Alea Jacta Est

Est-ce que tout ira mieux ?

136 votants, 7 bulletins blancs ou nuls, 76 pour Sarko, 53 pour Ségo, résultat indiscutable ! à 18h20, je quittai le bureau de vote de St Martin des Combes, ma commune, avec déjà une certitude : Nicolas venait de devenir président. Mais avec quel score exactement ? Vive internet et nos voisins européens : à 18h30 j’étais au fond de ma campagne (« à mille miles de toute terre habitée.. » euh…) en train de pianoter sur mon Mac et de surfer à la vitesse ADSL sur les sites Suisses, Allemands et Belges pour admettre le prévisible,

la France est riche :

puisqu’elle vient de voter pour une droite dure. Retour de bâton de mai 1968. Il est désormais interdit de ne pas interdire et obligatoire d’obliger…

Johnny ne s’en est pas trompé lui qui vient déjà de demander à Nicolas une demande de nationalité française afin de payer désormais moins d’impôts en France qu’en Suisse ou à Monaco…

Bon trêve de plaisanterie. Qu’est-ce qui nous attend ?

Je ne pouvais m’empêcher de regarder cette foule en liesse pendant que Nicolas et sa suite fonçaient, toutes sirènes hurlantes, à des vitesses interdites, en brûlant je ne sais combien de feux rouges et grillant implacablement Stops et « cédez le passage » dans un capharnaüm de motos en délires, occasionnant chûtes, portières enfoncées et rayées, rétroviseurs explosés, dans une démarche générale d’amnistie bienveillante de la part d’un nouveau père du peuple.

Et cette observation de gens pleurant de bonheur me renvoyait à tant de faits similaires, suivis comme de coutume de lendemains qui déchantent.

Restons zen, maintenant nous sommes bien obligés de faire avec, malgré et sans !

Je fais partie d’un peuple en démocratie. Et ce peuple a choisi selon les règles qui sont les siennes. Je veux donc accorder comme il se doit un temps de grâce à notre nouveau président, attentif le temps de grâce, mais limité aussi. Dans le temps.

Les discours, hier, de Nicolas sarkozy m’ont primairement émus, mais je suis sur le qui-vive. J’attends de voir.

Qui a voté sarkozy ?

Je le sais moi :

Des personnes de plus de 75 ans qui sont nostalgiques du paternalisme.

Des personnes de 30 ans qui réfutent le laxisme et le manque de conviction présidant à leur propre éducation et celle de nos enfants.

Des personnes de 20 ans sans père.

Des cinquantenaires au chômage.

Des personnes de ma génération, ayant une place dans la société et désirant la garder.

Des personnes arrivant à la retraite, ayant réussi, aisées, voulant transmettre les quelques biens qu’ils ont acquis à leurs enfants sans que l’état le leur reprenne.

Des amoureux de l’ »ordre naturel des choses ».

Des religieux et pieux séduit par la l’amour de la « morale » de Sarkozy

etc, etc.

Enfin, des personnes, comme vous et moi, de toutes conditions sociales, physiques, financières, professionnelles, etc, qui pensent « qu’il faut remettre de l’ordre dans tout cela ! »

Et elles ont RAISON !

Le problème reste celui-ci : de quelle manière ?

Pour rester humaniste, démocrate et « généreux » il faut une vigilance de tous les instants. Pour redonner sa place à la morale, encore faut-il avoir une morale et une éthique, et là, rien qu’à voir hier soir, c’est pas gagné ! Pour revaloriser la valeur travail encore faut-il revaloriser la valeur du travail.

Mais j’attends de voir. Comptez-sur malgré tout sur moi pour monter au créneau dès que le besoin s’en fera sentir !

Démocratiquement,

Olivier Sommer