Archives mensuelles : mars 2006

L’espoir d’une autre Marseillaise

Avec Graeme, changeons notre Hymne National !

Graeme_AllwrightPhoto prise par un certain « Alnath » (01.04) reproduite avec autorisation.

Ne vous êtes vous jamais offusqué en chantant ou en écoutant notre chair Marseillaise, ou plutôt sanglante ? Remarquez, en voyant ce qui se passe dans la rue, avec nos casseurs nationaux, que notre Hymne National n’est pas de ces musiques qui adoucissent les moeurs comme on dit ! Depuis des années, je ruminais ces pensées, sans rien faire que de ne pas la chanter. Mais ce cher Graeme Allwright, en collaboration avec une amie, propose de changer les paroles de la Marseillaise. Allez vous-même voir sur ce site http://www.mga.asso.fr et signez leur pétition ! Je l’ai déjà fait.

Bien à vous

Olivier

Visitez-donc le site sur lequel j’ai pêché mon illustration http://www.planete-powershot.net/
Il y a de superbes vues !

Survol de Brokeback Mountain

Un été, une montagne, deux hommes, une passion violente, l’homosexualité, une vie, des couples, des enfants, la mort, plein de questions non résolues…

A l’entrée du cinéma de Bergerac : la police. A la sortie : la police. Pourquoi ? Prévenir les dégradations et l’agressivité d’éventuels « casseurs de PD » ? Ou ronde normale ?

Le lendemain de notre soirée, le multiplex met en place une séance spéciale à prix réduit suivi d’un débat.

Mais ce soir il n’y a pas beaucoup de monde, malgré la prolongation exceptionnnelle du « Printemps du Cinéma » à Bergerac.

Le film est extrèmement bien réalisé : de très bons acteurs, de très beaux paysages, une histoire totalement vraisemblable, des sentiments biens rendus, des scènes franches et parfois brutes, mais filmées avec une grande pudeur. Je trouve.

De ci, de là, je lis et j’entends par différents médias, la promotion et l’encensement de ce film comme étant une leçon de morale magistrale envers les homophobes, les religieux rétrogrades et les bourgeois trop bien-pensants et hypocrites. J’en passe et des plus vertes.

J’ai dû prendre sur moi pour aller voir, ce film. J’ai beau être sensible aux belles histoire d’amour, et être parfois amateur de belles scènes érotiques, je ne peux m’empêcher d’éprouver un profond dégout à la vision de deux hommes qui se touchent sexuellement (ne serait-ce qu’un baiser profond !) !

Les forums débattant du film, que j’ai parcouru sont une suite lassante d’attaques mutuelles en règle, entre ceux qui sont « pour » et ceux qui sont « contre ». Même ceux qui essaient d’être tempérés sont l’objet de réactions passionnées.

Mais de quoi discute le film ? Tout d’abord il raconte une histoire. Il présente des faits, des sentiments, des causes, des conséquences, des ébauches de d’explications psycho-culturo-éducative aux comportements de certains des protagonistes.

Après il y a ce que l’on voit, ce que l’on remarque en fonction de sa sensibilité, de ce que l’on cherche, et ce que l’on interprète. Par définition, tout cela est totalement personnel et non transférable. Même le réalisateur donnera une interprétation de sa création qui sera sujet à relativité.

Je n’ai pas vu dans « Brokeback Mountain » une promotion de l’acceptation simple et brute de l’homosexualité. De la même manière que les nombreux films présentant des histoires adultères, ou tout autre problème de société, ne font bien évidemment pas la promotion de ce qui serait une gigantesque « partouze » mondiale ou tout autre dérèglement de la société. Même si c’est parfois le cas.

Je pense qu’il est raisonnable d’admettre que l’art, la culture et la religion parlent de l’âme de l’humain, de l’âme de l’humanité, avec plus ou moins de parti pris, avec plus ou moins de propagande bien sûr, mais qu’il est important pour chacun et tous, de prendre du recul pour observer mieux, et pouvoir analyser, en tirer des enseignements, une meilleure connaissance de soi, des autres, de la société.

