, pour faire avancer le « schmilblick », mais dès 2003, en une semaine, avec l’aide précieuse de Jonathan Lorée, et de mon fils Yann, alors que rien ne m’appartient encore, je parie sur l’avenir en refaisant à neuf le toit de la structure. Je commence à voir le projet se dessiner dans ma tête, et c’est enthousiasmant. Ah, la foi !

1 an ½ se passe, avec la fin terrible d’un monde, connue par certain d’entre vous. Tout est chamboulé dans ma vie, et je me retrouve nu comme (presque) au premier jour.

Des mois d’ombre, des mois sombres. Le bungalow me hante la tête. C’est mon lieu, celui dont je rêve depuis des années, si je n’ai pas fait 50 plans je n’en ai pas fait un seul ! Mais c’est mon salut, des mois durant, je travaille mon projet et deviens expert en théorie sur les constructions en bois. Mon accident de l’automne et la longu immobilisation qui s’ensuivit est alors bien utilisé. Je connais le prix de chaque matériau, passe des dizaines de coups de téléphone, fais jouer la concurrence sur tout.

Au mois de décembre 2004, le projet est bouclé, reste les points de détail, à faire venir le géomètre pour borner la parcelle désormais négociée, et surtout, à sortir le mobil-home de son écrin. Et ce n’est pas une sinécure : La structure a été construite autour, elle « emprisonne » donc presque l’engin ! Toutes les solutions sont envisagées, jusqu’à la destruction sur place. Finalement, après tergiversations, je décide de tirer le mobil-home en creusant sous les roues des tranchées, afin d’abaisser le tout et de passer sous les poutres les plus basses. Nous sommes au début 2005, le 23 janvier exactement.

BlocageAinsi vont les choses, ça va coincer quelque part !

ca_bloque2ainsi sont les choses, ça coince ! les tranchées sont trop courtes !

ca_debloqueAinsi font les choses : Lever pour baisser

ca_debloque1Ainsi font les hommes

A part cracher, le « Lama » sait aussi faire d’autre choses, la preuve! Aux mains d’un expert, la machine fait des merveilles.

VideAinsi deviennent les choses

Quelle désolation ! Mais quel espoir, avec de la vision !

à la prochaine…

Olivier S