CPE : quelques commentaires personnels

Arrêtons de cultiver le mythe du risque zéro !

Mes chers cons-citoyens !

Combien d’entre ceux qui combattent avec acharnement ce nouveau dispositif légal pour l’emploi des jeunes connaissent réellement la précarité ? Combien d’entre eux ont connu réellement l’angoisse du lendemain.

Ceux qui manifestent sont vraisemblablement divisables en 4 catégories :

Les sincères nantis mais qui ne connaissent, pour la plupart, pas le texte proposé
Les violents qui veulent casser du CRS
Les oisifs qui n’ont que cela à faire
Et, enfin, probablement les plus nombreux et certainement les plus dangereux : les récupérateurs

Houellebecq est un phénomène de société en faisant de la « porno-déprimologie ». Un auteur n’a de succès que quand il est le reflet des aspirations, des angoisses, et de l’imaginaire collectif.

J’avais toujours l’habitude de déclarer : « mon coeur penche à gauche et ma raison à droite » ! Et je constate que c’est faux : Mon coeur penche vers l’amour, et ma raison vers la vérité et la justice.

Il est rare que des hommes aient le courage de leurs réformes. Je ne connais pas Villepin. Son visage est sympathique, mais c’est tout pour moi. Sauf que face à la tempête, il tient bon. Et j’espère qu’il continuera à tenir bon.

Je constate, comme beaucoup d’entre vous que notre monde change plus vite que je ne puis m’y adapter, et je suis souvent dans l’expectative, voire dans une certaine anxiété face à cet inconnu qui l’est de plus en plus. Je crois plus que jamais que la France a besoin de dirigeants courageux, réalistes, justes, honnêtes, et… persévérants !

Les opposants au CPE ont beau jeu de déclarer : « Villepin est entêté, il est responsable du blocage actuel, responsable des dégâts occasionnés par les casseurs, responsable du manque d »efficacité, etc….

Vous en avez tous entendu, et des plus vertes.

Je me rappelle d’un ministre ayant qualifié l’Education Nationale de « Mamouth » : il était de gauche, il avait raison, et on l’a viré. Sarkozy a fait pire, de manière limite, et on l’a gardé !

Luc Ferry mettait en place de belles réformes, argumentées, raisonnables, face au Mamouth, il était de droite, critiqué : on l’a viré.

Villepin ne nage pas à contre-courant de la situation actuelle. D’ailleurs, ce n’est pas à lui de décider dans quelle situation le monde s’est mis, mais en tant que « gouvernant », il doit « gouverner », c’est à dire littéralement, tenir le gouvernail, « barrer » le navire dans la tempête. C’est à lui, avec son conseil, de décider quels sacrifices on doit faire, quelles provisions on doit jeter par dessus bord pour tenir la mer, quelles voiles on doit maintenir, lesquelles on doit redescendre, pour ne pas chavirer.

Ce sont des images que peu d’entre nous peuvent comprendre car ce genre de marine n’existe plus guère, et nous ne sommes pas un peuple marin. Mais je suis sûr que d’autre images peuvent se trouver.

Villepin gouverne, nous l’avons élu au travers de son parti pour cela, laissons le faire. Ce qui se passe actuellement fait le jeu de personnages beaucoup plus dangereux et certainement plus malhonnêtes que lui.

Ceux qui ne sont pas leurs adeptes, et déstabilisent de manière imbécile le pouvoir et l’autorité de l’état actuellement feraient bien de s’en souvenir.

Nous vivons une époque dangereuse : L’absence de noblesse d’âme et de vraies valeurs est la véritable raison du déclin d’un pays. L’absence de véritables visionnaires à la tête de notre pays est la cause du délitement de la société.

La peur de mourir est ce qui nous dirige. La peur de l’audimat et des sondages, c’est la peur de mourir.

Quand la presse politique fera-t-elle son véritable travail d’information : Observer les hommes qui montent, observer leurs choix de vie, leur capacité de rebondir honnêtement ou non face à l’adversité, leur capacité de compassion, à rester proches de ceux qui leur font confiance, la priorité ou non à garder leur intégrité, leur libre arbitre, leur probité.