A ce titre, et à ce titre seulement, j’ai beaucoup appris avec ce film. Pas tant sur les faits, l’attachement réel qui peut unir deux hommes, ou la difficulté de vivre une telle relation dans la société américaine dans certains milieux et certains états à certaine époque.

Mais j’ai vu la difficulté d’être de ces hommes. Pas tant à cause de la société, du rejet, que leur propre mal-être profond. Dans d’autre temps on nommerait cela la culpabilité. Scandaleuse idée me direz-vous. Peut-être. Mais il me semble que cela est.

Chacun d’eux aspire à une vie normale. Comme chacun d’entre nous.

Un désir violent a changé leur vie. A bouleversé leur avenir. La volonté de l’un d’eux au moins était que cela s’arrête là. Mais le désir a été le plus fort.

De l’aveu même de celui-ci, c’est le désir qui le guide vis à vis de l’autre. Je n’appelle pas cela de l’amour. Ne vous en déplaise. L’attachement qui découle de cet amitié-désir est quelque chose qui me semble finalement naturel. Il y a des lois qui oeuvrent apparemment par-delà l’attirance normale hétérosexuelle. Ce n’est toujours pas de l’amour me semble-t-il ?

Les véritables amours que j’y ai vu, sont :

Tout d’abord celui d’Enis pour lui-même : dans son cauchemar, il veut, au-delà des drames et des démons, rester sobre, fidèle à ses responsabilités, dans son incohérence même, il reste, il apprend, il vieillit bien. Au-delà des problèmes de communication et de ses blessures d’enfance, il devient lui-même. Il ne veut pas être un consommateur de l’autre.

Ensuite l’amour de sa femme, Alma : jusque dans le divorce, elle ne le salit pas, ne l’humilie pas, ne le déshumanise pas. Alma est courageuse et loyale. Sa souffrance est-elle moins légitime que celle de jack et d’Ennis ?

L’amour d’Alma Junior, la fille ainée, qui souffre elle aussi en silence. Mais qui garde le lien avec son père, avec pudeur, respect.

Dans ce film, il y a non pas une mais des histoires d’amour.

Les questions que me posent ce film sont de cet ordre :

Dans quels méandres sommes-nous plus moralement juste ? Dans quelles souffrances somme-nous plus légitimes ? Dans quels drames sommes-nous plus purs ? Si nous gardons notre responsabilité d’action, elle reste tout de même relativement et largement influencée par nos passés personnels et collectifs ; nos histoires personnelles et collectives. Nos gènes et notre éducation.

Je garde l’opinion que l’homosexualité est une sexualité déviante par rapport à ce qui est un élément essentiel de la marche de la Vie.

Je garde pour autant tout mon respect à ceux qui vivent cette différence douloureuse. Et les rapports que j’entretiens avec tel ou telle ne sont pas différents qu’avec des hétérosexuels fidèles ou adultères.

Je continue à être en désaccord profond vis-à-vis de la banalisation de cette différence, je dirais plutôt par rapport à ceux qui en font l’apologie ou en revendiquent un droit de cité, activement ou dans une passivité coupable. Ce n’est pas ainsi que l’humanité gagnera en liberté, et en noblesse !

Mais bon, qui regardera courageusement l’Histoire des grandes Civilisations et acceptera l’évidente situation de la nôtre ?

Je suis parfois taxé d’intolérance avec ce genre de parole. J’assume simplement mon refus de la pensée unique et de la mode obligatoire !

Merci aux auteurs et acteurs de ce film de raconter cette histoire, si gravement humaine, si proche de la réalité de chacun, quelque soit son état ou sa préférence sexuelle.

Olivier S.

Déterminisme, évolutionnisme, fascisme, nazisme, aster’ism…

Halte au « minority report » franco-sarkozien !

Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l’INSERM, qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l’enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout particulier.
Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d’héritabilité (génétique) du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?…(lire la suite et signer la pétition)

L’antimythe, horrifié par l’étendue de la gangrène du mythe du risque zéro jusqu’au plus haut niveau de l’état, en passant par certaines philosophies douteuses motivant des rapports soit-disant « scientifiques », se réjouit de l’initiative auquel le lien ci-dessus mène.

