Volée de bois vert

Où le baobab ne vaut pas le chêne

« C’est lui qui, dans les jours de sa chair, a présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il a été exaucé à cause de sa piété. Il a appris, bien qu’il soit Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes; après avoir été élevé à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel, Dieu l’ayant déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek.
Nous avons beaucoup à dire là- dessus, et des choses difficiles à expliquer, parce que vous êtes devenus lents à comprendre. Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les principes élémentaires des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide. Or, quiconque en est au lait n’a pas l’expérience de la parole de justice; car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal »

Quel contexte?

Juifs chrétiens, acquis aux rites et à la compréhension du judaïsme. Hésitant probablement à sortir d’une lecture/interprétation bornée de l’Ancien Testament, et communiant encore probablement avec la synagogue traditionnelle. Ils refusent d’embrasser toute la liberté donnée par l’Evangile une liberté indissociablement liée à l’exigence de maturité. La maturité étant clairement le discipulat de Jésus. Devenir Ressemblant de Jésus (Genèse 2)

Quelles sont les caractéristiques de Jésus?

Amour total et Inclusif

Respect des Ecritures, mais compréhension bien plus vaste/Interprétation bien plus large des Textes. Le parler en Je : « on vous a dit que, mais moi je vous dis ». L’avertissement à prendre le texte comme un germe et non une pierre sans vie : « qu’est-il écrit? Que lis-tu?

Discernement absolue du Bien et du Mal

Liberté de principe face aux textes, aux hommes, à leurs injonctions religieuses et sociales, aux catégories établies…

Don total

Service continu.

Tout cela est le contenu et le fruit d’un processus de dévouement à l’exigence de la Vérité

Je vais vous raconter l’histoire d’un chrétien ordinaire sur la route du salut:

J’ai tenu longtemps comme ces hébreux qui ne voulaient pas quitter totalement les croyances juives tout en étant émerveillé par la grandeur de l’Evangile.

Cela me maintenait, par peur de « trahir » ou de me tromper ou de salir Dieu, dans l’esclavage d’une certaine pensée, d’une certaine lecture. C’est tragique parce qu’il y avait un combat sans merci entre « ma chair et mon esprit ».

Combien de fois je fus découragé par manque de résultats dans ma vie.

Et puis j’ai découvert l’Evangile différemment, par le coeur. Finalement c’est assez récent puisque cela a moins d’une décennie.

Découvrir l’Evangile par le coeur, c’est accepter que les textes ne changent pas mais que leur sens prennent corps différemment en moi.

Progressivement, en grandissant dans cette bonne nouvelle j’ai vu plusieurs changements :

D’abord ma représentation de Dieu : d’un Dieu agité de sentiments humains, extérieur à moi, Il est devenu mû par la tendresse, l’amour et le vrai. Epris (amoureux) de la justice au sens le plus noble, c’est à dire selon Esaïe 58 (Détache les chaines de la méchanceté, Dénoue les liens de la Servitude, donne ton pain à celui qui a faim).

A partir de cela j’ai commencé un long chemin vers la pratique de cette liberté. Beaucoup de lectures et de recherches en matière de psychologie humaine, notamment sur ce qui fait grandir, murir.

J’ai dû faire des deuils. Souffrance.

Je suis une « grande gueule », et je le resterai. Je suis un être engagé, très émotif et exubérant. Et je le resterai. Mais la souffrance des combats perdus m’apprend à cibler mes objectifs en vue d’efficacité.

J’ai énormément d’énergie, mais j’apprend, par la souffrance, par des déboires, à l’utiliser aussi pour me faire du bien, à équilibrer son utilisation entre l’extérieur et l’intérieur.

J’ai énormément d’amour à donner, mais je le donnais sans retenue, sans discernement. La souffrance m’a appris à trier mes cibles, évacuer les profiteurs, à accepter de me tromper, à me garder un peu d’amour pour moi-même.

J’étais maltraitant.

La croyance qui était à la base de ces comportements était que

« la violence est force de d’éducation, de changement et de purification ».

Je ne tirais pas cette croyance de nulle part : ce concept est largement enseigné dans la Bible. Et a été et est repris par des millions de prêtres et pasteur en tout genre, et à leur suite, des millions et des millions de chrétiens sincères.

Oui la violence, la maltraitance. Elle se cachent partout, y compris dans les bonnes intentions. Y compris dans les enseignements dogmatiques. Elle se cachent dans le fondamentalisme. Elles se cachent dans la purification de l’Eglise. Elle se cachent dans les relations familiales, dans les relations de couples, dans l’éducation.

La violence se cache dans des paroles comme celle-ci : « Je te fais confiance, hein » (signification?), ou alors, « je ne veux que ton bien », « C’est pour toi que j’ai fais cela ».

La maltraitance se cache dans le laxisme, le laisser-faire, dans les périphrases pour ne pas énoncer clairement un fait.

