Antimythe

J’ai eu 40 ans cette année. Vous savez ce qu’on en dit : « la crise des 40 ans » ! Je crois que je n’ai pas échappé à la règle.

Cette année a été pour moi la plus terrible de mon existence. Les souffrances endurées tant sur les plans psychique, émotionnel, spirituel, affectif, intellectuel, familial et physique, l’ont été à un point jamais atteint auparavant.

Ceux de mes amis qui m’accompagnent depuis 20 ans savent pourtant que ma vie était pourtant loin d’être un long fleuve tranquille, et que sur le plan « galères », j’en avait déjà mon lot, et que loin de m’avouer vaincu, je mettais une énergie constante à avancer malgré les coups reçus !

Et pourtant…

La fin de l’année 2004, voit pour moi l’entrée dans un nouvel univers. Un univers ou mes 40 prochaines années me semblent porteuses de mille feux d’artifice, pleines de vie, de découvertes, de réalisations, de rencontres, sans oublier les combats à mener, les recherches à continuer, les vents contraires à utiliser.

L’année 2005 sera ainsi pour moi, une année de transition. Et notamment sur un point qui me taraude depuis des lustres. L’écriture.

Oui, l’écriture. Cette brûlure, en moi depuis si longtemps, de développer ma pensée par l’écrit. Ainsi, partager mes recherches, encourager à la réflexion, détruire les idées reçues, nettoyer une certaine « foi », libérer, désenchaîner, appeler, accompagner (Esaïe 58). En disséquant les certitudes, les illusions morbides, et les croyances mortifères. Bref, devenir un anti-mythe. Une simple vapeur, qui disparaîtra « comme la fleur de l’herbe », mais qui aura nourri l’industrieuse abeille, qui avec sa merveilleuse chimie transformera un peu de suc en miel prodigieux. C’est ce que je souhaite à ceux qui me liront.

J’ai la réputation d’être passionné et véhément, et je le serai. Certes, les années me « poliront » certainement, mais je leur laisse se soin. Je fais en attendant le pari de l’entièreté et du radicalisme dans mes analyses et les conclusions que j’en tirerai. A chacun d’en tirer ce qui lui sera profitable.

C’est cela aussi d’être un anti-mythe aujourd’hui, ne plus croire les « bons discours » pleins de paroles lénifiantes comme étant les seuls porteurs d’évolution et d’avenir.

C’est cela aussi d’être « né d’ailleurs « , où « né d’en Haut », pouvoir parler en « Je », assumer sa parole comme émanant du plus profond de son être.

C’est cette « nouvelle naissance » que j’aurai expérimentée cette année. Cette capacité de pouvoir dire « j’existe » et d’en explorer toute la liberté et la responsabilité dès à présent. Que ceux qui me le souhaitaient de manière « religieuse » encore récemment ne se réjouissent pas trop, le résultat n’était pas prévisible, et certainement pas à l’image de leurs attentes. En effet, Jésus ne dit-il pas : « C’est comme le vent : tu en entends le bruit et tu en vois les effets, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de tout homme qui est né de l’esprit.. » ?

A cause de cela, cette année 2004 est la plus importante année que j’ai déjà vécu, la plus fructueuse, la plus prodigieuse. Ma vie est un cadeaux fabuleux, et je remercie le « dieu créateur » (« la Vie » comme dirait Martine, non-chrétienne par dégoût, « fille de la Vie divine » par conviction. Et née de nouveau par réalité. Merci Martine de ton témoignage !) de me l’avoir laissé vivre encore une année. Car maintenant, je peux mourir en paix, je sais que je continuerai à vivre…

Je vous laisse sur cette citation extraordinaire :

« Le grand ennemi de la vérité est très souvent, non le mensonge – délibéré, intentionnel et malhonnête – mais le mythe – persistant, convaincant, et…irrésistible » J.F. Kennedy.

Olivier Sommer, 5 décembre 2004