Je compte sur vous tous pour la signer nombreux et la relayer au plus grand nombre.

Défendons l’être humain, unique et imprévisible. Défendons nos enfants et l’avenir de l’humanité !

Olivier S

CPE : quelques commentaires personnels

Arrêtons de cultiver le mythe du risque zéro !

Mes chers cons-citoyens !

Combien d’entre ceux qui combattent avec acharnement ce nouveau dispositif légal pour l’emploi des jeunes connaissent réellement la précarité ? Combien d’entre eux ont connu réellement l’angoisse du lendemain.

Ceux qui manifestent sont vraisemblablement divisables en 4 catégories :

Les sincères nantis mais qui ne connaissent, pour la plupart, pas le texte proposé
Les violents qui veulent casser du CRS
Les oisifs qui n’ont que cela à faire
Et, enfin, probablement les plus nombreux et certainement les plus dangereux : les récupérateurs

Houellebecq est un phénomène de société en faisant de la « porno-déprimologie ». Un auteur n’a de succès que quand il est le reflet des aspirations, des angoisses, et de l’imaginaire collectif.

J’avais toujours l’habitude de déclarer : « mon coeur penche à gauche et ma raison à droite » ! Et je constate que c’est faux : Mon coeur penche vers l’amour, et ma raison vers la vérité et la justice.

Il est rare que des hommes aient le courage de leurs réformes. Je ne connais pas Villepin. Son visage est sympathique, mais c’est tout pour moi. Sauf que face à la tempête, il tient bon. Et j’espère qu’il continuera à tenir bon.

Je constate, comme beaucoup d’entre vous que notre monde change plus vite que je ne puis m’y adapter, et je suis souvent dans l’expectative, voire dans une certaine anxiété face à cet inconnu qui l’est de plus en plus. Je crois plus que jamais que la France a besoin de dirigeants courageux, réalistes, justes, honnêtes, et… persévérants !

Les opposants au CPE ont beau jeu de déclarer : « Villepin est entêté, il est responsable du blocage actuel, responsable des dégâts occasionnés par les casseurs, responsable du manque d »efficacité, etc….

Vous en avez tous entendu, et des plus vertes.

Je me rappelle d’un ministre ayant qualifié l’Education Nationale de « Mamouth » : il était de gauche, il avait raison, et on l’a viré. Sarkozy a fait pire, de manière limite, et on l’a gardé !

Luc Ferry mettait en place de belles réformes, argumentées, raisonnables, face au Mamouth, il était de droite, critiqué : on l’a viré.

Villepin ne nage pas à contre-courant de la situation actuelle. D’ailleurs, ce n’est pas à lui de décider dans quelle situation le monde s’est mis, mais en tant que « gouvernant », il doit « gouverner », c’est à dire littéralement, tenir le gouvernail, « barrer » le navire dans la tempête. C’est à lui, avec son conseil, de décider quels sacrifices on doit faire, quelles provisions on doit jeter par dessus bord pour tenir la mer, quelles voiles on doit maintenir, lesquelles on doit redescendre, pour ne pas chavirer.

Ce sont des images que peu d’entre nous peuvent comprendre car ce genre de marine n’existe plus guère, et nous ne sommes pas un peuple marin. Mais je suis sûr que d’autre images peuvent se trouver.

Villepin gouverne, nous l’avons élu au travers de son parti pour cela, laissons le faire. Ce qui se passe actuellement fait le jeu de personnages beaucoup plus dangereux et certainement plus malhonnêtes que lui.

Ceux qui ne sont pas leurs adeptes, et déstabilisent de manière imbécile le pouvoir et l’autorité de l’état actuellement feraient bien de s’en souvenir.

Nous vivons une époque dangereuse : L’absence de noblesse d’âme et de vraies valeurs est la véritable raison du déclin d’un pays. L’absence de véritables visionnaires à la tête de notre pays est la cause du délitement de la société.

La peur de mourir est ce qui nous dirige. La peur de l’audimat et des sondages, c’est la peur de mourir.