Il a fallu que je refuse un jour d’accorder crédit aux récits de l’Ancien Testament qui affirmaient les ordres d’extermination de la part de Dieu à son peuple. Il a fallu que j’écoute le désir de vérité et de bonté en moi, pour accepter de remettre la Bible à sa place : comme un ensemble de textes difficiles, merveilleux, mais aussi parfois écoeurants. Il a fallu que j’accepte par fidélité à l’Esprit de Jésus, que ces textes étaient en fait des témoignages d’avertissement : Ce sont les hommes faits et mature en l’Esprit qui sont capables de discerner ce qui est bien et ce qui est mal.

J’ai nommé ma maltraitance, je suis en guérison de ma maltraitance, et je suis devenu de plus en plus sensible à la maltraitance. Et maintenant oui maintenant, je découvre le goût de la liberté. La liberté de lire et d’être jugé, mais la liberté de juger de ce que je lis.

Nous sommes pétris de croyances et de convictions que nous ne nommons pas, dont nous ne sommes pas conscients, mais qui sont pourries, qui sont comme un vers dans la pomme.

Pour nous en libérer, il nous faut le discernement, la paroles des autres, les enseignements de la vie, et il nous faut le goût de la liberté.

J’ai découvert la liberté le jour où j’ai rejeté le dieu de la religion et donc la peur de lui déplaire et de mal faire. 

J’ai commencé à vivre quand je me suis rendu compte que Dieu m’était TOTALEMENT favorable. Quoi que je dise ou que je fasse. Il n
‘y avait RIEN que je puisse faire qui lui fasse jeter sur moi un regard défavorable. 

L’obéissance à la loi est IMPOSSIBLE!!! Car si j’enfreins un seul des commandements je suis coupable de tous!!! 

Donc je suis coupable TOUS les jours!!! Et le problème n’est pas pour Dieu! Le problème est pour moi. Dieu n’a jamais eu besoin que Jésus meure pour être réconcilié avec nous. Jésus n’a remboursé aucune dette que l’humanité aurait eu envers Dieu. 

Nous n’avons aucune dette envers lui, aucune! Car nous ne possédons rien, qui ne nous ait été donné! 

Nous ne pouvons même pas servir Dieu, car c’est une conception de l’Ancien Testament qui est dépassée. Jésus l’a dit en toute lettre pendant son séjour sur terre. La religion nous a fait comprendre tout de travers depuis son invention! Car elle est reprise par des personnes qui n’y comprennent rien. En effet, ils raisonnent avec la sagesse de la servitude ou du pouvoir. Et même avec la venue de Jésus pour rétablir la Vérité, eh bien les chrétiens ont réussi à façonner des générations de névrosés au fil des siècles. Des névrosés qui ont peur de la liberté, comme les Israélites qui voulaient retourner en Egypte parce que là-bas il y avait des oignons et des poireaux et de la viande. Parce qu’ils avaient peur…. « L’amour parfait bannit la crainte »!

Le lâcher-prise et l’acceptation de soi sont les premiers pas vers l’acceptation de la Grâce, de la Bonté, de la Générosité, de la Tendresse, de la Bienveillance, de la Faveur sans limite de notre Dieu… Faire taire un ode à la liberté c’est célébrer l’enfermement de la religion. sous le Saint argument de la défense de la Pure Vérité. Je préfère me tromper par excès de liberté et « abus de Grâce » que par excès de « strictitude » (lol). 

Penser que « le chemin qui mène à la vie est fait de beaucoup de restriction et d’interdiction » c’est faire preuve d’une ignorance flagrante du message de Jésus! C’est effacer par religion les 4 évangiles, les Épîtres de Paul, celles de Jean, en bref tout le nouveau testament…
« Je suis venu afin que vous ayez la Vie en abondance » (ça veut dire qu’avant, en étant très religieux, on avait au mieux un atome de vie!)
« soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait : il fait pleuvoir sur les bons comme sur les méchants, il fait luire le soleil sur tous, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous maltraitent, et vous serez Fils de Votre Père qui est dans les cieux » (et non pas : vous serez des bons petits serviteurs)
« Que le plus grand parmi vous soit votre serviteur » etc..

On ne fait pas grandir la vie en la purgeant du mal on la purge du mal en la faisant grandir.

Qu’est-ce qu’il y a à faire grandir dans vos vies? Comment faire grandir nos vies?

Je suis revenu de loin. Jésus s’est battu pour moi. Je suis resté longtemps seul dans mon chemin de résistance face aux ombres de la mort, et je faisais comme Marie Durand, je gravais le mot REGISTER. (Résister en Patois Vivrais)

Et un jour sont arrivés des personnes, devenues amies aujourd’hui. Et ma vie a alors fait un bond en avant.

J’ai grandi, je suis devenu un homme. Heureusement j’ai gardé l’enfant qui était en moi! Mais je suis sur le chemin, je sais que je combats le bon combat. Je sais que j’acquiers du discernement. Lentement, douloureusement, mais Jésus est le garant de ma foi. Je forme le voeux qu’Il vous fasse grandir.

Olivier S. Février 2106