Je me fous de savoir qu’untel a une maitresse, ou se débat dans une vie sentimentale douloureuse. Mais je suis curieux de savoir quels sont ses modes de revenus. Je me fous de savoir dans quelle marque de vêtement cette ministre aime, mais je veux savoir quels pots-de-vin elle a accepté pour en arriver là.

Je veux que les dirigeants n’aient pas de soucis financiers, mais je veux que ce soit honnêtement et de manière raisonnable.

Je me fous de savoir quel est l’indice de popularité d’untel, mais je veux savoir quel est sa vision du monde, quels mythes le dirigent, quels regards il pose envers l’insolence de magnats du pouvoir et de l’argent, d’où qu’ils soient.

Je me fous de savoir de combien de conseils d’administration unetelle fait partie. Mais je brûle de connaître sa conception du pouvoir.

Trop de monde aujourd’hui se réclame de De Gaulle. Mais qui lui arrive à la cheville ?

Le CPE n’est pas une mauvaise chose.C’est une tentative d’adaptation à une réalité existante. Je peux critiquer certaines dispositions du texte. Je crois en effet que limiter cette disposition aux entreprises de plus de 20 salariés est une condition inquiétante. Mais quoi qu’il en soit, je considère cette loi comme un progrès.

Je suis comme vous, j’aimerais avoir une sécurité totale du travail et de mes revenus. Mais je vois à quoi cela mène : la destructuration, l’absence de vrais rêves, la fin de l’imagination, et le sentiment de toute puissance. Ce qui me ramène aux catégories d’opposants au CPE dont je parlais plus haut.

Je suis outré que le droit de grève soit en fait utilisé de plus en plus abusivement. Cela enlève à la grève toute légitimité, et finalement, à mes yeux, toute considération.

Que nos droits actuels aient été gagnés par la confrontation souvent violente, je ne le nie pas. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’une part, de considérer d’autres expériences nationales ou locales, arrivées à aussi bien voire mieux, presque uniquement par le dialogue, d’autre part de constater la fragilité de nos acquis, souvent mal acquis.

Contre quoi devons nous nous battre ? Finalement contre la soif de pouvoir, de prééminence, de consommation et de possession qui nous habite TOUS, d’une manière ou d’une autre !

Si je dois limiter l’autre dans ses prétentions à mon égard, je dois admettre que le plus grand danger de l’humanité, c’est chacun de nous.

Considérons un instant l’Histoire : Les opprimés sont presque toujours devenus les oppresseurs. Les torturés sont presque toujours devenus les bourreaux. Les esclaves sont presque toujours devenus esclavagistes.

Les syndicats traitent-ils mieux leurs employés que le patronat ? NON

Les ouvriers auraient-ils moins soifs de pouvoir que les patrons ? NON

Les étudiants feraient-ils mieux que leurs professeurs ? NON

Si c’était vrai, la France serait l’exemple du monde.

Quand c’est vrai, le monde est meilleur, pour un instant.

Chers opposant aux CPE : arrêtez de penser que vous feriez mieux que Villepin : vous êtes arrogants. Continuez d’oeuvrer pour un monde meilleur : travaillez, cherchez, inventez, dirigez, défendez, dialoguez, ….et acceptez que cela prenne du temps.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas critiquer, loin de là. Mais un minimum d’intelligence, de perspicacité et de vision, serait le bienvenu. Ceci n’apparait pas, absolument pas dans tout ce que l’on entend ! Et cela me met en colère.

Dans les causes de l’avachissement de la France, regardons ailleurs, dans le choix de nos dirigeant regardons ailleurs. Tenons nous debout.

Arrêtons de cultiver le mythe du risque zéro !

Enfin, soyez assurés que si Villepin tient bon dans cette tempête, nous tenons là un excellent futur président. Je nous le souhaite…

Olivier S.

Texte_CPE_officiel