Quand la presse politique fera-t-elle son véritable travail d’information : Observer les hommes qui montent, observer leurs choix de vie, leur capacité de rebondir honnêtement ou non face à l’adversité, leur capacité de compassion, à rester proches de ceux qui leur font confiance, la priorité ou non à garder leur intégrité, leur libre arbitre, leur probité.

Je me fous de savoir qu’untel a une maitresse, ou se débat dans une vie sentimentale douloureuse. Mais je suis curieux de savoir quels sont ses modes de revenus. Je me fous de savoir dans quelle marque de vêtement cette ministre aime, mais je veux savoir quels pots-de-vin elle a accepté pour en arriver là.

Je veux que les dirigeants n’aient pas de soucis financiers, mais je veux que ce soit honnêtement et de manière raisonnable.

Je me fous de savoir quel est l’indice de popularité d’untel, mais je veux savoir quel est sa vision du monde, quels mythes le dirigent, quels regards il pose envers l’insolence de magnats du pouvoir et de l’argent, d’où qu’ils soient.

Je me fous de savoir de combien de conseils d’administration unetelle fait partie. Mais je brûle de connaître sa conception du pouvoir.

Trop de monde aujourd’hui se réclame de De Gaulle. Mais qui lui arrive à la cheville ?

Le CPE n’est pas une mauvaise chose.C’est une tentative d’adaptation à une réalité existante. Je peux critiquer certaines dispositions du texte. Je crois en effet que limiter cette disposition aux entreprises de plus de 20 salariés est une condition inquiétante. Mais quoi qu’il en soit, je considère cette loi comme un progrès.

Je suis comme vous, j’aimerais avoir une sécurité totale du travail et de mes revenus. Mais je vois à quoi cela mène : la destructuration, l’absence de vrais rêves, la fin de l’imagination, et le sentiment de toute puissance. Ce qui me ramène aux catégories d’opposants au CPE dont je parlais plus haut.

Je suis outré que le droit de grève soit en fait utilisé de plus en plus abusivement. Cela enlève à la grève toute légitimité, et finalement, à mes yeux, toute considération.

Que nos droits actuels aient été gagnés par la confrontation souvent violente, je ne le nie pas. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’une part, de considérer d’autres expériences nationales ou locales, arrivées à aussi bien voire mieux, presque uniquement par le dialogue, d’autre part de constater la fragilité de nos acquis, souvent mal acquis.

Contre quoi devons nous nous battre ? Finalement contre la soif de pouvoir, de prééminence, de consommation et de possession qui nous habite TOUS, d’une manière ou d’une autre !

Si je dois limiter l’autre dans ses prétentions à mon égard, je dois admettre que le plus grand danger de l’humanité, c’est chacun de nous.

Considérons un instant l’Histoire : Les opprimés sont presque toujours devenus les oppresseurs. Les torturés sont presque toujours devenus les bourreaux. Les esclaves sont presque toujours devenus esclavagistes.

Les syndicats traitent-ils mieux leurs employés que le patronat ? NON

Les ouvriers auraient-ils moins soifs de pouvoir que les patrons ? NON

Les étudiants feraient-ils mieux que leurs professeurs ? NON

Si c’était vrai, la France serait l’exemple du monde.

Quand c’est vrai, le monde est meilleur, pour un instant.

Chers opposant aux CPE : arrêtez de penser que vous feriez mieux que Villepin : vous êtes arrogants. Continuez d’oeuvrer pour un monde meilleur : travaillez, cherchez, inventez, dirigez, défendez, dialoguez, ….et acceptez que cela prenne du temps.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas critiquer, loin de là. Mais un minimum d’intelligence, de perspicacité et de vision, serait le bienvenu. Ceci n’apparait pas, absolument pas dans tout ce que l’on entend ! Et cela me met en colère.

Dans les causes de l’avachissement de la France, regardons ailleurs, dans le choix de nos dirigeant regardons ailleurs. Tenons nous debout.

Arrêtons de cultiver le mythe du risque zéro !

Enfin, soyez assurés que si Villepin tient bon dans cette tempête, nous tenons là un excellent futur président. Je nous le souhaite…

Olivier S.

Texte_CPE_officiel